Chapitre 1

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Le vieux réveil posé sur la pile de livres qui faisait d'office de table de nuit sonna 7 heure dans des "beep-beep" stridents. Safir grogna et commença à gigoter sous sa couette, tâtonnant l'appareil pour trouver le bouton qui mettrait fin à l'horrible sonnerie. Il finit par le débrancher pour mettre un terme à ce tintamarre insupportable. Il bailla tout en s'étirant et quitta le matelas posé à même le sol. Il avait emménagé dans ce petit appartement en début de semaine et, entre toute la paperasse pour le propriétaire ou le banquier et les aller-retour entre son ancien appartement et le nouveau, il n'avait pas encore eu le temps de terminer son rangement ou de commencer à monter le lit d'occasion qu'il avait acheté. Ni aucun autre meuble d'ailleurs. Il appuya sur l'interrupteur pour s'éclairer, mais rien ne se passa. Safir se fit la remarque qu'il devrait penser à acheter une nouvelle ampoule et n'eut pas d'autre choix que de se rendre à la cuisine dans le noir. Au passage, il se cogna l'orteil dans un grand carton plat qui devait contenir sa future penderie qui se trouvait dans le couloir. Il sautilla en jurant, mit en marche sa cafetière et, pendant que le précieux breuvage commençait à couler, la délicieuse odeur de café frais se répandant dans l'appartement, Safir ouvrit les volets pour éviter de se cogner à nouveau l'orteil dans quelque chose. 

La lumière des rayons du soleil intensifiait l'austérité du petit T1 qui lui servait de domicile. Une pièce principale qui servait de chambre et de salon. Peu meublé, il n'y avait qu'une vieille table basse sur laquelle trônait une petite télévision, une antiquité qui ne le quittait plus depuis le lycée, une petite table ronde qui aurait plus sa place dans un jardin avec deux chaises assorties et un bureau avec fauteuil en cuir, les seules choses neuves et de de valeur avec son ordinateur portable qu'il possédait. Un peu partout des cartons vides ou à vider remplissait la pièce dans un capharnaüm qui ne lui ressemblait pas car il avait toujours été quelqu'un de très organisé, voire maniaque. Mais il était fauché, il n'a pas pu se permettre d'avoir recours à des déménageurs et il ne voulait pas déranger Chem, son meilleur (et unique) ami, pendant ses vacances d'été. La kitchenette ne valait pas mieux, mais au moins elle était équipée et avait été remise à neuf : deux plaques de cuisson, un four électrique, sa précieuse cafetière, une bouilloire, un micro-onde, un petit frigo et un lavabo. Une légère sonnerie l'informa que son café était prêt. Il ouvrit un placard d'où il en sortit un mug et se versa du café brûlant. Il le buvait toujours noir avec un seul carré de sucre. Un vrai coup de fouet en bouche, rien de mieux pour se réveiller.

Une fois son café avalé, il alla dans sa petite salle de bain et commença à faire couler l'eau chaude dans sa baignoire qui faisait également douche. L'eau mettait toujours un peu de temps pour chauffer, donc il en profita pour se raser avant de se déshabiller et entra dans la baignoire. L'eau brûlante lui fit un bien fou. Il adorait la sensation de l'eau sur sa peau nue, il leva la tête et dirigea son visage directement vers le jet d'eau. Il soupira d'aise. Il attrapa son gel doucha, se savonna et se rinça. Il ferma l'arrivée d'eau et attrapa une serviette moelleuse avec laquelle il se sécha avant de sortir de sa baignoire. Avant de s'habiller, il regarda son reflet dans le miroir. Il était aussi pâle que d'habitude, car il n'était pas le genre de personne à s'exposer au soleil, il préférait rester enfermé dans des bibliothèques, des librairies ou même des musées et des cinémas, mais des lieux en plein air comme des parcs d'attractions, des campings ou, pire, des plages très peu pour lui. Ses yeux verts et intelligents étaient cernés à cause du manque de sommeil. Ses traits anguleux étaient tirés par la fatigue, accentuant la sévérité de son visage. Il attrapa un peigne pour démêler ses cheveux noirs qui lui arrivaient aux épaules. Il devrait peut-être les couper. C'était elle qui aimait les cheveux longs, pas lui. Non, il ne devait pas penser à l'autre, ça lui faisait encore beaucoup trop mal. Il termina de se sécher et noua la serviette autour de sa taille. Comme il n'avait pas de rideau, il préférerait éviter que les habitants de l'appartement en face du sien le voient déambuler chez lui en tenue d'Adam. Il ouvrit les cartons où étaient rangés ses vêtements. Sous-vêtement, chaussettes, chemise blanche à manches coutes, cravate noire et pantalon noir. Sa tenue de travail. Certes, on était encore en vacances d'été et il devait se rendre au collège uniquement pour préparer la rentrée scolaire avec tous les autres qui viendraient en tenue plus décontractée, mais Safir préférait être en tenue de travail dès qu'il devait se rendre sur le lieu de ce dit travail. Il se détendait seulement quand il était chez lui ou quand il était en congé. 

Deux mondes, une même blessureStories to obsess over. Discover now