Kivie Woods

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Je soupirai, passant mes cheveux châtains derrière mon oreille, tournant en même temps mon stylo entre mes doigts. Je fixais mon cahier vierge. Je souffrais du syndrome de la page blanche, ne trouvant pas d'idées pour créer un univers sombre et malaisant comme je savais si bien le faire en temps normal. L'odeur des collations et des viennoiseries m'arrivait aux narines, m'impatientant de recevoir mon chocolat chaud. Mon pied battait sous la table l'air d'une musique que j'avais entendu dans la matinée, mais dont je ne me souvenais pas du nom. Mes yeux bleus fixaient les alentours, cherchant de l'inspiration chez les personnes présentes dans le café.

Ma tête se tourna vers la fenêtre, fixant les travailleurs de la haute société se pressant pour se rendre dans leur bureau et de s'y enfermer pour le reste de la journée. Ces êtres insignifiants habillés de noir me faisaient penser à des fourmis se rendant à la fourmilière. Je souriais à la vue de ce spectacle habituel imaginant de nombreux scénarios des plus malsains.

En parallèle de mes études j'étais une petite écrivaine horrifique qui plaisait aux jeunes grâce à mon style gore et réaliste. Après tout, j'avais toujours détesté la société et le monde dans lesquels je vivais, écrire des histoires de meurtre et de torture me faisait échapper à cette triste réalité qui me répugnait. Parfois, je me demandais si la solitude ne me faisait pas délirer, mais je relativisais, me disant que je ne devais être la seule à penser de la sorte.

Je rigolai nerveusement, me disant que je ressemblais fortement à l'héroïne clichée d'un roman triste. Une jeune fille seule et détestée par le monde qui veut mettre fin à ses jours mais qui trouve l'amour. Tout était vrai pour moi sauf que je ne souhaitais pas mourir et que l'amour n'avais jamais daigné venir à moi.

Soudain, je me retournai, sentant un regard insistant sur moi. Je me retrouvais face à face avec une serveuse me dévisageant comme si elle me prenait pour une dégantée ou encore une handicapée. Je me pressai pour retirer mon bazars de la petite table de bois ronde et elle y posa ma commande me disant d'un ton sec : « Je vous apporte l'addition. »

Je griffonnai quelques phrases dans mon cahier, pensant que cette femme à la teinture blonde et aux lèvres refaites ne pensait qu'à recevoir de l'argent pour changer une nouvelle fois une partie de son corps. Cette pensée me donna pitié d'elle, quand on a recours à la chirurgie esthétique, c'est qu'on ne s'assume pas et cela est pour moi un acte idiot. Cependant, certaines personnes souffrent de leurs complexes, elles, je les comprend. Enfin, quand on est déjà belle et parfaite, je ne vois pas pourquoi on irait changer pour y être encore plus, surtout si ça enlaidie.

C'est quand la serveuse posa nonchalamment le petit papier indiquant le prix que je sorti de mes rêveries. Nous étions samedi et je ne savais pas quoi faire de mon après-midi, surtout avec cette page blanche qui me suivait depuis un certain temps. Je me rappelai soudainement que j'avais une réunion familiale en fin de journée pour fêter un anniversaire. Je ne comprendrai jamais ce qui pousse, à part les cadeaux, les gens à fêter ce jour qui indique simplement que l'on se rapproche de la mort. Je pense qu'il s'agit d'une façon de compter ses jours en se cachant la réalité.

Je me rendis compte de ma divagation et décidai d'entamer ma collation avant que celle-ci refroidisse. Mon portable vibra au moment où la chaleur de la boisson titilla mes lèvres. Je sorti donc le concerné, me rendant compte que mon père venait de me laisser un message : « Ne rentre pas trop tard, nous partons tôt pour arriver chez grand-mère vers quatre heures. ».

Je lui répondis un bref « ok », me sentant offensé par ce manque de confiance, comme si à ses yeux je n'étais qu'une gamine sans intelligence. Je ne m'entendais pas réellement bien avec ma famille, me faisant souvent critiquée à cause de mes façon morbides de penser, mais aussi sur tout le reste. Je possédais un frère plus jeune qui était la réussite de la famille, enfin selon eux, pour moi, il était plutôt un salop qui ne pensait qu'à sa paume. Après tout, on choisi ses amis mais pas sa famille, sauf que moi, je ne voulais aucun des deux, ma vie de solitaire me suffisait, enfin je le croyais.

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⏰ Son güncelleme: Mar 27, 2020 ⏰

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