1) La chute

10 0 0
                                        

I.La découverte
     Lors de ma chute, je n'eu le temps que de contempler le visage de mon assaillant, enfin, l'ombre de ce visage camouflé sous une épaisse capuche. Seuls ses cheveux de fer en dépassaient. Cette personne m'a poussée de la falaise, elle voulait me tuer. En quelques fractions de secondes, j'ai réussi à me retourner et agripper la parois de calcaire avec ma lame crochue, amovible selon mon bon vouloir. Ici cette option qui avait radicalement augmenté le prix de cette arme s'est avérée bien utile et a ralenti considérablement ma chute. J'ai atterri violemment sur le sol mais je n'étais pas blessée et m'en suis tirée avec de gros hématomes sur la fesse droite, les côtes et l'épaule droite. Ma tête a heurté le sol et était aussi amochée. Je décrocha ma lame de la falaise et leva mes yeux pour voir de combien de mètres j'étais tombée et au combien mon arme m'avait été utile : 50 mètres de chute et 20 amortis par la lame environs. 
Heureusement que je l'avais.
J'étais persuadée que cette attaque venait de quelqu'un de mon peuple, en se référant aux cheveux gris étincelants qui sortaient de l'habit du criminel. 
Qui était-il ? Pourquoi me tuer ?Pourquoi maintenant ?
Mon esprit embrouillé par ces questions mais aussi par la descente d'adrénaline commençait à réellement bouillonner et mon crâne encore sonné me faisait vraiment mal.
     Je comprend bien qu'il faut que je parte, je ne suis pas en lieux sûrs, toute fois je me devais d'aller voir mes parents et de prendre quelques affaires avant de partir. La falaise constituait une sorte de jetée au bout de mon village, mais inaccessible visuellement car plus haute géologiquement et après la grande forêt de pins et de cèdres. C'était l'endroit parfait pour commettre un meurtre. Simplement, comment remonter ? J'ai eu beaucoup de chance déjà de survivre à cette chute, d'atterrir sur quelque chose et que la mer soit à peu près calme. Il doit être à peu près 18 heures et le soleil entame la dernière partie de sa course. La mer va monter dans peu de temps et il faut que je déguerpisse rapidement si je ne veux pas mourir de froid ou noyée de fatigue. Ma lame était déjà bien ébréchée à cause de cette chute colossale, et il ne m'est pas possible de grimper 50 mètres de falaise après ça. Ce qu'il me faut concrètement, c'est de l'aide. Et je ne peux contacter personne. Ce n'est pas non plus le jour ni l'heure de retour des pêcheurs. Je suis bloquée ici, il aurait peut-être mieux valu que je m'écrase au lieu d'attendre une mort lente et consciente.
Que faire ? Que faire ? Que faire ! 
Je sens bien que je m'énerve et que ma réflexion devient assez floue et inutile, je prend donc la décision assez inattendue de m'assoir et de regarder au loin, en cherchant plus calmement une solution et en écrivant à l'aide d'une brindille sur le sable tous les éléments pouvants être utiles dans ma survie. Ne trouvant rien, je me met à marcher pour voir si rien ne peut m'aider dans les alentours. J'attache alors mes longs cheveux en un amas informe sur ma tête, saisi mon arme et pars le long de la mince langue de sable gris. Une chose est sûre, le paysage est magnifique avec ce début de couché de soleil sur les vagues, dommage que ce soit dans une situation pareille.

