Mélanie lavait les cheveux d'une cliente quand son téléphone sonna.
Elle appella l'une des deux stagiaires,de venir continuer le travail.
Elle fut surprise d'entendre la voix d'Eric Bozo'o .
Son cœur battait au rythme de l'amour quand elle l'écouta lui poser des questions, sur l'emploi du temps de ses journées, et ses préférences.
Elle dû se faire violence quand après quelques minutes de conversation, elle lui demanda de raccrocher et de rappeler le soir.
En effet,la cliente se plaignait que la stagiaire ne mettait pas les bigoudis comme il le faut.
Qu'elle n'avait pas appliqué la mise en plis comme cela se devrait.
ET enfin, elle même en tant que cliente régulière de ce salon de coiffure , avait déjà refusé que les stagiaires s'occupent de ses cheveux.
Selon elle,les stagiaires devrait apprendre le travail ailleurs que sur la tête des clients.
Les têtes en plastique des mannequins sont là pour ça .
_Si vous ne voulez pas bien faire votre travail, vous nous laissez partir ailleurs.
Il y a pleins de salons de coiffures , prêts à me dorloter pour l'argent que je vous verse ici.
_J'ai compris Madame.
Je m'excuse.
Généralement,je ne prends pas d'appels téléphoniques pendant le travail ; mais celui-ci était très important.
C'était un appel d'Europe.
_Ok! Recommence la mise en plis et applique bien les produits; je ne veux pas de coiffure qui tombe après quelques heures.
Reprit la cliente.
_Eh!Diane, approches-toi de plus près, et regarde comment je fais cette fois-ci.
Dit Mélanie à la stagiaire qui n'avait pas bien effectué le travail.
Elle retrouva sa bonne humeur,en repensant à Eric Bozo'o,et en faisant une rétrospective de ses gestes,de ses questions,de tous ce qui s'étaient dit,ou fait depuis qu'ils se connaissaient; afin de s'assurer, qu'elle ne se trompait pas , qu'elle ne tirait pas de conclusions hâtives, qu'il s'intéressait bien à elle.
Le lendemain, Mélanie appela Sara,au téléphone.
Celle-ci reçu son amie en pleurs.
_Pourquoi pleures-tu ?
Arrête de pleurer et explique-moi bien le problème.
_Tonton Eddy m'a envoyé 50000 FCFA.
Ma mère m'a donné 10000 FCFA, hier soir.
J'ai laissé tout cet argent dans mon porte-monnaie,sur le chevet du lit .
Tout à l'heure je veux aller faire le marché, l'argent à disparu.
_Appele ton mari pour savoir s'il a prit sans s'en rendre compte.
_Non !
Il va prendre mal.
Il est toujours fâché ces derniers jours.
S'il se rend compte que j'ai perdu cet argent,il va me traiter de tous les mauvais mots qu'il connait.
_Bon! Appele tes gens du Canada.
Tu les expliques tout ,ils comprendront et ils t'enverrons encore l'argent.
Ils ont beaucoup d'argent.
_Je suis morte ! C'est l'argent pour la ration alimentaire de la semaine et pour les soins de Manuela
_Quoi! Manuela est malade?
_Elle a une toux persistante qui m'inquiète,je suis dépassée.
_J'ai un 10000 FCFA que je réserverais pour payer mes factures.
Je te l'envoie par transfert d'argent,tu règles tes problèmes,et tu me rembourses dans une semaine.
_Merci Mélanie, je vais appeler ma mère pour lui dire.
_Appele quand même ton mari pour l'informer ,et arrête de pleurer .
C'est comme ça le mariage.
N'est ce pas je t'ai dit de serrer le cœur ? Serre le cœur Sara !
Apprends à supporter la douleur.
Je t'envoie l'argent tout de suite . Envoie-moi un message dès que tu l'auras reçu.
_Merci .
Elle appela son mari.
Il l'écouta patiemment.
Il lui dit qu'il se depechait d'arriver, pour l'aider à chercher l'argent dans la maison.
