Il se passe pratiquement une demi heure avant que je le revois apparaître dans le coin de la porte. Son air est si sérieux et si conventionnelle. Il inspiré profondément puis dépose un pied dans la chambre. C'est drôle comme j'ai l'impression qu'il vient de passer les portes de l'enfer.
- Julian je ne t'ai pas demandé de mourir pour moi ! Quoi que ce serait drôle... Vu que tu as mis pratiquement 30 minutes pour décider si on était réellement amis. Ce n'est pas ce que les amis font? Je n'ai jamais abandonné les miens...
- Comme James ?
- Ce n'était pas un amis... Enfin il l'avait été à une période. Il a fait un choix.
- De quel choix tu parles ?
- Il a quitté sa petite amie par peur des rumeurs...
- C'était ton ex alors! Et si on reprenait depuis le début ?
- Et si on apprenait à se connaître plutôt. On se pose une question à tour de rôle.
Il hoche la tête et s'installe près de moi sur la descente du lit. Ce n'est pas très agréable de se retrouver au pied du mur. Mais j'ai besoin de lui parler. J'ai besoin de cette confiance ... J'ai besoin de lui !
- Bien je commence Julian. As-tu des frères et sœurs ?
- Oui deux frères Banner et Garry. Et une soeur Miley. Je suis le petit dernier !
- Le chouchou alors !
Il a un rire gêné comme si je l'avais pris sur le faite!
- Où habitais-tu avant ton arrivée ?
J'admire sa délicatesse ne pas poser la question immédiatement est très gentille de sa part.
- Woodvillage. Mon père était entrepreneur dans le bâtiment et ma mère donnait des leçons de piano.
- Quel âge as tu ?
- Dix- neuf ans mais je trouve ça bizarre que tu poses la question.
- Pourquoi ?
- Bien ta coloc c'est Juliet ! Juliet sait tout et entend tout !
Un petit clin d'oeil malicieux vient ponctuer sa phrase.
- Parce que tu penses que tu es le sujet de nos conversations ?
- Aïe ça fait mal !
Il théâtralise sa douleur invisible en y ajoutant des gestes grotesques. J'aime qu'il me fasse rire. Il devient soudainement plus sérieux. Ses yeux sont plongés dans les miens et je sais que cette question ne sera pas banale.
- De quoi son mort tes parents ?
- Meurtre !
Il a un mouvement de recul. Il ne pouvait pas s'y attendre. Il a du imaginer un banale accident de voiture. Il déglutit. Le son est tellement fort que je veux l'aider à se sortir de ce sentiment.
- Pourquoi Chelsea ? Je veux dire elle est plus jeune que toi. Vous ne fréquentez pas les mêmes établissement...euh...
Je cherche d'autres excuses afin d'appuyer ma question. Je ne voudrais pas qu'il décèle la moindre parcelle de jalousie.
- Oh ! Bien on se connait depuis longtemps. Nos familles passent beaucoup de temps ensemble et puis... Ça s'est fait !
- Ça s'est fait ?
Je ne peux pas m'empêcher de rire. Au fond de moi je suis heureuse. Il n'a pas dit les mots ! Je l'aime aurait suffit pour m'aneantir.
- Qu'est ce qui te fait rire...
- Je m'attendais à une histoire plus glamour! Tu vois les gros titres d'un magasine. Le riche héritier et la jeune héritière vive le grand amour !
- Très drôle Hayley ! A mon tour... Pourquoi as tu dit que si ton frère était sourd c'était de ta faute ?
- Je vais reprendre depuis le début .... Il y a 7 mois, j'ai effectué mon premier gala. Je devais y jouer mes premiers morceaux au piano avec ma mère. J'ai paniqué et j'ai quitté la scène. Nous sommes donc rentrés plutôt que prévu à la maison. Une fois la porte fermée, ils ont essayé de me calmer. J'avais consacré des mois d'entraînement pour n'arriver à rien. Dans tout se vacarme on a pas remarqué que la porte de derrière était ouverte. Très vite deux hommes sont apparus ... On s'est réfugié a l'étage mais mon père a essayé de s'interposer ...
Je prend une grande inspiration puis le contact de sa main sur la mienne me permet de calmer cette peur.
- Le coup est parti ! Plus tard le médecin m'a dit qu'il n'avait pas souffert ...
Mes larmes coulent sans pouvoir s'arrêter. Mes mains tremblent dans les siennes si bien qu'il décide de se rapprocher de moi.
- Puis ma mère ... J'ai essayé Julian de la sauver . Mais j'ai du prendre une décision lorsque ils ont vu Jacob ... Je les entendais! Il répétait on va s'amuser avec la petite mais le gamin ira retrouver ses parents !
