Mon corps me faisait souffrir inéluctablement à chaque pas que je faisais. Alors que je sentais mon sang s'écoulait de mes plaies encore ouvertes sur ma peau bleutée de toute part, je percevais les regards inquisiteurs des passants. Le chemin jusqu'à sa résidence semblait sans fin. Alors que je suivais l'homme dont j'ignorais encore le nom, celui-ci m'escorta jusqu'au bas-fonds de la ville. Ces quartiers et les êtres qui les peuplaient, étaient en apparence aux antipodes du monde dans lequel je résidais depuis ma naissance. Mais cet environnement délétère était finalement à l'image de l'âme de tous les êtres que j'avais côtoyé dans le monde luxuriant de mon paternel. Tandis que je me perdais dans mes pensées, tentant au mieux d'oublier la douleur qui m'habitais, nous finîmes par arriver à destination. Il s'agissait d'un appartement trois pièces, malgré le peu de signes distinctifs, les lieux me paraissaient étrangement accueillant. Tout était parfaitement rangé, et l'odeur qui émané des lieux était des plus agréables. Ignorant que faire, je restais debout dans le salon tandis que l'homme s'était rendu dans ce qui me semblait être la salle de bain au vu du son de l'eau qui coulait que je pouvais distinguer. Lorsqu'il sorti de la pièce, une bassine d'eau et un kit de soin à la main, prenant enfin la parole, il me sortit de ma rêverie :
« Au final, tu ne m'as toujours pas donné ton prénom.
- Mon prénom ? Je m'appelle Hamara, lui répondis-je, le sourire aux lèvres, et vous ?
- Pourquoi tu me vouvoie ? C'est inutile, tu n'es plus dans ton monde de bourge, ce genre de fausse politesse n'a plus aucun sens. Alors, tutoie-moi d'accord ? » Dit-il avant de soupirer, son ton n'était pas malveillant, bien au contraire. « Je m'appelle Roy. Viens t'assoir sur le canapé, je vais panser tes blessures. Enlève tes vêtements », continua-t-il en allant s'assoir sur la table du salon qui se trouvait devant le canapé.
- Es-tu un pervers ? Je peux parfaitement faire cela moi-même !
- Quelle fille ingrate », exclama-t-il avant de rire.
J'étais surprise de l'entendre rire, mais un peu de légèreté n'était guère désagréable. Alors que je le fixais, hésitante sur quelle direction donner à la suite des événements, les douleurs qui parsemaient l'entièreté de mon corps me ramenèrent rapidement à la réalité. Soupirant, je m'assis devant lui. Cependant avant d'enlever mon t-shirt, je repris la parole : « je veux bien de ton aide pour les parties auxquelles je ne peux accéder, pour le rester, je m'en occuperai moi-même », tentant de cacher ma gêne, je détournais le regard vers la bassine d'eau posé à coté de lui. Je pris alors l'un des deux tissus qu'il avait apporté avant de me retournais afin de lui donner accès à mon dos. Mon buste était sans nulle doute la partie de mon corps que les sbires de mon père avaient le plus amoché, mais après tout cela avait toujours été le cas, car c'était l'une des parties de mon corps qui n'était jamais découverte de tissus. Tandis que je commençais à enlever le sang qui avait coulé de mes plaies, je pouvais sentir son regard. Il regardait les cicatrices qui s'étaient logés sur mon dos année après année. Je connaissais sa faiblesse, il connaissait la mienne : notre pacte serait notre force. Après quelques secondes il fini par éponger le sang présent dans mon dos, avant de désinfecter les plaies et attendre que je finisse afin de panser le tout avec un bandage et des compresses.
« Pour le reste, va dans la salle de bain. Je t'apporte de quoi te changer », exclama-t-il avant de se rendre dans sa chambre. Je le suivis du regard avant de récupérer le kit de soin et la bassine dont l'eau s'était entièrement teintée de rouge, afin de me rendre dans la salle de bain. Le reflet qui s'offrait à moi dans le miroir était épouvantable, je semblais littéralement revenir d'entre les morts. Cette réflexion me fit sourire, alors que le reflet d'une seconde personne fit son apparition. Il déposa un short et un t-shirt blanc sur levier puis quitta la pièce tout en fermant la porte derrière lui.
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• C H A R L I E •
ParanormalL'homme n'a pas toujours été, et ne sera pas à jamais : c'est un être qui évolue au cours du temps, qui s'adapte sans cesse à son environnement. C'est ainsi qu'une nouvelle génération d'être humain vu le jour. Tous ignoraient ce qui déterminait qu'u...
