Albus était assit sur l'un des fauteuils de la salle commune rouge et or. Il attendait sagement ses amis qui terminaient leurs derniers cours de la journée. Neville ne lui avait pas parlé de ce mystérieux Ordre comme il l'avait espéré... Il y réfléchissait en regardant les flammes de la cheminée danser devant lui.
« C'était passionnant, vous ne trouvez pas ? »
C'était la voix de Rose.
« Comment apprendre à trouver nos ingrédients ? J'ai plutôt trouvé la liste longue et ennuyeuse à mourir ! s'exclama Scorpius.
- Oh ! Albus... »
Serena coupait court la conversation. Les trois compagnons s'agglutinèrent devant leur ami.
« Tu m'as l'air bien songeur, remarqua Scorpius.
- Il faut que je vous parle ! »
Scorpius s'assit devant le jeune Albus et son regard gris transperça les yeux verts du sorcier.
« Dis-nous. »
La voix avait été calme, plate et posée. Albus tourna son visage vers ses amis et commença son récit. Il leur raconta tout, de la prémonition céleste, au sortilège du Nectum Fragitur en passant par l'éventualité de son don.
« Eh bah ! s'exclama Scorpius à la fin de son récit. J'ai toujours su que tu ferais des merveilles !
- J'ai une proposition, commença Serena. »
Tous l'écoutaient.
« Tu te souviens de Jacky Grinfray ? C'est le voyant qui a prédit la grande menace dans la Gazette du Sorcier... Tu devrais peut-être le contacter ? Sans tout lui expliquer... Juste l'essentiel, afin d'avoir plus d'information sur sa prédiction.
- J'aimerai aussi trouver des informations sur la Licorne Dorée.
- Quelle licorne ? Tu as oublié de nous en parler... dit Scorpius, intéressé.
- Je... Je ne sais pas pourquoi j'ai dit ça, s'excusa Albus. Pardon, je... Je ne sais pas ce qu'il m'arrive !
- Je crois savoir ! s'exclama Rose. J'ai lu quelque chose sur les prémonitions. Ce ne sont que de vagues suppositions, émises par les sorciers durant des siècles ce qui les rend incertaines. Elles ont dues être modifiées, amplifiées ou rectifiées pendant des années... Mais il arrive que, lorsqu'un sorcier acquiert ce don, ne le métrisant pas totalement, il lui échappe des prémonitions, noyées dans un flot de parole. L'équivalant, pour les sorciers, comme pour les moldus, du lapsus. Je crois me souvenir, car ce chapitre m'a intéressé, que le voyant remplace une pensée dont il ignore encore toutes les ressources, par une prédiction. On appelle ce phénomène le Mutavit.
- Cela explique... murmura Albus.
- Quoi ? demanda Scorpius, avide de renseignements.
- Rien, quelques souvenirs d'enfances... De simples souvenirs... Sans importance... Pour en revenir à la licorne dorée, j'ignore ce que ça signifie...
- Peut-être pourrions-nous demander à Hagrid ? proposa Rose. Harry, papa et maman ont toujours pu compter sur lui... Et c'est un spécialiste !
- Peut-être, mais je me demande si le professeur Londubat ne serait pas d'une meilleure aide... suggéra Scorpius. C'est vrai qu'il t'a bien soutenu jusqu'à présent... De plus, c'est ton parrain ! Sans compter qu'il est plus malin, plus habile, et sans doute mieux impliqué dans l'affaire... »
Albus détourna ses yeux et les posa sur le feu qui continuait de brûler inlassablement les bûches enchantées.
« Vous avez tous raison, commença Albus. Je vais écrire anonymement à Jacky Gringfray. Après être passé à la volière, nous irons voir Neville avec Scorpius. Quand à toi, Rose, et toi, Serena, vous passerez voir Hagrid. Et si quelqu'un a une information avant l'autre... réfléchissait Albus. Je propose d'envoyer un signal.
- Ton plan est parfait ! s'exclama Scorpius. Mais il faudrait convenir d'un signal... Et je ne suis pas inspiré... Rose, peut-être ?
- J'ai lu, dans L'Encyclopédie des Sortilèges de signaux, d'alarmes et de signalements, que la plupart des sortilèges ne sont enseignés qu'à partir de la quatrième année, ou même plus tard ! Sauf peut-être deux ou trois dont j'ignore le nom... Je me souviens de leurs effets, évidemment ! Mais je serais incapable de les reproduire. Je ne l'ai lu que pour me distraire, non pas pour pratiquer l'impossible...
- Il y a les Jumeaux Frichonneaux, sinon, suggéra Serena. »
Rose, Albus et Scorpius se tournèrent vers la jeune sorcière blonde.
