Chapitre 1 :L'intégration

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Plof ! Un œuf est entré directement en collision avec mon dos, je le sens lentement dégouliner sur mon tee-shirt. Un autre arrive dans ma direction, j'essaye d'esquiver mais trop tard : je suis touché à la jambe. Savez-vous combien ça fait mal un œuf ? Demain, des bleues fleuriront sur mon corps. Des deuxième année sont embusqués partout dans le parc, à l'affût de nous, les proies, les premières années. Le but : l'Intégration. Il faut que les nouveaux ressortent le plus sale possible. Les armes ? Absolument tout ce qui pue, colle et salit. En général ils utilisent de l'huile, nous recouvrent ensuite de farine, de paille, de litière pour animaux, mais il y a aussi le ketchup, la mayonnaise et puis surtout : les œufs.

La bataille fait rage dans le parc, moi je suis déjà bien amoché, un œuf dans les cheveux, le dos et puis le mélange classique répandus sur tout mon corps. Même les chaussures y passent, un vrai carnage. Au bout d'un certain moment, ils nous rassemblent tel un troupeau et je vois que mes camarades ne s'en sont pas mieux sorti que moi. Au moins, comme nous sommes habitués à notre « propre » odeur, celle des autres dans le même état ne nous dérange pas.

On nous ordonne de nouvelles règles, il faut maintenant aller dans le lac pour je cite : « chercher les canards »... A mon avis, avec tout le bruit fait précédemment, lesdits canards se seront bien cachés, mais les ordres sont les ordres et nous rentrons tous dans l'eau. Point positif : on peut se rincer un minimum et personne ne se gène pour faire un brin de toilette tout en nous enfonçant dans le lac. Les deuxièmes années crient et gesticulent, mais en s'éloignant un peu, le calme revient.

Des algues me chatouillent les chevilles pendant que je nage à la recherche des canards, ou plutôt d'un coin où se reposer un temps. Au bout de 5 minutes de nage, je trouve un petit coin reculé et je décide de m'arrêter un moment.

Les algues me chatouillent encore. Puis, j'entends que mes camarades reviennent, il est temps de repartir... Je suis presque arrivée à la berge quand je sens que les algues s'enroulent autour de mes chevilles. Je me contente de les tirer pour rejoindre les autres.

Il ne reste plus que 5 personnes dans l'eau, je suis la plus loin du rivage.

Je sens encore les algues serrer mes chevilles et remonter à mes mollets. Cette fois, ce n'est pas normal... Je tente d'accélérer pour rejoindre les autres mais les algues me freinent. Je suis à présent la seule dans l'eau et je tente d'appeler à l'aide les quelques personnes présentes. Je prends une grande inspiration et je crie : « A L'AIDE JE N'ARRIVE PAS A SORTIR ! ».

Enfin, un groupe de quatre mecs se retournent vers moi et ne semblent pas comprendre. Ils se rapprochent de moi mais je comprends à leurs démarche que ce ne sont pas les personnes les plus sobre qu'il soit : ils ne marchent pas droit, il y en a même un qui s'arrête pour vomir près d'un arbre.

Pendant ce temps, Les algues se sont acharnés à s'enrouler jusqu'à ma taille et me tire de plus en plus loin de la terre. Mon souffle se fait irrégulier, mon cœur menace d'exploser et je sens mes larmes couler alors que je crie indéfiniment. Cette fois, je me sens vraiment seule au milieu d'une fête d'intégration, ma vie en péril alors qu'autour de moi il y a au moins une centaine de personnes, mais dont aucune n'est venu à mon secours.

Arrivée au milieu du lac sans mon consentement, les algues finissent leurs travail funeste en m'entraînant vers les profondeurs. J'ai à peine le temps de remplir une dernière fois mes poumons avant d'être totalement immergé dans l'eau froide du lac. La descente semble interminable je ne vois rien. Parfois je sens des poissons me frôler, mais je ne distingue rien. Je veux me donner le plus de chance possible : garder mon air le plus longtemps dans mes poumons afin de peut être trouver un échappatoire. Je relâche de temps en temps de l'air et enfin, je suis au fond du lac. Mais mon calvaire ne s'achève pas là, moi qui pensait mourir noyé par une algue démoniaque, la vase sous mes pieds s'écarte et je me fait littéralement absorbé par la terre. Au fond du lac, je m'enfonce dans la terre au niveau des chevilles, puis des genoux, le ventre puis les épaule et enfin la tête. A ce moment là, par chance je n'ai plus d'air et je perds connaissance, alors que ma tête se recouvre entièrement de boue.

Le LacWhere stories live. Discover now