Sergeï
Lorsque nous nous séparèrent, haletants après ce baiser envoûtant, ses yeux chocolats se plongèrent dans les miens et me paralysèrent en un instant.
L'adoration. Ses yeux étaient remplis d'adoration pure. Envers moi. Comme si j'étais la personne la plus magnifique qu'elle ait jamais vu. Et soudain, j'étais consumé par la colère.
Le fait de l'avoir presque perdu, de savoir qu'elle était avec lui, soumise à ses moindre désirs, qu'elle était seule et terrifiée me rendit ivre de rage.
Ces quelques jours sans elle où l'incertitude, le remord, la culpabilité, la colère, la rage et la tristesse ne faisaient que tourbillonnaient en moi m'ont fait comprendre une chose.
Je ne vois plus ma vie sans elle. Sans ce petit bout de femme entrée dans ma vie tel un ouragan en bousculant tout sur son passage. Lorsque je suis à ses côtés, je ressens un sentiment nouveau, inexplicable douloureusement envoûtant et addictif dont je ne peux plus me passer telle une drogue. Ma drogue, qui je le sais, me consumera entièrement jusqu'à ce qu'il ne reste rien de moi mis à part l'amour que je lui porte.
J'ai toujours pensé que l'amour se construisait petit à petit mais Amara est la preuve vivante que les coups de foudre existent. Au premier regard, à la première cuillère de glace au chocolat partagée dans cet hôtel, j'ai été entrainé dans les abysses des sentiments et je n'avais qu'une envie, m'y noyer.
Je me suis d'abord voilé la face en essayant de justifier mon aide et mon acharnement à la retrouver et à la sortir des griffes de Soriano en invoquant un motif purement égoïste : un être innocent ne pouvait pas être mêlé à tout cela. Mais tout a changé lorsque je l'ai aperçu étendue dans ce lit d'hôpital, croyant encore être sous la coupe de l'espagnol. Lorsque sa petite main encore fragile a saisit la mienne, cherchant du réconfort auprès de moi, je savais que c'était plus qu'une seule motivation éthique.
C'était elle.
Je ne voulais pas me l'avouer mais en la prenant avec moi au lieu de la déposer à l'hôtel, je voulais veiller personnellement à son bonheur et à son rétablissement, je voulais qu'elle soit auprès de moi tout simplement.
J'étais présent à chacun de ses cauchemars, de ses crises d'angoisse, mais aussi de ses progrès et de ses victoires. Je faisais parti de sa vie et cela me suffisait.
Cependant lorsqu'elle a été enlevée au restaurant, et que je savais qu'elle était auprès de lui, c'était comme si la vérité m'avait éclaté en pleine figure.
J'étais amoureux d'Amara.
Et ce sentiment me terrifiait. Je ne me souvenais que trop bien de l'influence de l'amour. Et si mon père m'avait bien appris une chose autre que le maniement des armes et des postures de combats, c'était celle-là.
Malgré tous les torts que je pourrais lui reprocher en tant que père, il aimait ma mère du plus profond de son âme sombre. Et elle le lui rendait bien, ensemble, ils filaient le parfait amour. Jusqu'à ce qu'elle tombe malade d'un cancer du sein foudroyant et ne meurent trois mois plus tard. Jamais je n'avais vu mon père pleurer jusqu'à ce jour funeste. Après sa mort, il n'était plus que l'ombre de lui-même, se noyant dans les affaires afin d'oublier. Il m'entraînait de plus en plus dur chaque jour qui passaient, me laissant des rênes que je ne n'avais jamais désirées. Celles de la Mafia.
Je sortis de mes sombres pensées lorsqu'Amara se blottie entre mes bras, ma caressant doucement la nuque du bout des doigts.
Cette femme allait finir par me tuer.
Me tuer de désir.
Inspirant brutalement, je saisi rapidement sa main, l'immobilisant.
"Tu joues avec le feu моя любовь" Ce surnom lui allait comme un gant, il était mon préféré avec мои маленькие раки (ma petite écrevisse) qui lui allait tellement bien lorsqu'elle rougissait. Car Amara ne rougissait pas seulement sur une petite partie des joues non, son rougissement se propageait jusqu'à son cou. Adorable. J'avais envie de l'embrasser à pleine bouche dans ces moments là. Toujours en fait. Ses lèvres sont si addictives.
(Mon amour)
En simple réponse à mon avertissement, celle-ci rigola doucement, les yeux pétillants de malice. Elle se rapprocha doucement de moi, se collant contre mon torse où seules nos fines couches de vêtements nous séparaient et me dit langoureusement,
"J'ai peut être envie de me brûler Monsieur Pavelevitch..."
La prenant par surprise, ma bouche s'empara de la sienne, ayant pour résultat un gémissement de satisfaction de sa part et d'un grondement de la mienne. Mes mains survolèrent son corps et prirent place sur sa nuque, approfondissant le baiser ainsi que sous son pull, se plaçant au creux de ses reins.
La sentant à bout de souffle, je me recula mais parsema aussitôt son cou de baisers tous plus enflammés les uns que les autres. Ses mains agrippèrent mes cheveux bouclés, les tirants ce qui m'extorqua un grondement sourd.
Soudain elle se recula vivement, les yeux écarquillés et je pris peur.
"Amara est ce que tout va bien ? Je t'ai fais mal ? Je suis désolé si c'était trop tôt je..."
Elle me coupa d'un mouvement de tête et me dit rapidement, "Sergeï j'avais oublié mais je ne sais pas pourquoi ça vient de me revenir maintenant mais quand j'étais avec lui, il voulait aller à l'aéroport afin de quitter au plus vite la Russie mais il a dit qu'il avait un collaborateur à voir avant et on a fait un détour par un club où il m'avait enfermé et c'est là que j'ai pu m'enfuir. Il a dit qu'en s'alliant avec cette personne, il réglerait tous ses problèmes..." finit elle à bout de souffle.
Je sentis mon corps se figer. Un collaborateur ? Sur le sol russe ?
Пиздец !
(Merde !)
"Amara, est ce que tu sais où était situé ce club ?" Lui demandais-je sérieusement en lui prenant les mains.
Elle hocha la tête, "si tu me donnes une carte avec les noms des stations de métro je saurais te dire le secteur."
Je me mis à chercher la ligne de métro aux alentours du centre commercial, là où on l'avait retrouvé et le lui montra. En attendant, j'appelais Youri et Irina de urgence.
C'est Irina qui répondit en premier.
Je ne la laissais pas parler et gravement, lui dit, "У нас проблема."
(On a un problème.)
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Voilà !
J'espère que vous allez bien ! Et que ce chapitre vous a plu !
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Les sentiments de Sergeï envers Amara ?
A bientôt et prenez soin de vous ! 🖤
"Nous sommes tous nés si beaux,
la plus grande tragédie est d'être convaincu que nous ne le sommes pas."