Criminel

By Mihriban_mt

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Un an éloignée de ma ville pour aller à la campagne, et je suis devenue une autre personne. Bien sûr, je n'ai... More

Prologue
I
II
III
IV
V
VI
VII
VIII
IX
X
XI
XII
XIII
XIV
XV
XVI
XVII
XVIII
XIX
XX
XXI
XXII
XXIII
XXIV
XXV
XXVI
XXVII
XXVIII
XXIX
XXX
XXXI
XXXII
XXXIII
XXXIV
XXXV
XXXVII
XXXVIII
XXXIX
XL
XLI
XLII
XLIII
XLIV
XLV
XLVI
XLVII
XLVIII
XLIX
L
LI
LII
LIII
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LXXIX
LXXX
LXXXI
LXXXII
LXXXIII
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LXXXV
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LXXXVII
LXXXVIII
LXXXIX
XC
XCI
XCII
XCIII
XCIV
XCV
XCVI
XCVII
XCVIII
XCIX
C
CI
CII
Épilogue
Un mot pour vous...
Annonce...

XXXVI

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By Mihriban_mt

Depuis le décès de Brado, Mero n'a sourit que très peu, il était toujours froid, sauf la nuit quand on était seul lui et moi dans la chambre. Là, il me disait ce qu'il ressent, comment il se sent, il essayait de trouver de l'aide à travers moi, je l'aidais aussi bien que je pouvais, j'essayais de le réconforter, de le rassurer. Ces derniers jours, ça va un peu mieux. Comme Brado me l'avait demandé, j'ai envoyé sa famille en Turquie, je les ai envoyé dans un endroit où ils seront très bien protégés. Mais je ne sais pas s'ils seront heureux comme avant... Je ne veux que leur bonheur, je veux qu'ils soit heureux, je le veux vraiment.

Je suis revenue chez moi, j'ai dit à Mero que ses parents pouvaient venir, mais sa mère n'a pas voulu, elle a juste dit qu'elle ne veut pas. Je n'ai pas cherché après elle, je suis encore blessée de tout ce que j'ai entendu. J'ai dit à Simay de revenir, mais elle n'a pas voulu laisser la mère de Mero seule. Je ne parle toujours pas à mon frère et mon père non plus. J'espère qu'un jour tout va s'arranger, parce que là manière dont les choses se déroulent ne laissent pas l'occasion d'espérer que ça se passe bien.

Je suis au bureau, j'ai dû reprendre mon travail ici, les gars m'ont dit qu'ils avaient besoin d'aide ici. Entre Mucho et Mero, les choses se sont arrangés, c'était sur le coup des nerfs et de la douleur que Mero a agit comme ça, sinon, ils tiennent beaucoup l'un à l'autre. On a tous été détruit par la perte de notre ami, certains plus que d'autre bien évidemment, mais la vie continue. C'est ceux qui restent qui souffrent... La porte s'ouvre me sortant de mes songes, Samo entre, il me fait un petit sourire et il vient s'asseoir en face de moi en posant des papiers devant moi.

« - C'est l'argent qui doit être déposé sur le compte des familles qui ont perdu leur fils, ou leur époux.

- Tu as l'air d'être fatigué.

- Oui, je cours un peu dans tous les sens.

- Ce n'est pas comme ça que tu vas oublier ta douleur, Samo. Il me regarde en soupirant. C'est en te battant pour lui, en pensant à lui chaque fois que vous réussissez.

- Tu sais, j'ai l'impression qu'il va sortir de nul part et nous faire chier avec ses phrases maladroites. Je peux entendre la souffrance dans sa voix. On dirait qu'il est encore là.

- Il est là. Je montre son cœur. Il sera toujours là.

- Oui... Tu as parlé à sa famille ? J'ai essayé, mais je n'ai pas de réponse.

- Oui, je leur ai parlé hier. Je leur parle un peu tous les jours, la petite m'a dit qu'ils ne répondent qu'à moi. Mais ils vont bien.

- Tant qu'ils vont bien, je m'en fous qu'ils me parlent ou non. »

Je lui fais une tape amicale sur l'épaule et je prends les papiers qu'il a posé devant moi. Il y a eu tellement de problèmes, les flics se sont mêlés des histoires, Mero est partit tuer un par un chaque homme de la grande famille des tchétchènes, il les a complètement éliminé. Katya Delov m'a appelé, elle m'a dit que les tchétchènes qui restent leur ont demandé de l'aide mais ils n'ont rien fait, ça m'a vraiment rassuré, et quand je l'ai dit à Mero, il est directement partit chez eux pour leur serrer la main, il est reconnaissant pour ça. Le seul problème reste ce Tamar, je ne sais pas pourquoi il cherche autant à atteindre Mero, il ne s'arrête jamais, et on ne le trouve jamais.

