Chapitre 1

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Une salle de classe remplie , pas une seule place de libre et pourtant un silence religieux y règne. Enfin il reste une petite place à côté de moi : assise au milieu mais n'ayez pas de peine pour moi , cette chaise est vide parce que la solitude l'occupe. Croyez moi elle est plus bienveillante amie que toutes ces personnes qui travaillent autour de moi.

C'était le dernier cours de la journée , en sortant je traverse tête baissée les couloirs tristes et étroits de mon petit lycée. Chaque jour j'ai l'impression que ce simple chemin vers la sortie de ma salle de torture devient plus long , les gens me toisent ... sans un bruit , ou du moins ils attendent que je ne puisse plus les entendre pour balancer les pires obscénités sur ma simple petite personne.

Lorsque vient le tour de franchir le dernier portail de sortie... j'attends. J'attends d'être la dernière à passer auquel cas on voudrait une fois de plus user de ma faiblesse. Alors je patiente , les prédateurs doivent d'abord rentrer chez eux , la proie sort après.

Quand enfin je mets le pied dehors je me sens soulagée d'avoir survécu à une journée supplémentaire dans ce camp de concentration psychologique.
Je peux enfin me présenter :
Je m'appelle Marnie , et j'ai actuellement 15 ans... je suis la plus jeune de tout les élèves de première ici. En soit rien de particulier ... enfin mes camarades ont décidé d'ajouter un peu de drama à mon parcours scolaire voyez-vous , je suis une pauvre petite adolescente victime de "harcèlement" comme on dirait. Mais contrairement au affiches placardées partout dans les couloirs... non ! Je n'en parlerai à personne, je ne veux pas être assimilée à la faiblesse, alors j'affronte mes bourreaux seule.

Quand je suis chez moi là plupart du temps je vis dans ma chambre , allant et venant de mon lit jusqu'à mon bureau pour y faire mes devoirs. Mais c'est aussi ici que je m'aménage mon petit échappatoire , dans une boîte métallique. Elle contient de quoi me faire plaisir de temps en temps : une lame , un ciseau, un couteau ... c'est à peu près tout.
Ce soir là est un des rares où je n'ai pas pleuré, pour évacuer mon sentiment d'impuissance il m'a juste suffit de regarder le plafond... pour une fois.
Mon téléphone sonna plusieurs fois, mais là seule chose que j'ai réussi à faire fut de tourner la tête vers le chevet où il était posé. Sérieusement je n'avais aucune envie de répondre , alors je l'ai regardé en imaginant toutes les autres putes que je côtoie chaque jour , passer des heures au téléphone à parler de mon cas sans doute.
Et me revoilà en train de pleurer... et bien , en regardant la petite horloge devant moi je remarque que cela faisait trente minutes que j'étais couchée ici , j'ai tenue à peine une trentaine de minute sans craquer... énervée contre moi même , et contre ma consternante faiblesse je frappe le mur à côté de moi... cela ne m'apporte rien mis à part une pointe de douleur que je ne ressens quasiment plus... à force.

À peine le temps de rentrer me reposer qu'un nouveau jour commence : petit déjeuner, brossage express de dents, préparation de sac et me revoilà devant un petit miroir à maquiller mon teint pâle et dénué d'émotion. Ah ! Et puis il y a aussi quelques bleus , sans doute un coup.
Mais là où l'affaire devient plus subtile est le moment de cacher mes marques... et dieu sait que j'en passe du temps à étaler frénétiquement mon fond de teint sur cette stupide tâche bleue, à tel point que les larmes me montent aux yeux et que je soit obligée de me forcer a sourire telle une demeurée pour ne pas craquer une nouvelle fois.
Au final on dirait plus que je me suis tatouée le visage avec la peau de trump qu'autre chose, alors je me regarde une dernière fois dans mon miroir scrutant la moindre marque de violence avant de partir.

Les chemins en voiture ne sont pas très vivant non plus. Il pleut , personne ne parle et le seul son perceptible est celui de la radio qui énonce que de nouvelles personnes sont mortes dans d'horribles accidents...
«Incroyable drama Queen cette humanité» je me marmonne à moi même , mettant mes écouteurs et m'accoudant contre les fenêtres. Ce qui est sûr c'est que mes musiques enjouées ne collent absolument pas avec toutes ces infos mondialement tristes que j'entends à travers la musique.
Et voilà que deux minutes plus tard, je suis à nouveau en face de mon lycée... à l'extérieur le bâtiment est très classique, mais ce n'est qu'une façade après tout. Je n'ai même pas le temps de le regarder plus longtemps qu'un petit groupe me fonce dedans... le retour à la réalité est plus que soudain.
Mais je prends sur moi. Je regarde droit devant moi , inspire doucement et avance la tête baissée vers l'entrée qui ne tarde pas à se fermer me laissant parmi la foule, cette foule qui te donne l'impression de vivre au milieu de géants.

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⏰ Last updated: Sep 02, 2019 ⏰

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