Une somme pareille ne pouvait pas disparaître de la maison comme ça !
Il appela sa belle-mère de le rejoindre à la maison aussi ,il avait quelque chose à lui révéler sur Sara.
Maman Véronique était au salon,
Sara et son mari aussi.
Ils essayaient de retracer le parcours de Sara pour savoir si elle n'avait pas égaré l'argent en chemin.
Gaetan s'excusa, alla dans la chambre, retira l'argent de Sara qu'il avait mis dans l'une de ses chaussures ce matin avant de partir au travail,les mit dans l'agenda de celle-ci et le remis dans son sac à elle.
Puis il appella à tu-tête.
_Sara! Sara ! Maman Véronique
venez!
Les deux femmes le rejoignirent dans la chambre. Il dit:
_Sara! Maman Véronique! Regardez! Sara! C'est quoi ici ?
Ce n'est pas ton argent ici ?
Tu n'as pas bien cherché ton argent et tu accuses déjà les gens.
_Je n'ai accusé personne. Dit Sara.
_Maman Véro, tu es témoin.
Je sais qu'elle cache toujours son argent ici.
Si j'étais un voleur, j'aurais pris cet argent.
Mais je fais quoi avec l'argent de ma femme?
Je sais que c'est pour notre fille !
Mais elle fait comme-ci elle ne commet aucune erreur, au point de rejeter les fautes sur les autres .
Quand ça ne va pas, c'est les autres.
Jusqu'à ce jour, elle n'a pas demandé les excuses à Laeticia.
Et elle sait ce que ça m'a coûté sur le plan relationnel et dans mon travail.
Heureusement, tu as vu aujourd'hui les comportements de ta fille.
Maman Véronique soupira et dit malgré elle :
_Le plus important, c'est que l'argent à été retrouvé.
Pour en finir avec vos problèmes,fais venir Laeticia pour que Sara lui fasse des excuses.
_Maman! Dit Sara.
_Je suis fâchée de toi Sara.
Tu n'as pas obéi comme je te l'avais ordonné...
À l'écoute de ces paroles, Gaetan sortit savourer sa victoire; et appeler Laeticia pour qu'elle vienne recevoir les excuses tant attendues.
Sara et Maman Véronique ,restées dans la chambre, s'assirent sur le lit.
_Maman, crois moi, j'ai cherché l'argent dans ce sac.
Je ne suis pas folle !
J'ai retourné ce sac aujourd'hui ,sur toutes les coutures, et je n'ai pas trouvé d'argent.
_Ma fille! Je te crois !
Mais, fais semblant comme moi, d'être stupide et avance dans ta vie.
Avec ce genre d'homme,il faut faire selon sa folie.
_Soit, c'est lui qui a pris cet argent pour l'utiliser,il a eu des remords à cause de sa fille, et il est venu le remettre dans ce sac; soit cet argent a réapparut tout seul.
Car j'ai fouillé partout.
_Sauf dans ses cachettes à lui, ma fille.
_Maman,cet homme va me rendre folle !
Tout ce qu'il fait, provient de Laeticia.
La manière d'acter,de penser, ça provient d'elle.
_Ma fille,j'ai déjà repéré le genre d'homme qu'est ton mari.
Quand il fait sa folie là pour montrer que c'est lui le patron en tout, devient plus folle que lui, comme ça,il aura l'impression qu'il est le plus intelligent des fous, donc qu'il te trompe bien.
ET ainsi il pourra te laisser avancer tranquillement .
Moi j'ai tout compris, j'espère que toi aussi.
Allons au salon,et faisons semblant d'être tombées dans son piège.
Après une quarantaine de minutes, Laeticia arriva.
Sara lui fit des excuses, et se réfugia dans sa chambre,en colère contre le monde entier.
Cette humiliation l'avait amoindrit.
Sa mère était rentrée chez elle, mais , elle entendait les voix venir du salon.
Gaetan dit à Laeticia :
_Tu l'as eu tes excuses.
J'espère que tout est arrangé maintenant.
_Ca va .