Mero et les gars rentrent à l'intérieur, il dépose un baiser sur le haut de ma tête et il va s'asseoir à sa place. Je donne les enveloppes contenant les chèques à Carl pour qu'il les distribue aux familles et je regarde Mero.

« - Vous venez d'où comme ça ?

- Il y avait une grande réunion avec Mata, il a ramené des gens qui voulaient faire affaires avec moi.

- Résultat ?

- J'ai dit à Sajid de faire des recherches sur eux, j'ai placé des hommes qui vont les suivre et dès que j'apprends qu'ils font un pas de travers ou qu'ils ont un lien avec Tamar, je les élimine.

- Pourquoi ce Tamar est partout ?

- Parce qu'il est comme un zombie, ce fils de pute. Me répond Mucho. Il est là, mais il n'existe pas. On dirait un rat, il rentre dans un trou et impossible de le retrouver.

- Vous savez à quoi il ressemble au moins ?

- Oui, certains d'entre nous l'ont déjà vu. Dit Mero. Mais il ne laisse aucune trace. Enfin, ce n'est pas le plus important. Ce soir, je vais dîner avec un député. C'est un dîner familial, donc tu viens avec moi.

- D'accord.

- Si tu n'as pas de robe, tu peux sortir et t'en acheter. De toute façon, il n'y a pas grand chose à faire.

- J'ai de quoi mettre. D'où sort ce dîner ? Avec un député en plus.

- Ton mari va travailler avec l'État. Ils ne veulent pas que je fasse de connerie, donc ils me gardent sous la main pour ne pas qu'il y ait de trouble dans l'ordre du pays.

- Et surtout pour faire les trucs secrets à travers Mero. Ajoute Emirhan. Tu ne peux pas savoir à quel point c'est un grand pas pour nous.

- Tant mieux si ça vous arrange. Ça va vous apporter un avantage au niveau de la douane ?

- Oui, et ça, c'est un très gros avantage. Moins de dépense, plus de gain. »

Je hoche la tête et Mero me fait un sourire, cette affaire a l'air de lui plaire, j'espère que c'est vraiment une bonne chose. Mon téléphone sonne, je regarde qui c'est, mais c'est un numéro inconnu, je me lève et je vais répondre loin du bruit.

« - Allô ? Allô ? Personne ne répond. Allô ?

- C'est qui, Maria ? Me demande Mero et la personne raccroche.

- Je ne sais pas. Je me tourne vers lui. C'est un numéro inconnu, ils ont raccroché rapidement.

- Ça arrive souvent ? Je secoue ma tête. Ils ont dû se tromper.

- Sûrement. »

Je m'assois et je regarde mon téléphone. Avant d'aller à ce dîner, j'ai envie d'aller voir ma mère, je dois lui poser quelques questions. Je préviens Mero que je vais voir ma mère et je sors du bureau pour monter dans ma voiture. Je conduis jusqu'au quartier, mais avant d'y aller, je m'arrête chez le fleuriste, je prends deux bouquets, ensuite je reprends la route. Je m'arrête également devant un magasin où j'achète un cadeau pour ma nièce et je conduis cette fois-ci sans m'arrêter jusqu'au quartier. Je descends en ne prenant qu'un seul bouquet et le cadeau de ma nièce, je monte en haut. Ma mère et Melissa sont très heureuses de me revoir, je prends ma nièce entre mes bras et on va s'asseoir dans le salon.

On discute toutes les trois pendant qu'Assia joue avec son jouet. Je prends une petite gorgée de mon thé et mon regard s'arrête sur notre photo de famille qu'on a prise après la naissance d'Assia, mon père voulait une photo avec sa femme, ses enfants, sa belle-fille et sa petite fille. On était si heureux... Melissa se lève pour changer la petite, ma mère me regarde longuement pendant que je regarde la photo.

« - Tu leur manques énormément.

- Et quand ils m'accusaient, je leur manquais aussi ? Quand Ahmet est sortit à ma recherche avec son arme... Je lui manquais ? Demandais-je sans quitter la photo des yeux.

