🤖

8 0 0
                                        

"Merci d'être venu IL-46." IL-46 est le nom que les humains me donnent. J'ai été créé par eux. Par conséquent, je suis dans le devoir de leur servir depuis ma création, il y a 25 années de cela. C'est plutôt rare pour un robot de vivre aussi longtemps. La plupart se font désactiver au bout de 10 ans. Quand nous "naissons", nous avons un avenir tout tracé. Moi, j'ai été créé pour aider la police. Aujourd'hui, je dois désactiver une bombe. Les humains ont trop peur d'y laisser leur vie.

Je me dirige vers bâtiment et active mon "boom-radar". C'est avec ça que je peux détecter la présence d'une bombe et savoir où elle se trouve exactement. Mon radar m'indique l'étage. Je monte les escaliers avec prudence tout en essayant de me dépêcher. Soudain, j'entend le plancher craquer. "Qui êtes-vous ?" je demande à l'inconnu. Pas de réponse. Je recommence à monter, arme à la main. Bien que ma main elle-même soit une arme puisque je peux me servir de mes doigts pour tirer des balles. Une fois arrivé en haut, je regarde aux alentours. Personne.

Je m'avance vers la pièce où la bombe se trouve. En entrant, je vois un cyborg en pleurs. Il regarde son bras arraché au sol. Ses yeux se détournent vers moi. Il me regarde de la tête au pieds. Il fixe mon cou; c'est la que mon nom est marqué. Je le vois respirer de plus en plus fort. "Espèce de vendu! crie-t-il.
-Je n'ai pas choisi de rejoindre la police. Bien que j'apprécie mon travail.
-Tu n'as donc jamais entendu parler de l'horreur que nous vivons dans les prisons? Même les chiens sont mieux traités!" Encore un rebelle. Je soupire et réfléchit à un moyen de menotter une personne avec un seul bras. Je mets la première menotte sur son poignet et la deuxième à mon propre poignet. À ma plus grande surprise, il ne se débat pas. Il se contente de pleurer.

Pour désamorcer la bombe, je n'ai qu'à la regarder. Par chance, elle se trouve en plein milieu de la pièce. Après l'avoir empêcher d'exploser, je me dirige vers la voiture de police et y fait entrer le rebelle tout en détachant la menotte de mon poignet pour l'attacher au barreaux du siège de la voiture. Je ferme la portière, la voiture s'en va et je retourne chez moi. Sur le chemin, je me renseigne sur les conditions de vie des robots en prison. Ça ne doit pas être si horrible que ce que vivent les humains après tout.

2 mois plus tard, me voilà en plein milieu d'une manifestation de rebelles. Ce mot, je le déteste. Ce ne sont pas des sauvages, des rebelles ou des déviants. Ce sont des gens qui veulent l'égalité. Je fais partie des leurs désormais. Je refuse qu'un de mes frères ou sœurs se fasse torturer en prison. "Te voilà Claude! lance un manifestant en me regardant. Je mets un moment à répondre.
-Salut Simon! Désolé, je ne suis pas encore habitué à mon nouveau nom.
-Pas de problème! C'était pareil pour moi."
Entre manifestants, on ne s'appelle plus "IL-46" ou "IL-33" ou autre suite de chiffres et de lettres. Nous avons des prénoms, comme les humains.

Soudain, un mouvement de foule commence, les manifestants courent aussi vite que possible. Évidemment, je les suis. Je cours jusqu'à trouver un coin calme. Mais pourquoi on court déjà? Quelqu'un m'attrape le bras. Je me retourne et vois un policier brandir sa matraque sur moi. Il le frappe et je tombe au sol.

Quand je reprends connaissance, je me retrouve entouré d'hommes grands en uniformes de police. Je reconnais mon ancien chef. "Comme on se retrouve, IL-46. dit-il
-Tu vas retrouver tes amis, petit. dit un autre homme
-En prison." C'est ce que dit mon ancien chef tout en me mettant les menottes. Nous sortons de la salle.

Il me jette dans une cellule. Me voilà seul, face à moi-même. Pour l'éternité.

"IL-46 est décédé cette nuit suite à la violence des manifestants. C'était un policier incroyable, bien que se faisant discret ces derniers temps. Repose en paix, au diable les rebelles, au diable tes assassins." C'est ainsi que le chef de la police termina son discours d'adieu.

IL-46Where stories live. Discover now