Ecrit realiste

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Paris

Isidor Duval (Du Val)

C'était un soir d'été, l'obscurité envahissait les rues, je marchais lourdement épuisé par la chaleur écrasante, presque assourdi par le silence, avec pour seule compagnie mon chien Buck.

J'avançais sur le grand boulevard, une cigarette à la main, éclairé par la faible lumière des lampadaires, je la regardai se consumer lentement, laissant s'échapper une fumée semblable à des flots.

Je continuais à errer dans les rues, sans fin, je paraissais comme endormi. Les arbres s'agitaient violemment dans le vent, mais pas un seul courant d'air ne me parvenait, comme si le temps s'était brusquement arrêté.

Quand je suis enfin rentré chez moi, l'immeuble était d'un silence morne, il n'y avait pas de lumière et je failli bien manquer une marche deux ou trois fois. Arrivé sur le seuil de ma porte, je l'ouvris. Il faisait sombre et une odeur âcre se dégageait à travers les fenêtres entrouvertes.

Après avoir allumé quelques bougies pour éclairer la pièce, je me suis servi la seule bière qui restait dans mon frigidaire. Assis sur une vieille chaise, je regardais autour de moi, me demandant si j'avais choisi ou non de vivre de cette façon, ou bien si le destin en avait décidé ainsi.

Je songeais à une autre vie, une vie glorieuse et prestigieuse, celle où je n'aurais à passer mon temps dans cette seule pièce, dans ce seul espace où je semblais vivre pour ne jamais vieillir. Mais tout cela n'était qu'une illusion, qu'un fantasme, c'est une chose que je ne pourrais avoir.

Tout ce vide, me ramena immanquablement à mon passé. Fils d'une lignée de riches nobles, mon père avait pour ambition de me voir suivre ses pas, car la famille est la vraie seule fortune avait-il coutume de dire, mais bien évidemment, il n'avait rien contre les autres richesses. Malheureusement pour moi mon grand-père, Edouard Duval, un ivrogne oisif comme le monde n'en a jamais vu, à fait périclité notre fortune familiale.

Suite à cela, nous avons dû vendre notre si belle demeure, et nous sommes installés dans un petit studio pour lequel mon père avait travaillé sans relâche et réussi enfin à l'obtenir. Depuis son plus jeune âge, mon père fut contraint de vendre pour survivre. Maintenant, de tous les vestiges de la gloire passée de notre famille, il ne restait plus que ce misérable studio.

Mais notre famille n'existe plus, ce n'est plus qu'un souvenir, qu'un grain de sable dans le désert qu'est le monde, qui a été balayé par les ravages du temps. Je suis le seul descendant de cette maudite lignée, cette vieille branche qui attend que sonne son heure, car la vie ne veut pas d'un pauvre malheureux tel que moi.

Parce qu'aujourd'hui seul les forts vivent, les riches meurent vieux, les pauvres prient Dieu. C'est ainsi que la société avance, qu'elle se fonde. Parfois nous en payons le prix et pour les gens comme moi le prix est fort.

Je fus brusquement tiré de ma rêverie par un cri de terreur. A peine eus je le temps de reprendre mes esprits qu'un autre cri retentit dans la nuit. Ce cri me glaça le sang et me paralysa. Je tendis l'oreille pendant ce qui me paru des heures mais qui ne dura plus de 5 minutes.

Quand je réussis finalement à me lever sur mes jambes tremblantes je claudiquai jusqu'à la porte d'entrée. Soudain des silhouettes sombres descendirent en trombe les escaliers et le vent soulevé par le mouvement me fouetta le visage. Je remarquai enfin que deux hommes venaient d'enlever ma voisine et quand je revins de ma surprise et que je me décidai enfin à intervenir il était trop tard; beaucoup trop tard.

(Quelques mois plus tard)

En me réveillant ce matin, je sentis tout de suite que ma journée serait différente des autres. A ce moment, je ne me doutais pas encore à quelle point elle serait mouvementée. Et sans que je sache pourquoi, au moment ou je franchissais la petite cloison qui séparait ma chambre du reste de la maison je repensais à cet enlèvement qui m'a profondément marqué.

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⏰ Última actualización: Dec 23, 2021 ⏰

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