- Tout le monde regrette. Je sais que ce n'est pas facile mais... Je me tourne vers ma mère.

- Je vais réunir toute ma famille, comme avant. Je vais toujours avoir cette douleur au coeur, je n'oublierai peut-être pas, ou peut-être que je vais vite oublier, qui sait ? Mais ça restera là. Je montre mon cœur. Je vais aller voir mes beaux-parents aussi.

- Vraiment ? Dit-elle avec un grand sourire.

- Oui. Et papa et Ahmet vont rentrer bientôt, je viendrais les voir avant d'aller chez moi.

- Tu fais le meilleur des choix. »

Elle me prend la main et je lui fais un petit sourire. J'espère que c'est une bonne idée, qu'ils ont vraiment compris leur erreur. Après avoir passé du temps avec ma mère et ma belle-sœur, je sors pour monter dans ma voiture. Je respire un grand coup... Je dois aller retrouver ma belle-mère, en espérant que tout se passe bien. Je conduis jusqu'à l'ancien bâtiment de Mero, en arrivant devant, j'essaye de me donner du courage à moi-même, je ne sais pas pourquoi je stresse autant. Peut-être que je n'ai juste pas envie de leur faire face. Enfin, j'en ai envie, mais je ne sais pas quoi dire. Bon... Je me lance. Je descends de ma voiture, je prends le bouquet et je rentre à l'intérieur pour aller jusqu'à l'étage où habitait Mero. Je sonne, c'est Simay qui vient m'ouvrir.

« - Maria ! Elle crie de joie. Oh ma belle ! Elle me prend entre ses bras. Ça fait si longtemps qu'on ne s'est pas vu !

- Tu m'as manqué toi aussi, Simay. Dis-je avec un grand sourire.

- Maria. Ma belle-mère arrive suivie de Sibel. Je suis heureuse de te revoir. Je m'éloigne de Simay.

- Bonjour, maman. Je lui tends le bouquet. Je peux entrer ?

- Ne dis pas ça, c'est chez toi ici. »

Je rentre à l'intérieur, Sibel me fait un petit sourire, je lui en fais un en retour et je pars m'asseoir. Simay est folle de joie, elle n'hésite pas à le montrer, elle court dans la cuisine et ma belle-mère et Sibel viennent s'asseoir avec moi.

« - Je... Je ne sais pas vraiment par où commencer.

- Tu n'as rien à dire, Maria. Commence ma belle-mère. C'est à nous de te parler, de te demander de nous pardonner.

- Je ne veux pas que vous me demandez pardon, je veux que vous me promettez de ne plus croire à ce genre de chose. J'aime Enes plus que j'aime n'importe qui, il est mon monde... Je ne veux pas que vous doutiez sur ça.

- On a tous dit des choses horribles... Reprend Sibel. La tristesse, la haine nous a fait dire n'importe quoi. Pardonne-nous. Je hoche la tête avec un petit sourire.

- Je veux que vous revenez chez vous. Simay revient avec un plateau de thé.

- Je te manque, c'est ça ? Je sourie et elle vient s'asseoir.

- Vous me manquez tous. Je veux qu'on soit une famille unie, que ceux qui essayent de détruire Enes ne soient pas heureux en nous voyant comme ça.

- Je vais en parler avec ton beau-père. Depuis cette histoire, il n'ose pas te regarder.

- Je vais aller lui parler moi-même, il ne me dira pas non. Préparez-vous, je vais vous envoyer un des gars pour vous emmener à la maison. Je vais essayer de rentrer avec papa. »

Elles hochent la tête, je prends un thé avec elle, comme avant, lorsqu'on discutait pendant de longues heures sans jamais se lasser. J'appelle un des gars pour qu'il vient chercher ma belle-mère et Simay afin de les emmener chez nous. Je sors de chez eux et je remonte dans ma voiture pour conduire jusqu'au chantier où le père de Mero travaille.

Je redoute plus le fait de parler à mon beau-père, je ne sais vraiment pas quoi dire, il n'a rien dit, mais il ne m'avait pas défendu non plus. C'est si compliqué. Et si j'allais le voir, que je lui disais seulement de revenir à la maison ? Non... Je ne veux même plus reparler de cette histoire, c'est une des histoires qui m'ont vraiment touché. J'arrive près du chantier, je vois que mon beau-père sort, il se dirige vers la voiture avec un des chauffeurs, je descends rapidement.

