Segment sans titre

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Etre, ou ne pas être, telle est la question.

Est-il plus noble pour l'esprit de souffrir les coups et les flèches d'une injurieuse fortune, ou de prendre les armes contre une mer de tourments, et en les affrontant, y mettre fin?

Mourir, dormir, rien de plus, et par un sommeil dire "Nous mettons fin aux souffrances du coeur, et aux milles chocs naturels dont hérite la chair" c'est une dissolution ardemment désirable.

Mourir, dormir, dormir, rêver peut-être, ah! c'est là l'écueil.

Car dans ce sommeil de la mort les rêves qui peuvent surgir, quand nous aurons quitté le tourbillon de vivre, arrêtent notre élan. C'est là la pensée qui donne au malheur une si longue vie.

Car qui voudrait supporter les fouets et la morgue du temps, les outrages de l'oppresseur, la superbe de l'orgueilleux, les affaires de l'amour dédaigné, la lenteur de la loi, l'insolence du pouvoir, et les humiliations que le patient mérite endure les médiocres quand il pourrait lui même s'en rendre quitte d'un coup de dague ?

Qui voudrait porter ces fardeaux, pour grogner et suer sous une vie harassante , si la terreur de quelque chose après la mort, contrée inexplorée dont, la borne franchie, nul voyageur ne revient, ne déroutait la volonté et ne nous faisait supporter les maux que nous avons, plutôt que fuir vers d'autres dont nous ne savons rien?

Ainsi la conscience fait de nous tous des lâches, et ainsi la couleur première de la résolution s'étiole au pâle éclat de la pensée, et les entreprises du grand essor et de conséquence se détournent de leurs cours et perdent le nom d'action.

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⏰ Last updated: Feb 10, 2020 ⏰

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Tyrade de Hamlet, Etre ou ne pas etreStories to obsess over. Discover now