Ses lèvres viennent instantanément sur mon front, je frissonne a son contact. Puis du bout des doigts il essuie mes larmes .
- Alors quand ils sont montés. J'ai dû choisir entre maintenir la blessure de ma mère où protéger Jacob.
Les larmes ne suffisent plus. Je pleure tellement que Julian me prend dans ses bras. Assise sur ses jambes, les bras autour de son cou, je trouve l'énergie pour continuer.
- Je l'ai vu partir à l'instant où j'ai retiré mes mains. Je me suis placé devant Jacob lorsqu'ils ont pointé son arme sur lui ... Les voisins avaient appelé la police, les sirènes ont fait paniqué les voleurs. Si bien que le coup est parti très vite. J'ai poussé Jacob. Je ne voulais pas le blesser tu sais ! Il a dévalé les escaliers. A son réveil dans l'ambulance il crié qu'il n'entendait plus rien.
Je deviens soudainement silencieuse. Mes paupières sont si lourdes.
....
A mon réveil, je me sens si bien dans ses bras. Il est resté près de moi. Ses bras entoure mon corps et pour une fois j'ai dormi sans être réveillé par un cauchemar. Je reste de longues minutes à le regarder dormir. Je n'ai pas quitté son étreinte. Je veux profiter de cet instant paisible.
- Ça fait longtemps que tu es réveillé ?
Il n'ouvre pas les yeux. Il reste immobile. Un simple sourire illumine son visage.
- Assez pour te dire que tu ronfles Monsieur Escorte.
Il rit aux éclats et me fait l'honneur de découvrir ses grands yeux bleu.
- Allez vient on va manger ... Mon oncle m'a dit que tu n'avais encore rien avalée aujourd'hui.
Je regarde l'horloge à l'instant où il se frotte le visage de ses mains.
- Il est deux heures du matin.
- Et ?
Il attrape ma main énergiquement avant de nous faufiler discrètement vers la cuisine du réfectoire. Il inspecte les frigo et pause tout un tas d'aliment sur le plan de travail. Il est miticuleux lorsqu'il prépare nos sandwichs.
Chaque bouchée est un délice. J'etait tellement affamé.
- Pourquoi tu n'es pas parti Julian ?
Il se gratte la tête et avale difficilement son morceau avant de me répondre.
- Un ami ne serait pas parti ! Je peux être honnête avec toi ?
- Oui !
- Je pense vraiment que tu devrais arrêter de t'en vouloir Hayley. Rien est de ta faute ... Et encore moins Jacob. Si tu n'étais pas intervenu ... Il ne serait probablement plus là.
- Tu n'es pas le premier et tu ne seras sûrement pas le dernier à me le dire. La culpabilité ne partira pas !
- Dis moi pourquoi ce connard de James avait peur des rumeurs ?
- Je ne t'ai pris tout raconter ...
- Je t'écoute ?
- Pas maintenant s'il te plaît. J'ai besoin d'une pause dans le jeu des vérités.
Il me regarde avec un sourire en coin et avale une gorgée de soda.
- Et si on passait a l'action !
J'ai juste le temps de m'écarter. Julian a été tellement surpris qu'il a éclaboussé la table devant nous .
- Ta mère ne t'a pas appris que ce n'était pas bien de cracher ?
Sa main vient délicatement giflé ma cuisse. Il semble tellement amusé qu'il se dépêche de finir.
- Qu'est ce qu'il y a dans ta petite tête Mlle Miller... De quel action parles-tu ?
Il soulève un sourcil avec un air coquin. Si je pouvais je serais déjà agrippé à ses lèvres. Tandis que ses mains parcouraient mon corps mais une amie ne fait pas ça ... Je cherche désespérément une idée. Je me suis mise dans une position délicate. Réfléchis !
- Et bien que dirais tu de monter sur le toit pour admirer le lever du soleil ?
- C'est une action vraiment naze !
- Eh ! Tu as peut-être mieux à me proposer Monsieur Escorte ?
- J'ai bien une petite idée mais cela implique que tu fasses le mur !
J'hésite ! Est ce que je peux me permettre de désobéir une nouvelle fois. Si Monsieur Barnes appelle ma grand-mère pour la prévenir je risque de ne plus voir Jacob pendant un petit moment. Pourtant j'ai tellement envie de m'enfuir avec lui. Même quelques heures ! Et puis si il le ramène à tant personne ne le saura et j'aurai passé un moment magique avec lui. Pendant ma réflexion, Julian est déjà sur le pas de la porte avec un air malicieux. Son petit clin d'oeil est décisif !
- Ok mais ton oncle ne doit pas le savoir. Donc cela implique que tu me ramènes avant six heures Julian !
- Ok ! Dépêche toi...