« - Papa ! »

Il se tourne vers moi, il est très étonné de me voir ici, il me regarde longuement alors que je vais vers lui et quand je le prends entre mes bras, il est encore plus étonné. Il resserre son étreinte autour de moi, il me caresse les cheveux et il soupire. Oui... Je pense que les mots seront de trop pour l'instant. Je m'éloigne de lui et je lui fais un sourire.

« - Rentrons à la maison, chez nous, papa.

- Tu ne peux pas nous pardonner comme ça, Maria. Pas après tout ce qui s'est passé.

- Tu es mon père, tu as la même valeur que mon père à mes yeux. Rentrons chez nous. Il a les yeux larmoyants et il hoche la tête. Serge, je vais emmener mon père, tu peux rentrer. Dis-je au chauffeur.

- D'accord. Passez une bonne soirée.

- Toi aussi. »

J'attrape le bras de mon beau-père, on marche bras dessus, bras dessous jusqu'à la voiture. Je suis vraiment très heureuse d'avoir arrangé ce problème. Il ne me reste plus qu'à aller voir mon père et mon frère. Je dépose mon beau-père à la maison, Simay et ma belle-mère sont déjà là, je reconduis en direction du quartier. Je suis tellement heureuse, ça faisait longtemps que je ne m'étais pas sentie aussi bien. J'arrive devant mon bâtiment, mon père et mon frère sont en train de descendre de leur voiture, je descends à mon tour, quand ils me voient, ils ont la même réaction que mon beau-père. Je les regarde longuement, je m'approche lentement d'eux et je m'arrête en face d'eux. Mon cœur bat très vite... Je respire un grand coup et je me lance.

« - Vous ne me dites pas bonjour ? Ahmet vient rapidement me prendre entre ses bras.

- Maria... Il dépose un baiser sur ma tempe. Tu m'as tellement manqué. Je suis désolé pour tout, je suis tellement désolé. Il s'éloigne de moi et je hoche la tête avec un petit sourire. Pardonne-moi. Je regarde ensuite mon père.

- Papa...

- Même si tu me pardonnes, je ne me pardonne pas moi-même. Une larme coule sur sa joue et ça me brise le coeur. Je t'ai dit des choses...

- Papa, s'il te plaît... Il me prend entre ses bras.

- Je suis tellement désolé... »

J'essaye de le rassurer, de lui dire que je ne veux plus entendre parler de cette histoire, mais mon père est vraiment touché par ça. Je finis par me séparer d'eux, je dois partir, ils insistent pour que je monte, mais on m'attend à la maison. Je m'éloigne d'eux à contre coeur, je conduis jusqu'au bureau. Je vais aller chercher Mero, il n'est pas au courant que sa famille est réunie à la maison, il va sûrement être très heureux.

J'arrive devant le bureau, je descends de ma voiture et je rentre à l'intérieur. Il n'y a que Mero et Emirhan, je les salue et je vais m'asseoir en face du bureau, ils n'ont pas l'air d'être très heureux.

« - Qu'est-ce qui vous arrive ?

- On a apprit que Tamar est venu à l'enterrement de Brado. Me répond Emirhan.

- Quoi ?

- Ce fils de pute... Dit Mero en serrant les dents. Je dois l'attraper et en finir avec lui.

- Comment on n'a pas pu le voir ?

- Il est discret, ce connard. Il faut faire attention, s'il est venu jusqu'à l'enterrement de notre frère, il peut même s'immiscer chez nous.

- Emirhan, préviens les gars, dis-leur de faire très attention à qui entre et sort de nos maisons et du quartier. Nous, on a le dîner.

- Oui. Je suis venue te chercher du coup. On y va ? »

Il hoche la tête, je fais une tape dans la main d'Emirhan et on sort du bureau avec Mero. On monte dans la voiture, je ne dis rien à Mero, je regarde juste la route avec un petit sourire, lui il est très énervé, il parle au téléphone avec Mata, ils parlent de Tamar, j'ai l'impression que ça ne va jamais se finir cette histoire. Mero fini par raccrocher, il me lance un regard et en voyant mon sourire, il fronce les sourcils.

« - Qu'est-ce qui te rend si heureuse ?

- Quoi ? Je n'ai pas le droit de sourire ?

- Si. Mais est-ce qu'il y a une raison particulière ?

- Tu es avec moi, c'est suffisant non ? Il finit par sourire. Voilà, c'est le sourire que j'attendais.

