Il quitta la table, sa tasse à la main. Avec douceur, il la posa dans l'évier, si bien que la céramique tinta a peine sur l'inox. Il enfila son manteau, enjamba son chat et referma la porte derrière lui. 10 h durant, le chat observa le monde qui était le sien. Au bout que quelques siestes, le cliquetis familier anima à nouveau la serrure. Pénétrant dans son loft, son maître le trouva assis dans l'entrée comme s'il n'en avait jamais bougé. Peut être était ce le cas.
Il balança sans ménagement son manteau et sa valise sur la table, il s'affala sur le canapé, faisant grincer le cuir fait main. Jamais le chat n'y avait touché, miracle. Il resta dans cette position quelques minutes. Puis il se redressa pour s'asseoir et tira la table basse vers lui. Il tira un tiroir de sous la table et enfila ses long doigts fins au fond où il fit sauté le verrou dissimulé et sortir le tabac, les feuille et son petit paquet vers. Le chat monta sur ses genoux. Il aimait la fumée, les vices sont animaux.
Tous deux se prélassèrent puis l'homme, dont l'esprit revenait peu à peu dans son enveloppe corporelle, se remit sur ses pieds. Il délassa ses chaussures libérant des orteils étouffés dans la laine. Il versa quelques croquettes dans le bol du chat, qui restait engourdi sur le canapé, puis ramassa ses affaires. Méticuleusement il rangea son manteau, sa chemise, sa table de salon et sortis le balais et passa brièvement dans les quartiers du chat c'est à dire la pièce à vivre contenant un salon et un espace faisant office de salle à manger. Au fond de la pièce, il y avait un bar derrière lequel une cuisine américaine habillait le mur. Il passa aussi rapidement les gogues et sa chambre auxquels le chat n'avait pas accès et il rangea son instrument.
Par la suite il se fit à manger et dina devant des infos qu'il ne regardait pas. Papouiller le chat était sa seule attache au monde, il laissait son esprit vagabonder au gré de ses pensées loufoques, drôles, triste, nostalgique, fantasmiques. La pub coupant le film du soir en deux, à moin que ce ne soit un télécrochet, lui fit perdre le fil. Elle émettait un son plus fort que l'émission pour être sur qu'il soit attentif lorsqu'elle essayait de lui vendre des serviettes hygiéniques. Cela l'agaçait. Le chat du le sentir vus qu'il cessa ses fréquences basses, ouvrit un oeil, l'orange, lécha la main de son maître puis clos sa paupières pour reprendre ses ronrons apaisants.
Il prit son assiette pour l'amener à l'évier où il fit la vaisselle. Délaissant le séchoir, gardant l'éponge humide et tiède en main, il alla nettoyer la table. Trois miettes et une tache de sauce. Satisfait de sa journée il éteignit l'écran à led et gagna son lit, laissant le chat seul.
Après une nuit calme et reposante, réitéra sa routine. Bouclant sa gourmette arborant le prénom "Marine" en lettre manuscrites il soupira. Le chat le fixa de ses yeux vairons, semblant comprendre.
_ Elle te manques aussi j'imagine ?
_ Miaou
_ Je sais Monster mais t'inquiète on vas finir par s'y faire, j'imagine.
Le chat se mis à ronronner. Son maître voulut gagner la cuisine pour faire couler son café matinal, mais un détail le fit tiquer. Sur la table, une tache de sauce. Ne l'avait t il pas nettoyée la veille ? Une blague de Monster peut être ? Un coup d'oeil vers le félin se prélassant dans le rayon de soleil matinal lui fit dire le contraire. L'animal n'oserai jamais autant de condescendance s'il avait des choses à se reprocher. Ne sachant trop quoi penser, il fit couler son café et s'empara d'une éponge. Il nettoya à nouveau le bois verni. Peut être hier était il encore un peu défoncé avant d'aller se coucher.
