Nous mangeons tous ensemble à la cantine, Valentin et Chloé débattent sur des sujets fous, mais je ne les écoute pas. Je te regarde, pendant que tu manges et souris face à leurs propos. La tête penchée sur ton assiette je distingue ton sourire qui creuse tes fossettes entre chaque bouchées.
J'essaie d'être discrète bien sûr, mais tu relève les yeux vers moi qui suis face à toi, et tu croises mon regard que je ne peut détourner. Je sens mes joues devenir rouges écarlates. Cet échange est si puissant, je te sens plonger ton regard dans le mien. Paralysée par la surprise, je ne peut bouger, il n'y a que mon coeur qui s'affole ainsi que cette chaleur qui me prend aux joues.
Tu ne rompt pas ce contact entre nous, moi je me noies dans tes yeux pendant que tu nages dans les miens. Soudainement, tu poses tes couverts, je te regarde faire alors que tu me regarde encore, ne me quittant pas des yeux.
Troublée, je me lève subitement et sors de la cantine. Je manquais cruellement d'air et j'avais besoin de respirer. Délicatement tu pose ta main sur mon épaule tremblante, je me retourne alors et te regarde. Les yeux dans les yeux, le coeur battant, tu caresse ma joue de ta main chaude et accueillante. Je ferme les yeux alors que tu attires mon visage vers le tien.
Soudain mes lèvres s'écrasent contre les tiennes, c'est alors que je suis parcourue d'un petit courant électrique, derrière mes paupières mes yeux s'agitent dans tous les sens pendant qu'un sentiment de bonheur intense s'empare de moi.
Tu poses ta main contre ma hanche, puis je met mes bras autour de ton cou. Je te rend ce baiser passionnel, et lorsque nos lèvres se séparent, c'est comme si le temps qui s'était mystérieusement arrêté, venait de reprendre, comme si de rien était.
Les oiseaux chantent à nouveau, tous ces lycéens reprennent leurs discussions et le vent agite à nouveau les feuilles de ces grands arbres imposants.
Il n'y a que nos coeurs qui ressortent métamorphosés de cette pause à travers l'espace-temps.
On est là immobiles, en face à face.
Tes yeux pétilles et les miens s'illuminent.
Nos amis finissent par nous rejoindre, sans savoir ce qui vient de se passer.
D'un coup nous partons chacun d'un coté, ressentant le besoin d'assimiler tout ça.
Assise en boule dans les toilettes je fixe le sol en me remémorant ce que j'ai ressenti à ce moment là.
Une voix me sort de mes pensées, c'est Chloé qui vient prendre de mes nouvelles.
Je la laisse entrer dans la cabine. Elle reste comme, figée quelques instants face à moi avant de refermer la porte et s'asseoir à coté de moi.
Elle reste là, sans rien dire, elle attend que je sois prête à lui dire ce qui s'est passé.
Je me tourne vers elle et lui raconte, tout. Tout ce que j'ai ressenti.
Souriante elle prend mes mains et me chuchote à l'oreille.
Elle me prend par la main et m'entraîne vers l'extérieur.
Je me laisse faire jusqu'à ce que je vois Valentin qui te traîne vers moi comme Chloé me traîne vers toi.
Face à toi, je tripote mes bracelets nerveusement.
Nous faisons simultanément un pas vers l'autre, gênés.
Ton regard est doux, pur et tendre et tes joues elles, légèrement rosies par la gêne.
Je ne peux m'empêcher de te contempler sous tous les angles.
A cet instant précis, et même tous les autres instants passés avec toi, je nage dans un sentiment d'euphorie profond.
Entre nous tout est vraiment intense, on se connait depuis peu, pourtant nous sommes si fusionnels.
C'est vrai que certains diraient que tout se passe trop vite, que l'on ne se connait pas assez, mais cette complicité entre nous est si forte !
Ce sentiment de liberté domine sur tout le reste, pour une fois nous sommes simplement nous-mêmes et nous ne cherchons rien, simplement cette chose au fond de nos coeurs qui nous fait du bien. On se sent, libre, apaisé, soutenu, écouté,... Et tellement d'autres choses encore.
Chaque instants avec toi, ont été merveilleux, tous, absolument tous. Emportés par les rires et les sentiments. Ces rires d'amour qui hurlent et brûlent.