- Comment ne pas sourire quand tu es avec moi ? On fait quoi après le dîner ? On va faire un tour ensemble ? Ou alors on reste à la maison ?

- On en décidera après le dîner. Mais je pense que tu vas vouloir rester à la maison. Il me regarde avec incompréhension.

- Et qu'est-ce qui te fait penser ça ?

- J'ai une surprise pour toi. »

Mero reste dans l'incompréhension totale, il ne me pose pas plus de question. On arrive à la maison, je me dépêche de descendre pour aller vers la porte, il me regarde encore avec incompréhension, je lui tire le bras et quand j'ouvre la porte, il est très étonné de revoir ses parents. Mero les regarde longuement et il finit par aller les prendre entre ses bras, je les regarde avec un grand sourire. Mero se tourne vers moi, il me fait juste un grand sourire, Simay vient à mes côtés et elle les regarde avec un petit sourire. Oui, voir notre famille au complet fait énormément de bien.

Je suis montée pour me changer, on doit se dépêcher parce qu'on a prit tout notre temps. J'enfile ma robe, je me maquille et je me coiffe rapidement. Mero entre dans la chambre avec un grand sourire, il me regarde tendrement et il passe son bras dans mon dos pour me rapprocher de lui. Il dépose un baiser sur mon front et il caresse ma joue.

« - Qu'est-ce que j'ai fait pour te mériter ?

- Je ne sais pas, tu as forcément dû faire une bonne action quelque part. Il finit par rire. Tu en fais, Mero. Tu ne fais que de bonnes actions, tu es un homme formidable, et les hommes formidables méritent de vivre une belle vie.

- Tu embellis ma vie. Je le regarde tendrement à mon tour et je finis par me ressaisir.

- Bon, ça suffit, on va finir par être en retard. »

Je dépose un petit baiser sur sa joue et il part dans le dressing avec le sourire. Je finis de me préparer, on sort de la chambre et on va saluer ses parents et Simay pour ensuite sortir de la maison. Mero conduit jusqu'au restaurant où on va dîner, il m'explique à quel point il est heureux de revoir ses parents à la maison, mais surtout à quel point il est heureux qu'on soit tous réunis de bon cœur. Je le suis aussi, j'espère qu'on n'aura plus à vivre ce genre de chose.

On arrive devant le restaurant, quelqu'un ouvre ma portière et on descend de la voiture, Mero envoie la clé au valet ensuite on rentre à l'intérieur. Un réceptionniste vient rapidement nous voir, il nous emmène à une table, un homme et une femme sont déjà là. Ils s'élèvent pour nous serrer la main et Mero me tire ma chaise. Un serveur nous apporte le menu, je sens que ça va être un dîner ennuyant durant lequel je vais devoir faire semblant de ne pas être ennuyé.

Pendant qu'on dîne, on parle des affaires, c'est étonnant de voir la femme du député Arthur Durand ne rien dire, elle n'a pas l'air d'être dans tout ça.

« - Les supérieurs veulent savoir comment un si jeune homme peut arriver à faire tout ça.

- Qu'est-ce que vous entendez par tout ça, Arthur Durand ? Lui demande Mero.

- Vos affaires bien évidemment. Les trafics d'armes, de munitions, d'alcool. Tout ça, sans que les autorités ne le sentent.

- Je suis un simple héritier qui s'occupe de quelques petites entreprises. L'hôtel, le transport...

- Nous savons tout ce que vous faites. Nous n'arrivons juste pas à le prouver. Et c'est ça qui est fascinant. On veut vous donner l'occasion de ne rien faire illégalement, et de travailler avec nous.

- Vous choisissez très bien vos mots. Dit Mero avec un sourire. Ne rien faire illégalement, à vos yeux. Travailler avec vous, et non pas pour vous.

- Je ne cache rien derrière mes phrases, croyez-moi.

- Je ne crois à personne. Je ne travaille pour personne. Je ne fais rien d'illégal. Je m'occupe d'un hôtel, de quelques bars, de mes entreprises de transport, et c'est tout.

- Très bien. Et si, vous faisiez en sorte de travailler avec nous, je parle pour les entreprises de transport. Vous serez notre transporteur officiel.

- Je transporterai quoi ?

- Ce que vous avez l'habitude de transporter. Les armes, les munitions.

- Je vois. La guerre vous arrange, n'est-ce pas ?