« En allant à la boutique d'animaux de compagnie sur le chemin de Traverse, j'ai été attirée par ces boules de poils orange, aux yeux violets. Ce sont des créatures magnifiques, vous pouvez me croire. Il y en a deux par portées, la mère les abandonne juste après la naissance. Les Jumeaux se développent l'un grâce à l'autre et ont une faculté de partage énorme. Ils peuvent se trouver à des kilomètres l'un de l'autre, mais il y aura toujours une connexion entre eux. Le plus intéressant est à venir. Lorsqu'on leur chante un air qu'ils aiment, ils le reproduisent. Et il se trouve que j'ai acheté deux magnifiques petits bébés Frichonneaux ! N'est-ce pas formidable ?
- Je ne vois pas en quoi c'est une révolution... dit Scorpius, l'air perplexe.
- Albus et toi prendraient Bibi, tandis que Rose et moi prendrions Doudou. Ce sont leurs noms... Dès que vous avez les informations, chantez-leur une comptine pour enfant, n'importe laquelle, ils adorent ça ! Si Bibi se met à chanter, Doudou chantera avec lui. Comme ça, vous serez avertis que l'autre groupe a une information...
- On pourra même lancer un sortilège d'insonorisation pour éviter qu'Hagrid ou Neville soit au courant de notre stratégie, proposa Rose.
- C'est génial ! s'exclama Albus. Allons chercher Bibi et Doudou !
- Tu devrai peut-être songer à les renommer, proposa ironiquement Scorpius.
- C'est moi qui ai choisi ! dit joyeusement Serena en gambadant jusqu'à son dortoir. »
Rose la suivait de près et les deux adolescentes disparurent dans l'escalier en colimaçon.
« Elle a entendu ce que je lui ai dit ? demanda Scorpius, perplexe. »
Albus explosa de rire.
« Je vais écrire à Jacky Grinfray. Attends-moi ici. »
Albus se dirigeait vers les escaliers lorsque son ami le rattrapa.
« Non ! s'exclama Scorpius. Nous sommes frères maintenant, je t'accompagne partout jusqu'à ta mort.
- Tes cheveux se sont éclaircis, James... Mais, qu'as-tu donc fais de ta masse de cheveux indomptable ? Et ont sont passés tes...
- Ca va ! On a comprit... soupira Scorpius. »
Et leur voix se perdit dans l'ascension...
Albus et Scorpius étaient passés à la volière et se tenaient devant le tableau qui menait aux appartements de leur professeur. Albus tenait Bibi serré sur sa poitrine. Il était enveloppé dans une chaussette pour lui tenir chaud et le camoufler un maximum. Rose avait lancé le sortilège d'insonorisation, ce qui leur permettait de trafiquer librement.
« Neville ! cria Albus. C'est moi ! Ouvre !!! »
Le silence était inquiétant et la nuit tombait peu à peu...
« Professeur ! insista Scorpius. »
Le blondinet donna trois coups brefs sur le tableau.
« Aie ! s'écria le portrait. Vous me faites mal... Si j'étais encore professeur ici, je vous retirerai vingt points... Vous êtes à Gryffondor ? Je rectifie, je vous retirerai cinquante points. Chacun...
- Nous devons entrer ! supplia Scorpius.
- Mais vous êtes... murmura Albus. Vous êtes Severus Rogue !
- C'est moi, s'exclama le portrait. Je suis obligé de servir de tableau au directeur des Gryffondor, voyez comme je suis tombé bas !
- Mon père est Drago Malefoy, vous l'avez connu, n'est-ce pas ?
- Ce nom me dit quelque chose, avoua l'homme au visage cireux. Et vous, vous êtes ?
- Albus Severus Potter, se présenta Albus. Mon père dit que vous étiez un des hommes les plus courageux qu'il ait connu, ce pourquoi je porte votre prénom...
- Courageux, n'est-ce pas ? Je ne l'aurai jamais avoué vivant, mais je vous confie que je lui trouve beaucoup de courage... C'est grâce à votre père que Voldemort ne s'est pas emparé du monde des sorciers et que nous vivons à présent en paix.
- Il dit que vous avez contribué à la victoire. Vous vous êtes sacrifié pour le monde des sorciers ! »
Albus poursuivit :
« Il est à nouveau en danger. Et nous devons parler au professeur Londubat... Pour que vous ne soyez pas mort vainement... Pour que votre courage reste gravé dans ce château à jamais... Ouvrez-nous, Severus Rogue. »
Et, comme par enchantement, le tableau s'ouvrit. Les deux amis passèrent leur tête dans l'appartement de Neville Londubat.
C'était un bel appartement, tout resplendissait de lux moderne. Un écran plat lévitait au milieu du séjour, d'un blanc impeccable. Deux fauteuils et un long canapé, certainement extensible par enchantement comme semblait l'indiquer la marge sur le côté entouraient la cheminée, seul élément noir de la pièce. Trois sphères argentées s'élevaient dans les airs d'un mouvement lent et régulier... Un appartement proche de la nouvelle génération de sorcier, à la limite entre la technologie et les sortilèges.
« Professeur ? hésita Scorpius après un regard dans cet appartement.
