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J'avais l'habitude de me sauver pour aller au village, voir comment la vie était d'en bas, en dehors de la royauté. Je m'étais même fait des amis qui m'accueillaient chaque fois que j'allais au village. C'était un couple de vieux paysans qui étaient d'une gentillesse débordante. La vieille femme, Mary, était toute menue et pas très grande. Elle devait avoir dans les quatre-vingt ans. Son visage était ridé mais sous ses rides se cachait un visage d'une beauté qui me faisait chaud au cœur. Ses yeux en amande couleur noisette, s'illuminaient lorsque je venais la voir. Son mari, Oldaric, un homme d'environ un mètre quatre-vingt, était d'une douceur et d'une gentillesse sans égale. Ces deux personnes étaient pour moi comme une seconde famille. En effet, ils avaient, il y a des années de cela, perdu leur fille à cause de la maladie alors qu'elle n'avait que quatre ans. Et ils m'avaient à plusieurs reprises raconté que je leur rappelais leur petite fille et que ça leur faisait du bien, qu'ils étaient vraiment heureux à chaque fois que je venais les voir. Le premier jour où je les ai vu, un lien s'est créé. J'étais leur fille perdue et eux ma seconde famille. Mais je ne leur avait pas dit que j'étais la princesse Adelina Blackcastle, fille aînée de leurs souverains. Je préférais garder ma véritable identité secrète pour ne pas les mettre en danger au cas où les gardes de mon père finissaient par me retrouver s'ils apprenaient que je m'étais enfuie du château pour aller me promener dans le village. Le vieux couple m'avait pourtant demandé qui j'étais et d'où je venais mais je n'avais rien voulu leur dire. Sauf mon prénom, Lina,un diminutif d'Adelina pour ne pas attirer les soupçons. Ces deux paysans vivaient à la lisière du village dans un coin paisible, une petite chaumière, certes, mais très agréable. Quand on rentrait,tout de suite à droite se trouvait un porte manteau puis en continuant, l' odeur des biscuits que me faisait Mary quand je venais, provenait de la petite cuisine. Après cette cuisine, se trouvait un petit coin près du feu avec trois fauteuils. J'avais le mien, au même titre que Mary et Oldaric. Dans leur chambre, le petit lit de leur fille était encore là, et la tristesse envahissait leur yeux face à ce lit vide. Ça me brisait le cœur de les voir comme ça, et j'essayai tant bien que mal de leur redonner le sourire. Cette petite chaumière était vraiment agréable.

Etj e m'y sentait bien. Ils me parlaient de la vie du village, de quelques ragots, et de pleins d'histoires pour me divertir. Ils m'aimaient comme leur propre fille, partie trop tôt. Quand je les ai rencontré pour la première fois je n'avais alors que onze ans. Ce que j'ignorais à l'époque, c'est que Mary et Oldaric ne me racontaient pas le mal présent dans le village car ils cherchaient à me préserver à tout prix. Cela faisait près de sept ans que je leur rendais de petites visites. Mais le jour de mon dix-huitième anniversaire changea le cours de ma vie à jamais. En allant, comme d'habitude, voir le vieux couple, je fus frappée par une scène d'une violence extrême qui se déroula sous mes yeux. Cette vieille femme que j'aimais tant, un peu comme une grand-mère, était rouée sous les coups de bâtons d'un homme entouré de sa horde de gardes. Il hurlait :

-Pauvre sotte, pour qui te prends-tu ?...3...Tu n'est qu'une femme et en plus paysanne ! ...4...Une femme n'a pas son mot à dire...5...Une femme doit seulement écouter son mari et lui obéir. ...6... Tu n'avais pas le droit d'être ici, les femmes n'y sont pas autorisées...7... trente coups de bâtons t'aideront peut-être à comprendre cela !

En hurlant ces mots il continua à la rouer de coups. J'étais impuissante face à la situation, je ne pouvais pas intervenir, sans risquer qu'elle se fasse encore plus frapper. Les paroles de cet homme hantèrent mon esprit et pour la première fois, je compris que ce n'était pas normal que la femme ne soit pas l'égale de l'homme. Je compris qu'il se cachait en réalité une énorme injustice. Jusque là, cela ne m'avait jamais semblé anormal en raison de l'éducation que j'avais reçue. Mais j'étais bien décidée à changer. C'est à cet instant que j'ai su que la direction que ma vie prenait allait changer.

Blackcastle - La prophétieNhững tác phẩm khiến độc giả say mê. Hãy khám phá bây giờ