- La guerre nous arrange vous autant que moi. Si les pays arrêtent la guerre, avec quoi vous allez vivre ? Si dans le Moyen-Orient il n'y a plus de guerre, à qui vous allez vendre vos armes et vos munitions ? On travaille ensemble, et vous avez un laisser passer partout.

- Je vais y réfléchir.

- Je vais vous aider à réfléchir. »

C'est si horrible. Ils continuent de discuter, Arthur Durand me demande mon avis, ils savent vraiment tout, ils savent que je peux influencer leurs choix, et ils s'assurent que je suis de son côté. Mais je ne veux pas donner mon avis clairement à ce sujet, Mero en sait plus que moi. Le dîner se passe tranquillement, je m'excuse et je me lève pour aller aux toilettes, l'épouse d'Arthur Durand me suit également, je rentre dans une des cabines, elle, elle refait son maquillage. Quand je ressors, je remarque qu'elle se regarde longuement dans la glace.

« - Vous vous sentez bien ? Demandais-je en me lavant les mains.

- Oui... Vous avez l'air d'être amoureux, vous et votre mari. Je fais un petit sourire. Vous en êtes sûr ?

- Pardon ? Je perds mon sourire.

- Depuis que je suis mariée avec Arthur, j'ai compris que l'amour n'existe pas. On s'aimait, puis il a préféré ses affaires à moi.

- Je ne suis pas sûr de comprendre.

- Il va vous montrer son amour, puis ça va se transformer en un cauchemar. Il va toujours faire passer ses affaires avant vous, il va vous tromper, et vous, vous allez continuer de rester avec lui, parce que vous ne savez pas quoi faire à part être sa femme. Puis il va vous maltraiter, et vous la fermerez, parce que vous êtes perdu sans lui.

- Non. Même s'il me trompe, ou qu'il me maltraite, ou même qu'il ne m'aime plus, je ne resterai pas. En tant que femme, je préfère assumer la vie, plutôt que d'être un objet. Ce n'est pas l'homme qui me guide, mais moi, mon instinct de femme. »

Elle ne me répond pas, je me sèche les mains et je sors des toilettes. Je n'aime pas les femmes qui réfléchissent de cette manière, parce que ma vie ne dépend de personne sauf de moi-même. Je me suis déjà retrouvée seule, sans Mero, et je sais que je peux refaire ma vie. Je m'assois avec eux, elle nous rejoint aussi et je rejoins leur discussion.

On sort du restaurant, Mero me regarde longuement pendant que j'ai le regard perdu dans le vide. Il ne dit rien, on attend que le valet vienne, on monte ensuite dans la voiture et il soupire un long coup en démarrant. Il desserre sa cravate pour finalement la retirer et la balancer à l'arrière.

« - Il y a un problème, Maria ? Tu es très calme.

- Je suis juste un peu fatiguée, j'ai couru dans tous les sens avant le dîner.

- Oui, mais c'était pour la bonne cause. Je lui fais un sourire.

- Et toi ? Tu n'es pas sûr de travailler avec eux ?

- Non, j'en suis sûr. Je ne veux juste pas leur dire oui directement, comme si je n'attendais que ça. Il faut qu'ils comprennent que sans eux je peux faire tout ce que je veux aussi.

- Je vois. Ça veut dire qu'il va falloir doubler, voir tripler la sécurité de nos échanges.

- Exactement. Heureusement que tu n'es pas comme sa femme, elle n'a pas du tout participé, elle était comme...

- Un objet. Je finis sa phrase. Elle est à ses côtés par habitude, pas par amour.

- Ah... Et vous en avez discuté au toilette ?

- Oui. Elle n'est pas vraiment heureuse, elle pense que je vais vivre la même chose qu'elle.

- Elle est complètement folle. Tu ne vas pas arrêter de m'aimer.

- Peut-être qu'elle a raison.

- Quoi ?! Il me regarde et je rigole.

- C'est une blague. Bien sûr que je vais continuer de t'aimer, et ça, jusqu'à mon dernier souffle. À moins que tu en aies marre de moi.

- Jamais. Il essaye de garder un œil sur la route et moi en même temps. Je t'aime tellement. »

Je le regarde tendrement, ça me fait plaisir d'avoir ce genre de moment avec lui. Aux yeux des autres, ce n'est qu'une discussion, à mes yeux, c'est tout l'or du monde. Je l'aime vraiment énormément. Chaque moment avec lui est un moment de pur plaisir.

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