Une longue réflexion

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          Baltimord_BAT est l'un des bâtiments les fréquentés Ursvils. On y déjeune entre amis. On y travaille. On y fait son shopping et ses courses. On peut aussi bien s'y faire une beauté : onglerie, coiffeur, masseur... etc. Il y en a pour tous les goûts.

" Chez Baltimord_Bat, tout le monde à sa place."

Contrairement à beaucoup d'autres, Edenn Scott n'y venait pas pour passer du bon temps. Loin de-là ! Habillée en tenue de sport comme une sous couverture, elle était de mauvaises humeurs pour ne pas changer.

-" Cette année est une année de changement pour vous. Je suppose que vous appréhendez le départ ."

-" Je propose qu'on regard une série." dit-elle avec insouciance

-" Vous fuyez, encore. Votre père pense que vous n'êtes pas encore prête à partir."

Bien sur, parce qu'il pense lui ? C'est nouveau.  Parce que lui demander de penser à mon anniversaire, c'est comme lui demander de deplacer une montagne. Même si, j'avais 45 ans et 5 enfants, il dirait que je ne suis pas prête.  à quoi bon lui parler, franchement ? 

Pour une personne qui n'est jamais à la maison. Trop occupé à travailler à l'autre bout en oubliant mon anniversaire presque chaque année.  Il me porte trop intérêt en si peu de temps. C'est justement quand je veux quitter la maison qu'il se souvient qu'il lui reste une fille. 

-" J'ai 22 ans. Je suis diplômée, véhiculée et mature. J'ai un travail stable et un job à temps partiel qui me plaît. Je vais au sport. Je déjeune avec mes collègues. Je sais faire le ménage, me faire à manger. Je pense que je suis prête. Ce sont eux qui ne sont pas prêts à voir partir."

-" Leur petit bébé souhaite quitter le nier. Ils sont anxieux, c'est normal.  Je dois avouer que cette décision est si soudaine."

- " Cette décision n'a rien soudain. Je ne leur ai rien dit parce que je ne voulais pas entendre leur discours. Quant à vous, je ne vous ai rien dit parce que vous êtes une véritable balançoire. Le secret professionnel , sa ne vous dit rien ?" 

-" Tu es encore sur ça. J'étais obligée de leur en informer. Tu le sais, c'est la procédure. "

-" Un autre individu de 22 ans, on ne lui dirait rien. C'est sa qui je révolte . Je ne pars pas à l'autre bout du monde. Je souhaite aller juste assez loin pour respirer par moi-même."

-" Les autres ne sont pas toi. Ils n'ont ni ton passé, ni ton histoire et pas les mêmes peurs. Tu n'arrives pas à mettre des mots..."

-"Je veux vivre sans me borner au bout de mon nez à cause de mes peurs. Maintenant, je veux une vie normalement. J'ai l'impression de n'avoir jamais été libérée. Pourtant, je le suis. C'est affreux ce que je dis là. Je pense que c'est assez pour aujourd'hui.

          Durant toute sa vie, elle a eu la vie de château. Il est vrai qu'elle n'avait manqué de rien. Si ce n'est que la présence d'un père trop souvent en déplacement. Loin d'être une fatalité, elle s'y était faite à longue.

Jour après jour, année après année, un fossé s'était installé entre le père et sa fille. Toute communication était impossible, sous peine de dispute.
Son seul réconfort était May. Elle qui était celle qui les liait: leur affection pour la même personne. Si douce, si gentille, si aimante.
Toutefois,  la relation entre les deux femmes se détériorait peu à peu. En effet, May avait du intervenir dans la relation entre les parents. Contre tout attente, elle avait pris le parti d'Henry. Soit, la plus grande trahison pour Edenn. 

" Si seulement Henry arrêtait de lui parler. C'est uniquement pour lui monter le cerveau contre moi qui lui adresse la parole ! " pensait-elle.

            Edenn ne voyait en ce moment seulement que les mauvais côtés. Ces souvenirs malheureux dans le luxe et la solitude. La colère la rongeait. La peine la submergeait l'enfermant dans les regrets. 

Elle se souvenait : de la liberté perdue, où elle n'avait le droit de sortir de la villa. Les moments où  elle se sentait si petite, tellement seule dans cette majestueuse demeure morne et sans vie. Les moments où elle avait renoncé à ses rêves par obligation. Toutes les réflexions, pour lui dire de ne pas s'être elle-même. 

La réflexion ne datait pas d'hier. Elle y avait longuement songé. C'était décidé, elle quittait la maison à la fin de la semaine brusquement !

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⏰ Last updated: Dec 23, 2019 ⏰

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