Nord du Royaume, vers 1530
Cela faisait plusieurs jours que le jeune cavalier était sur les routes. Sa directive était très claire : aller le plus loin possible pour cacher cet objet si important aux yeux de son Seigneur. Le brouillard avait été son compagnon de route depuis le début de son expédition. Il n'avait pas mangé depuis avant hier et la faim le tenaillait. Son cheval aussi montrait des signes de faiblesse, ils devaient s'arrêter. Soudain, il vit devant lui une forme se détacher de la brume. Plus il avançait, plus il arrivait à distinguer ce qui semblait être un port. Aussitôt, il tira sur les rênes pour arrêter son cheval. Celui-ci se cabra, mais le cavalier aguerri réussit à contrôler la situation et à calmer son animal. Il se mit à observer le paysage qui s'offrait à lui : il était arrivé au bout des terres du Seigneur, il y avait de l'eau, beaucoup d'eau, comme si une mer s'étendait devant lui. Cependant, il n'arrivait pas à bien voir car le brouillard était toujours épais et dense. La nuit commençait à tomber, il faisait de plus en plus sombre.
— Mais oui ! S'écria le jeune cavalier.
Il regretta aussitôt de s'être exprimé à voix haute. Il regarda autour de lui pour voir s'il était bien seul. Après vérification, il se mit à réfléchir à ce qu'il allait faire maintenant. Le village le plus proche se trouvait à seulement quelques minutes d'ici, il décida d'y aller pour se reposer et reprendre des forces.
Une fois arrivé sur place, il se débrouilla pour trouver une auberge encore ouverte. À cette heure tardive, les rues étaient vides, notre jeune cavalier ne croisait que des chats ou des rats.
Une fois arrivé devant l'auberge, il regarda de plus près où il allait passer la nuit : sur l'enseigne, en bois, il pouvait lire "Au Petit Rat Galopant" et arrivait à distinguer, à la lueur de la lune, un petit rat gravé en dessous du nom. Juste sur la gauche de la bâtisse, il semblait y avoir un simple abri, avec de la paille qui recouvrait le sol. Il décida d'y attacher son cheval et d'entrer dans l'auberge. À peine avait-il poussé la porte, qu'une voix l'accueillit :
— Bonsoir noble voyageur, que puis-je faire pour vous ? Lui demanda-t-elle, très poliment.
À la lueur des quelques chandelles encore allumées, il put distinguer son hôte. Comme surgit de nulle part, une vieille dame se tenait devant lui. Elle était petite et un peu courbée. De nombreuses rides lui parcouraient le visage, le jeune homme se demanda comment pouvait-elle être encore en forme pour tenir une auberge à son âge.
— Je vous prie d'excuser mon intrusion, à une heure si tardive, mais j'ai traversé tout le pays pour venir jusqu'ici, en ne me reposant que trop rarement. J'aimerais seulement, si cela est encore possible, avoir quelque chose pour souper et une chambre pour la nuit.
— Très bien, si vous voulez vous asseoir, je vais vous réchauffer une soupe, il doit aussi me rester... Elle se tut un instant pour réfléchir et reprit : Sûrement un morceau de pain et un peu de fromage, est ce que cela suffira ?
— C'est plus qu'il n'en faut Madame, dit-il en s'asseyant, je vous remercie pour tout.
Puis avant qu'elle ne quitte la pièce, il rajouta :
— Excusez-moi, j'ai oublié autre chose, si vous pouviez aussi donner à manger à mon cheval qui est dehors, n'importe quels restes feront l'affaire, j'aurai encore besoin de lui demain.
— Très bien monsieur, je m'en occuperai dès que possible, répondit la vieille dame en s'en allant vers les cuisines.
Quelques instants plus tard, elle revint avec le repas tant convoité. Il mangea alors son plat avec délectation. Il n'avait pas l'habitude de ressentir la faim, au château il avait toujours été bien traité et mangeait tous les jours. Le château... cet endroit commençait à lui manquer et il regrettait presque d'avoir été choisi pour cette mission. Aussitôt, il s'enleva ces pensées de la tête, il se devait d'être fort pour réussir cette quête importante que lui avait confié son Seigneur qui croyait en lui !
Le repas fini, il se leva et demanda à la vieille dame où il pouvait dormir. Elle l'emmena dans une modeste chambre qui était composée d'un petit lit et d'une petite table de chevet en bois. C'était le strict minimum mais il devrait s'en contenter pour cette nuit. De toute manière, vu l'état dans lequel il se trouvait, même de la simple paille sur le sol lui aurait convenu. Une fois couché, il repensa à l'idée qu'il avait eu en voyant le port. Il s'en rappelait maintenant : les terres du Seigneur continuaient après la mer. Au delà, se trouvait une île, aussi grande que la moitié du royaume. C'est là qu'il cacherait l'objet si précieux, le Seigneur y avait un château.
Puis, il prit son sac, en sortit un petit paquet, l'ouvrit et se mit à observer son contenu. C'était une chevalière en argent, ornée d'une pierre précieuse violette, de l'améthyste. En regardant bien, il ne voyait pas en quoi ce bijou quelconque pouvait avoir de l'importance. Mais il n'allait pas discuter les ordres, il n'était pas comme ça. Il remit la bague dans son sac et essaya de s'endormir.
Il était prêt pour ce périple. Certes, sa route ne serait pas des plus faciles, il rencontrerait des obstacles car, sur cette île, le Seigneur n'était pas reconnu par les habitants. Il y régnait un semblant d'anarchie, si bien que personne ne savait à qui appartenaient vraiment ces terres. L'endroit idéal pour y cacher l'un des trois objets magiques, qui attendra encore plusieurs siècles que son véritable propriétaire vienne le retrouver.
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La prophétie du Phénix (1)
ParanormalLa magie a toujours existé en ce monde et une confrérie secrète, menée par un Phénix de lumière, réunit les plus grands magiciens terrestres afin de protéger un monde magique : Maasym. De nos jours, une jeune fille de 18ans, du nom d'Aëla, voit sa...
