Prologue

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Je tournais en rond comme un lion dans sa cage ne sachant où me donner de la tête. Plusieurs questions me turlipinaient l'esprit malgré les trois bouteilles de bière que je venais de descendre au clairon espérant oublier mes soucis mais ça revenait à la charge emportant avec eux migraine, angoisse, tourment.. .

Ma tête tournoyant cognait de l'intérieur, jamais je ne m'étais autant senti mal dans ma vie. Qui l'eût cru ? Moi Lola, celle à qui il suffisait d'un claquement de doigts pour mettre le monde entier à terre?

Il était évident que j'étais amoureuse, ça sautait à l'œil. Amoureuse d'un homme qui ne correspondait aucunement à mes attentes. Même mes copines n'en revenaient pas de me voir dans cet état pour lui.

Paul était tout le contraire de mon idéal masculin. Il est certes vrai qu'il avait un physique de rêve avec des tablettes de chocolat là où il fallait, un teint chocolat et intelligent comme je les adore mais ce n'est pas tout. Moi tout ce qui me plaisait chez un homme c'était sa poche, sa prestance, ses moyens, ses biens. Belle voiture, beaux habits...

Lui c'était juste un fils à papa sans plus en plus de ça, il y avait des critères qui ne me plaisaient pas en lui. Non seulement il était violent, mais il ne passait pas une heure sans fumer de la cigarette comme un vrai bad boy avec des tatouages partout.

Moi qui ne supportais pas la fumée, je commençais à me plaire en sa compagnie aveuglée par cette masse gazeuse opaque qui m'empêchait de respirer convenablement.

Comment me suis-je retrouvée à ses côtés ? Je ne saurais le dire, tout ce que je sais c'est que j'étais éperdument amoureuse comme jamais je ne l'ai été.

Tout a commencé un soir où je recevais une demande d'amis sur Facebook d'un certain Kevin Yindoula dont le nom me disait vaguement quelque chose mais sans trop chercher à savoir, je validais comme par enchantement. À croire que j'étais très regardante sur ce point et avais cette manie de choisir méticuleusement mes amis virtuels.

Sur le coup, je regrettais mon acte mais ne pouvant plus faire marche en arrière par politesse surtout, je me ravisais et le laissais là comme un simple figurant tout en ignorant les messages inbox qu'il m'adressait dans l'espoir de le voir partir de ma liste d'amis. Rien n'y fit !

Du mois de février où je l'ignorais, on a commencé à dialoguer en octobre. Un soir je recevais l'appel d'un vieil ami Alex qui me demandait la permission de passer mon numéro à un ami à lui qui était fou amoureux de moi. C'est fou ce que ça procure un bien immense à une femme de se savoir aimée par les hommes.

Je sortais d'une relation tumultueuse qui avait failli me coûter la vie, m'engager dans une autre relation était hors de question mais j'acceptais de bonne grâce, juste pour faire plaisir à Alex qui a toujours été loyal vis à vis de moi.

Deux jours plus tard, je recevais un message par WhatsApp d'un numéro inconnu qui, sans se présenter, est allé droit au but comme si on avait élevé les moutons ensemble. J'étais loin de m'imaginer que c'était lui vu que son profil n'avait pas de photo et je bottais tout simplement en touche comme la kyrielle de messages inconnus qui trônait dans mon WhatsApp. 

Le lendemain, le même numéro revenait à la charge mais cette fois-ci il avec une bonne dose de manière, de quoi faire comprendre à quelqu'un qu'il n'était pas n'importe qui. Je m'étais sentie reine en l'espace d'un temps puis me décidais de lui rendre la politesse.

Kevin Yindoula était très comique, un atout que les hommes de mon genre n'avait pas. Chez eux, tout se résumait à l'argent et ils avaient cette manie de chosifier la femme à leur guise. En deux semaines de conversation, Kevin m'a fait découvrir l'autre côté de moi que j'ignorais complètement : le sens de l'humour accru. Tout était tellement bien, de nos fous rires à nos taquineries si bien que je n'avais rien d'autre à faire que de laisser libre cour à mes sentiments.

Qui aurait cru qu'il allait faire battre mon cœur à n'en point rompre ? À présent, je souffrais seule en silence juste pour une bêtise que j'aurais pu éviter. La vie n'était pas simple avec moi, c'était toujours au prix de mille efforts que j'arrivais à obtenir quelque chose alors que chez les autres c'était comme une lettre à la poste.

J'étais là debout sans savoir quoi faire ni qui appeler ? Toutes mes copines m'avaient averti concernant la tournure que cela prendra le jour où les gens nous verront ensemble. Le jour où sa famille trop aristocrate saura quel genre de fille est en train de traîner avec leur fils. L'amour m'avait aveuglé, je croyais en sa force, je pensais que notre amour triompherait malgré les dires des gens, c'était mal connaître l'amour.

L'amour est un sentiment très lâche, qui ne se bat pas et préfère se mettre en retrait à chaque fois qu'un combat se pointe. Les mots de Kevin me revenait à chaque fois : Monsieur mon père m'a mis en garde contre toi, je ne peux pas lutter contre lui cela reviendrait à accepter la souffrance voire même la mort car si ce dernier me ferme les vannes, je suis cuit.

Pourquoi j'avais accepté de l'accompagner à cette putain de soirée ? Qu'est-ce qui m'avait pris ?

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⏰ Last updated: Feb 05, 2020 ⏰

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