C'était le vent qui avait poussé Luc hors de son lit ce matin-là. Se levant d'un bond, il referma la fenêtre qui venait de claquer et qui l'avait tiré de son rêve. Il s'aperçut, regardant au dehors, qu'il faisait encore nuit. D'ailleurs, Il devait être encore tôt car aucune voiture n'avait encore bougé de place sur le grand parking en face de la maison.
La neige était tombée toute la journée de la veille, si intensément que les bus scolaires ne circulaient plus. Sa mère l'avaitdonc prévenu qu'il n'irait pas en cours aujourd'hui. A la place, il irait plutôt passer la journée chez Tante Clara afin de l'aider à déneiger la cour de sa grande maison. D'aussi loin qu'il s'en souvenait, sa grande tante avait toujours été présente dans sa vie et son éducation. Maman lui avait expliqué très jeune qu'elle était la sœur de sa propre maman à elle, décédée avant qu'il ne vienne au monde. C'est donc tout naturellement que Tante Clara avait toujours été pour lui la mamie qu'il n'avait pas eu, et depuis tout petit déjà, il avait l'habitude de rester chez elle. Or, aujourd'hui cette idée ne l'enchantait pas vraiment. A vrai dire, il aurait plutôt préféré aller en classe car chez Tante Clara, il lui arrivait depuis quelques temps bien trop souvent de s'ennuyer.
Tante Clara était une vieille dame comme aimait à le rappeler Luc. Ses cheveux blanc en témoignaient. Elle portait des lunettes et s'habillait toujours avec des robes de couleur grise et de petites ballerines noires, tout comme elle sentait invariablement le parfum de lavande. Comme la plupart des vieilles dames, pensait le jeune garçon, elle avait un chat. Sauf que le sien à elle avait la particularité de ne pas avoir de nom. Tante Clara disait qu'il n'en avait pas besoin vu qu'il n'écoutait jamais. Pour autant, le plus étrange chez elle restait l'habitude qu'elle avait de parler aux fleurs, aux plantes et parfois même aux insectes. C'était extrêmement bizarre trouvait-il, mais il se disait qu'elle était vieille et qu'elle ne devait simplement plus avoir toute sa tête.
Au matin, donc, sa mère vint le réveiller assez tôt. Luc se mit à bougonner, n'ayant absolument pas envie de se lever maintenant. Il avait mis trop de temps à retrouver le sommeil après son réveil brutal et maintenant qu'il l'avait fait, pensait-il, c'était trop injuste de le forcer à s'en défaire. Pourtant, il n'eut pas vraiment le choix. Ainsi, l'enfant se prépara lentement et passa enfin le pas de sa porte d'entrée avant de se diriger vers la voiture. Dés lors, à peine sorti et malgré son gros blouson noir, son écharpe et ses gants, Luc sentit un vent glacial passer à travers ses vêtements et parcourir sa peau. Un sentiment désagréable pour sûr! Luc n'aimait pas le froid, il ne l'avait jamais aimé. Aussi se dépêcha-t-il de grimper dans le véhicule de sa mère, une voiture d'occasion achetée il y a quelques années maintenant, garé à une dizaine de mètres de l'entrée. Une fois dans la voiture, Luc se rendit compte que la neige, s'il en restait une couche imposante sur les toits, n'était déjà plus aussi présente sur la chaussée. S'installant sur son siège, Maman fit d'ailleurs la même remarque à voix haute, en ajoutant que la saleuse avait probablement déjà dû passer, mais néanmoins pas assez tôt pour que les bus scolaires aient pu effectivement assurer les transports pour l'école. Quelques secondes plus tard, déjà, la voiture s'élançait doucement sur la route. Tandis que sa mère parlait, Luc, qui manifestement n'était pas vraiment intéressé par ce qu'elle avait à dire, se surélevait légèrement de son siège et tentait de s'apercevoir dans le rétroviseur intérieur.
Il était blond, relativement grand pour ses onze ans. Il avait une houpette inclinée sur le côté dont il prenait bien soin d'ailleurs. Il séchait ses cheveux immédiatement après la douche et la peignait même parfois pour certaines occasions afin qu'elle reste bien coiffée. Une chute vieille de quelques années l'avait également marqué d'une petite cicatrice entrecoupant légèrement son sourcil gauche. Si elle avait été source de complexe pendant un an ou deux, il l'arborait aujourd'hui presque avec fierté, comme si d'une certaine manière elle le rendait unique. Enfin, comme son père, il avait les yeux noisettes et le regard perçant. Son caractère en revanche, il le tenait plutôt de sa mère; le genre de personne à faire confiance rapidement, trop peut-être, quitte à se montrer parfois un peu naïf.
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Luc et le monde de Céliria.
FantasyDu haut de ses 11 ans, Luc est un enfant des plus normaux. Il vient de rentrer au collège. Lors d'une nuit plutôt agitée, il fait un rêve étrange. Le voilà transporté dans le monde magique de Céliria. Luc y rencontre des créatures comme il ne les a...