Je vais rentrer.
À demain.
_Je ne t'accompagne pas, ma journée a été stressante.
Salut tes parents de ma part.
Il appella sa femme, auprès de lui,l'obligea à s'asseoir sur ses genoux à lui,lui fit une bise sur la joue.
Il la caressa la tête de ses mains, puis,descendit au cou .
Finalement,il transforma ses caresses en massage.
Car Sara restait de marbre, à ces caresses.
Il la flattait , l'appellant de tout les petits noms d'amour qu'il connaissait. Sara restait là, regardant dans le vide, tout en se demandant ; comment elle avait fait, pour se retrouver dans les bras d'un homme pareil.
Son cerveau fit machine en arrière pour se souvenir de leur rencontre, de leurs fiançailles ,de leur mariage ; Non! Ça ne pouvais pas être vrai!
Elle,Sara, avait signé pour le meilleur et pour le pire avec un homme pareil !
Elle regarda ses doigts.
Son alliance, toujours étincelante, choisis avec soin par elle,la ramena à la réalité.
Il y a trois ans, elle disait au bijoutier, chez qui elle avait commandé son alliance,et celui de son mari :
_Je voudrais qu'elles soient de bonnes qualités,qu'elles durent pour longtemps, sans changer de couleur.
_C'est cela même Madame.
Elles doivent briller et durer aussi longtemps que votre mariage.
Ne vous en faites pas, c'est ce genre d'alliance que nous avons ici.
Briller !Durer! Donc c'était ça le mariage ?
Ça ne correspondait pas à la description qu'elle s'était faite de celui-ci.
Elle était déçu par le sien .
Elle se demandait à présent ; Combien de temps durerait son mariage à elle,car elle avait déjà hâte d'y mettre un terme.
_Sara !Sara, tu penses à quoi!
Tu pleures ?
Allons! Ma chérie ce n'est pas pour ces pauvres excuses qu'on t'as demandé de dire, que tu vas en faire toute une scène.
Tu n'avais pas les médicaments de Manuela à acheter ?
Ces médicaments sont très importants.
Donne-moi l'ordonnance et l'argent.
Je vais les acheter pour toi , pendant que tu te reposes.
Elle lui tendit 25000FCFA.
Il courut à la pharmacie,et revint avec les médicaments et les beignets maïs- haricots.
Il lui remit la monnaie,5000FCFA, comme pour lui démontrer son honnêteté.
Elle s'était baignée, s'était occupée de sa fille,lui avait donné à manger, et attendait les médicaments,en étant couchée sur le lit comme une malheureuse.
Elle aimait les beignets maïs,
mais elle n'avait pas envie de les manger.
Il remarqua qu'il parlait tout seul et qu'elle ne répondait pas, perdue dans ses réflexions.
Il s'énerva à son tour,donna les médicaments à sa fille,en lisant l'ordonnance,se baigna à son tour, revint et dit:
_Si tu ne veux pas manger les beignets, tu me dis.
Prochainement,je ne me donnerais plus la peine de les acheter pour toi.
Elle pensa aux conseils de sa mère,(de se montrer plus folle que lui);
En compréhension, elle devait faire semblant d'être stupide, éviter de démontrer ses véritables émotions, pour agir sagement par la suite , tout en ayant l'air d'être toujours stupide.
Elle lui répondit:
_ Merci, je vais les manger.
Toujours silencieuse,elle servit à manger ce qu'elle avait préparé,du riz sauté de la veille, réchauffé, plus les beignets maïs qu'il avait apporté.
Elle fit l'effort de manger;
et surprenant, elle apprécia le goût des beignets.
Ils étaient particulièrement bons ce soir.
Tard dans la nuit, Gaetan s'approcha d'elle.
Comme elle refusait,il la força patiemment, toujours en la flattant avec des mots d'amour.
Elle finit par se laisser faire,et commença à s'habituer à ces nuits d'amour amères avec lesquelles il la domptait.
À partir de ces moments-ci,il n'eut pour elle que mépris et tyrannie.