Un baillement sonore se faisait entendre dans la pièce, certains étudiants se retournaient par automatisme, curieux du bruit, d'autre d'un regard méprisant, semblant prendre en cible la source de ce bruit, sûrement dérangé dans leurs lectures. Pourtant le jeune homme coupable de ce crime fit mine de ne voir personne, et continua d'observer distraitement toute cette paperasse sur sa table. Des feuilles volantes étaient dispersés un peu partout, l'écriture était moyenne et grotesque, mais pas moche pour autant ni illisible.
Il semblait s'ennuyer profondément, comme arraché de la flamme de la motivation, et tentait encore maintenant de s'y acrocher de toute ses forces. Plusieurs fois par minute, il passait ses doigts dans sa chevelure blonde, soupirant en fermant les yeux, puis relisait encore et encore ses notes. De temps en temps, on pouvait l'apercevoir froncer les sourcils, d'une moue interrogative et largué, il tentait vainement de comprendre avant de vite passer à autre chose, puis d'y revenir jusqu'à ce qu'il abandonne ou réussisse.
Il avait le teint pâle, il semblait très fatigué et son rêve le plus cher était de quitter cette bibliothèque pour enfin rejoindre son chez lui et dormir sans interruption jusqu'au lendemain. Lorsque la rêverie était trop forte, il tournait la tête vers une des fenêtres proches et observait les nuages blancs, mordillant le bout de son stylo. Puis comme une claque mentale, il détournait subitement sa tête vers l'objet de sa concentration et reprenait son travail.
Deux longues heures passèrent ainsi, dans un calme et un silence profond, tourmenté tantôt par le bruit d'une page de livre qui se tourne, d'un crayon qui écrivait, d'un objet qui tombait, généralement des règles et des stylos, où encore le bruit d'un clavier d'ordinateur. Notre jeune protagoniste paraissait enfin soulagé d'avoir terminé ses études et rangea ses affaires dans son grand sac noir à la lanière trop longue, il se leva de sa place et se déplaca d'un geste confiant mais rapide vers la porte de sortie.
De loin, on pourrait penser à un jeune artiste vagabon, mais sa façon de marcher, faisait plus penser à un homme partant donner son C.V à plusieurs jobs du coin. Ses mains étaient fermement accroché à la lanière de son sac, ses yeux bleus scrutait sans réel attention les objets ou les gens qu'il pouvait vaguement apercevoir tant il marchait vite. Ses cheveux se balançait régulièrement derrière son dos, il s'arrêtait à la hauteur de ses épaules, on pouvait donc déduire qu'ils étaient mi-longs, ses vêtements étaient rien de plus banale, un vulgaire pantalon gris et un sweat deux fois trop grand pour lui, on aurait dit qu'il était pressé, alors inconsciemment, certaines personnes se mettait sur le côté pour éviter un choc.
Rapidement, il déboula sur le trottoir en face de l'université et s'arrêta un instant avant de reprendre sa route vers le métro, ses pas étaient vifs, sa posture droite, presque arrogante, pourtant son style était totalement en désaccord avec son image, était-il né dans une famille riche, étant têtu et borné comme dans les romans, il n'agissait qu'à sa guise ? Ou bien avait-il rejoint un camp ou un internat qui lui avait appris les bonnes manières ? C'était des questions idiotes que les personnes posaient en croisant sa route, inévitablement attiré par sa prestance, pourtant il n'était pas particulièrement beau, ni moche d'ailleurs, disons plutôt qu'il était agréable à regarder. Enfaite, c'était sûrement ses yeux bleus qui attirait les regards des gens sur sa personne, ses yeux aussi tranchant que l'air, aussi coupant qu'une lame, et pourtant aussi tendre que des marshmallow, et aussi doux que des agneaux. Ça ne devait être que ça ! Les gens sont très curieux de nos jours, peu habitué à des choses contradictoires ou paradoxes, pourtant notre jeune homme lui même semblait une grande intrigue, seulement, une fois qu'il sort des champs de vision, il disparaissait de la mémoire comme un mirage. Beau, mais pas trop, intriguant et curieux mais pas trop, c'était un subtile mélange, dont l'odeur attirait certains.
C'était tout à fait compréhensible donc, pourtant, si on regardait de très près, vraiment très près, nous observons des muscles tendus et des cernes discrètement caché sous des couches de fond de teint. Puis pourquoi ses yeux paraissait rouge et même bouffi ? Avait-il pleuré ? Fumé un joint ? Tant de questions sans réponses.
Oui, beaucoup trop de questions sans réponses..
KAMU SEDANG MEMBACA
Le regard bleu
RomansaDu bleu clair, du bleu ciel, du bleu royale, du bleu nuit, une nuance infini de bleu dans le monde entier, mais le plus beau bleu jamais vu par Ferry est bien le regard torturé d'un jeune homme qui se trouve potentiellement aussi son colocataire. Ma...