- Malefoy ? cracha le professeur. »
Puis il se radoucit en voyant son filleul.
« Que faites-vous là, vous deux ? Ne devriez-vous pas vous préparer pour le diner ?
- Nous voulons en savoir plus sur la licorne dorée, lâcha Albus. »
Neville esquissa un sourire.
« Asseyez-vous donc ! »
Les deux adolescents s'exécutèrent, suivis de leur professeur qui les regardait d'un œil pétillant.
« Que savez-vous exactement sur la licorne dorée ? demanda le professeur. »
Il leur proposa un étrange biscuit orange surmonté d'un épais liquide rouge. Scorpius en attrapa un comme s'il n'avait pas mangé depuis des mois et croqua vivement dedans.
« C'est du sang de crapaud, précisa Neville en le voyant recracher immédiatement le gâteau. »
Puis le professeur explosa de rire.
« Mais non ! Je plaisantais. C'est de la citrouille nappée de fruits rouges. Les premières années se font toujours avoir !!! »
Bibi s'agita.
« Chut, murmura Albus. »
Scorpius comprit que Bibi était sur le point de se réveiller et il enchaina la conversation sur les premières années :
« Quelles sont les autres farces que vous leur ayez fait ? »
Albus regarda l'adorable petite boule de poil ouvrir de grands yeux larmoyants. Et il laissa échapper un cri strident. Le sortilège d'insonorisation pouvait se rompre au-delà d'un certain seuil... Albus priait pour que la boule de poils cesse de hurler.
« Je prendrais bien un autre biscuit, s'exclama Scorpius. »
Il en tendit un à Albus.
« Tiens, ça pourrait te servir. »
Albus n'avait pas la tête à manger un gâteau, aussi bon soit-il... Il se souciait de la créature. Il pensait à son jumeau... Souffrait-il autant ? Que se passait-il de l'autre côté ? Le petit Bibi cessa immédiatement de pleurer lorsqu'Albus approcha le biscuit de ses lèvres.
« C'est ça que tu veux ? murmura le sorcier. »
Il lui tendit le biscuit et un des poils orange de Bibi grandit et vint se saisir de la friandise. Il l'avala d'une traite. Et un chant sortit de sa bouche.
Au début, Albus pensait qu'il s'agissait d'un chant moldu quelconque mais il tendit l'oreille en entendant Licorne Dorée.
« La licorne dorée est unique son genre,
Elle est la seule à avoir une corne tout en or...
Chassée par les hommes depuis des millénaires,
Il n'en resterait plus qu'une seule sur terre.
Voici le chant de la licorne dorée
Ecrite par Serena. Pour pouvoir trouver la clé
Au mystérieux message des dieux
Il faut ouvrir grand les yeux.
La licorne dorée, peut donner force, puissance,
Pouvoir et argent avec aisance.
Elle est gardée, par un groupe secret.
L'Ordre de la licorne dorée.
Bibi arrêta son chant, fixa durant quelques secondes Albus et il se blottit dans sa chaussette.
« Revenons-en à la licorne dorée, demanda Albus. C'est un animal sacré, n'est-ce pas ? demanda Albus.
- Une légende... dit le professeur.
- Les légendes sorcières se révèlent souvent vraies, insista Albus. Y crois-tu ? »
Neville sentait le piège se refermer lentement sur lui.
« Oui, j'y crois.
- Pour quelles raisons ?
- Je l'ai vu. Stop ! C'est terminé, je ne dirais plus rien ! Retournez dans vos chambres, vous ne devriez pas être ici.
- Une dernière petite question, dit Albus. Aurais-tu le courage de nuire au peuple sorcier ? C'est vrai que tu l'as toujours servi... Tu as vu tes propres amis mourir sous tes yeux ! Tant de courage réduit à néant... Tant de peine, de souffrance... Pour arriver à ça ?!
- Je ne nuirais pas à la communauté sorcière. Je protègerais donc leurs enfants. Je protège la génération future. Cet entretien est terminé !
- Je croyais que tu étais de notre côté ! s'exclama Albus.
- Je le suis pour te protéger, Albus. Je n'enverrai pas des enfants à l'abattoir... Jamais ! Pas même un Malefoy... »
Le professeur reprit le dessus et leur demanda d'aller au diner.
« Allez-y, puis vous irez vous coucher... Bonne soirée les enfants ! »
Albus et Scorpius se levèrent, traversèrent l'appartement en silence et le tableau se referma...
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Bilan : j'ai écris ce début de fanfiction à 15 ans... et c'est mieux que ce que je craignais. Le seul soucis, c'est peut-être que je suis trop proche du texte original : on dirait une réécriture très fidèle d'Harry Potter et peut-être un peu trop fidèle. Mais honnêtement, ça passe.
Alors je vais devoir rechercher des textes plus anciens pour avoir de véritables "olala, ce texte date alors regardons à quel point j'étais nuuul" parce que ce genre de contenu est pitoyable mais ça me fait un peu marrer en même temps.