     En marchant, j'aperçois une sorte de cordage de pêche. Je me précipite alors vers cet objet de peu de valeur mais qui signifie peut-être la survie, en espérant trouver autre chose à proximité comme une vieille chaloupe. Il se trouve que ce filet était à moitié sorti de l'eau, mais au mouvement des vaguelettes on pouvait bien comprendre qu'il y avait un trou d'eau au dessous de la falaise de calcaire : une grotte sous-marine ? Ce serait déjà une sorte d'abris de fortune au cas ou, enfin, seulement si elle est assez-haute pour me faire échapper à la marrée. Je décide alors d'aller voir, tant que je pouvais encore remonter sans trop de danger à la surface. Je me suis alors déshabillée pour ne pas avoir de vêtement mouillé et attraper froid. Bien qu'on ne soit pas loin de mon village, pour l'instant il est question de combattre la mort, et d'y retourner ensuite. Mon corps tout entier est passé sans encombre dans le trou béant finalement de la falaise et il n'a pas fallu une minute pour ressortir de l'autre côté et trouver une grotte gigantesque, bien assez grande pour m'abriter si besoin. C'était même un lieu stratégique de découvert : une planque. L'eau était froide, très froide. Mes lèvres bleues avait goût de sel, et je commençait à les humecter frénétiquement pour combattre, de façon totalement vaine, leur sécheresse à venir. Ma peau avait revêtu sa parure de frissons et mes cheveux flottaient librement dans l'eau cristalline de la grotte qui à son entrée freinait considérablement la houle. Il y faisait frais mais il n'y avait pas de vent. Je pourrai être à l'abri la dedans. J'entreprend une brève exploration de la grotte, il faut vérifier que je suis seule et pourquoi pas, trouver quelques vestiges. Une sorte de marche naturelle m'a permis de sortir de l'eau sans trop de mal, mais ça n'a pas empêché la blessure : un coupure sur le côté de la fesse gauche qui saigne un peu. La grotte était étrangement baignée de lumière : d'ou venait-elle ? Si il y en a c'est qu'il y a une brèche quelque part. Je regarde le « plafond » et les « murs » en marchant doucement sur une immense plaque de pierre toute lisse et parsemée de quelques flaques de sel et d'eau. Des cristaux de sel et des stalactites décoraient la grotte harmonieusement. Mes doigts longeant les parois brutes et coupantes de cet endroit humide, j'en arrive à penser que je suis presque contente que cette chute soit arrivée parce qu'elle m'a permis de découvrir ce lieu magnifique et secret. En continuant vers le fond, j'ai pu trouver une roche qui jure dans le paysage : une sorte de granite noir qui n'avait rien à faire dans une grotte de calcaire et d'autres minéraux géologiquement prédestinés à se trouver là. Je m'avance alors en grelotant vers ce dernier et le prend en main : c'était juste un caillou. De l'autre côté de ce renfoncement, deux petites gravures prenaient place : un losange cranté et un I surmonté d'un losange lui aussi. 
Une lance ?
Il y a donc eu quelqu'un ici. C'est un endroit qui avait été fréquenté. Je pense tout de même que les allées et venues se faisaient rares vu l'état de conservation du lieu et l'érosion des gravures.   
     Je suis rassurée, je peux être en sécurité ici. Je retourne donc à la surface, à l'extérieur. L'eau avait déjà commencé à monter et le crépuscule tendait à faire place à la nuit. Il devait être aux alentours de 19 heures. Je sors de ma besace mon cuir de bérette (une sorte de vache) et emballe mes sous vêtement et écharpe dedans : tout ne pouvait pas être sauvé de l'eau. Je noue les manches et ferme approximativement la veste pour que les vêtements soient le moins possible en contact avec l'eau. J'efface les traces sur le sable, jette un dernier regard autour de moi et plonge à nouveau dans la grotte avec mes affaires. Une fois à l'intérieur j'ai en priorité sorti Jura (mon arme) et le cuir. Le reste arrive vite après. Je sors de l'eau, essore mes cheveux et me secoue pour enlever le maximum d'eau de mon corps. Je déplie mon cuir : les sous-vêtement sont secs, l'écharpe avait pris un peu l'eau mais rien de grave. Je cherche immédiatement un endroit sec pour faire sécher mes vêtement, essorés au préalable. Une fois chose faite, j'essuie ma lame émoussée, la replie et la range dans ma besace sèche elle aussi, car en cuir de bérette également. Je n'avais que quelques baies d'ortache dans ma besace, ce qui constitue un maigre repas. Je me dois surtout de les conserver le temps que je pourrai tenir.
Il me reste quoi en eau ?
Je saisis alors ma gourde : elle était pleine aux trois quarts. C'est déjà ça. Les seuls gestes de base de survie possibles ont été accomplis, je me dois d'attendre jusqu'à demain, pour tenter de dormir et reprendre quelques forces. Normalement, demain c'est le retour des pêcheurs, je m'arrangerai donc pour être sur le banc de sable et qu'ils me récupèrent. Cependant, je ne crois pas qu'il soit bon qu'ils sachent comment j'ai atterri là, je prétexterai l'accident. Cette enquête, je vais l'entamer moi-même et en parler avec des gens en qui j'ai une totale confiance.

II.La remontée
     La nuit a été courte, je n'ai eu de cesse de réfléchir à cette histoire mais aussi à quelle position emprunté pour avoir un minimum de confort et aucune ne fonctionnait plus de 45 minutes je pense... Je sens la peau de mon visage qui tire et quelques petits invités acneïques pointer le bout de leur nez : la fatigue est bel et bien là. Mon corps est tuméfié de bleus et alourdi par le manque de sommeil et de nourriture. Je décide de boire un petit coup et de manger une baie, et ça fait quand même du bien de pouvoir avaler quelque chose. Je m'assois et recommence à réfléchir sur les fameux signes trouvés au fond de la grotte et ce mystérieux caillou qui n'a rien à faire ici. Mon haut sec baillant un peu, je décide de me réchauffer en remettant mon pantalon et mes guêtres de cuir ainsi que ma veste. J'ai déjà vu ces signes, mais où ? Et cette roche, rien ne m'empêche de la ramener avec moi pour en apprendre plus à son propos, elle me semble... Rare malgré son apparence quelque peu rustique.
     Je ne sais pas quelle heure il est, mais si lorsque je suis allée dormir dans la grotte il était peut-être 20 heures, j'ai du m'endormir vers 22 ou même 23 heures... N'ayant pas énormément dormi mais étant physiquement très fatiguée j'ai du me poser au moins pendant 6 heures... Tablons sur 7. Il doit être alors entre 6 et 8 heures du matin et les pêcheurs rentrent vers 15 heures. C'est encore long, et je ne sais pas si c'est une bonne idée de retourner à la surface, surtout que je ne sais pas quel temps il fait dehors et que ça implique que je trempe à nouveau mes affaires et vu mon état de fatigue, ce n'est pas une bonne idée. Si je dois retourner dehors, je dois être sûre que le déplacement en vaux la peine et donc, sortir environ au moment ou les bateaux longent la côte. Il vaut mieux essayer de se reposer encore et surtout d'élaborer un plan pour la suite. Les pêcheurs reviennent, et si tout va bien, me ramènent au village. Je retrouve en priorité mes parents pour qu'ils sachent que j'existe encore, mais, je dois cependant rester discrète : on a essayé de me tuer. Il faudra aussi que je prépare de quoi partir. Avant ça, je devrais absolument passer à la bibliothèque pour chercher ces signes et commencer des recherches sur cette roche. Je parlerai également à Sara et Arel, pour qu'ils comprennent qu'ils doivent faire attention et surtout qu'ils sachent que je pars. Les provisions seront aussi quelque... chose que je vais... devoir... prépa... 

Ah ! 
Je me suis endormie..! C'est un bon point pour le corps mais quelle heure il est !? Ai-je râté les pêcheurs ? Est-ce qu'il est trop tôt ? je ne peux faire aucune estimation..! Je n'ai pas le choix que d'aller dehors, ce serait trop bête de louper les pêcheurs et si il le faut je retournerai dans la grotte encore quelques jours... Mais je m'en passerais bien. Je rassemble mes affaires, noue à nouveau  le maximum de chose dans ma veste mais porte sous-vêtement et haut, la pudeur m'y oblige si les pêcheurs sont effectivement là. Je me saisi de mes lames et de la roche et plonge dans l'eau pour ressortir dehors. Chose faite, je regarde partout autour de moi et le soileil est au crépuscule. Je ne vois personne à priori, ça ne sent pas bon.

- " He attendez ! Y a quelqu'un dans l'eau !"

Entendant la voix de cet homme, sans même voir de qui il s'agissait, je me met immédiatement à hurler.

- " Aidez-moi ! Ne partez pas sans moi !"

- "C'est une fille ! venez m'aider à la repêcher, aller quelqu'un redescend avec moi. Ca va on est pas remontés bien haut."

Merci seigneur, je suis saine et sauve. Je m'approche du bord, sors mes affaires mais peine à me trainer sur le rivage. 3 pêcheurs m'attrapent, m'extirpent hors de l'eau et me posent au sol. Les bras fermes et mains chaudes de ces hommes m'encerclent et me frictionnent pour tenter de me réchauffer. 

- "Ces lèvres sont bleues, elle doit avoir sacrément froid."

- "Ca fait combien de temps que tu es là ? et comment tu as atterri ici jeune fille ?"

Je répond péniblement, ma bouche et toute engourdie par le froid.

- "Je suis tombée hier..."

- "Heureusement que c'est hier que tu es tombée et qu'on t'a vue, mais tu sors d'ou ? On ne t'a pas vue sur le banc de sable ? "

Je ne répond pas, je le pourrais mais je ne veux pas qu'ils sachent qu'il y a une grotte ici. Un des pêcheurs, plus jeune me regarde et semble sceptique. Il regarde un de ces ainés et répond :

- "Laissez là, elle est surement en hypothermie et en intense fatigue. On la ramène en haut."

Merci jeune homme. Il me regarde à nouveau en passant sa tête sous mon bras droit pour m'aider à me lever et marcher.

- "Comment tu t'appelles alors la sirène ?"

- "Eyelle."



--------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Bonjour, bonsoir,

Voici une des histoires que j'écris en ce moment et j'ai le sentiment très agréable que celle-ci m'embarque à chaque fois que je la continue ! Les idées fusent dans ma tête quand aux scénarios possibles et au déroulés finaux !
N'hésitez surtout pas à me faire part de vos impressions, si vous voyez des corrections à apporter, des fautes d'orthographe (personne n'est parfait..!) ou tout autre chose..! 
Merci de votre lecture, on se revoit au prochain chapitre !

Mado

La fuiteWhere stories live. Discover now