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Pourquoi vivre quand tout est fait pour me tuer ?

On dit aux personnes suicidaires qu'elles sont égoïstes, qu'elles devraient plus réfléchir à la souffrance que ferait ressentir leur mort face à leurs proches. Suis-je vraiment la seule à trouver cette remarque totalement stupide et déplacée ? Je ne suis pas égoïste, et aucun suicidaire ne l'est. C'est plutôt le défaut de nos proches, de notre famille et de nos amis. Il faut être sacrément atteint pour vouloir qu'une personne reste juste pour notre plaisir personnel. Pour ne pas souffrir de sa mort alors que cette personne ne connait justement que la souffrance en étant en vie. Ne retenez pas vos proches, laissez-les vivre au lieu de survivre. Laissez-les mourir. Laissez-moi mourir.

Le vent soulève mes cheveux et caresse délicatement ma nuque. Ça fait pratiquement deux heures que je suis sur ce pont à regarder dans le vide. Le soleil s'est couché et seulement deux lampadaires placés de chaque côté du pont sont là pour m'éclairer. Très peu de voitures passent sur cette route. Inconsciemment, je l'ai peut-être choisi pour ça. Je m'étais d'abord dit que j'attendrai le couché de soleil pour passer à l'action, mais celui-ci avait finit il y a pas mal de temps et je n'ai toujours pas bougé d'un centimètre. Je me contente de regarder l'eau ruisseler lentement le long de la rivière, une vingtaine de mètres en dessous de moi. Je vois les arbres danser au gré du vent, j'entends le bruit que fait l'eau en s'entrechoquant contre les rochers, le son des branches qui se frottent entre elles, le chant des criquets. C'est si paisible, voilà ce que j'attendais. Je continu de me focaliser sur ça et enjambe tout doucement les barrières du pont. Le courant d'eau. Le mouvement des arbres. Le son des criquets. J'y suis presque. Mon rythme cardiaque s'accélère. Mes mains sont fortement attachées à la barre de fer qui est contre mon dos. Il y a juste assez de place pour mes pieds de ce côté-ci. Je regarde en dessous de moi, mauvaise idée. J'ai le souffle saccadé, je prends une grande respiration et me concentre, fermant les yeux. Le vent. L'eau. Les arbres. Les criquets. Le vent. L'eau. Les arbres.

« Ne fais pas ça »

Je sursaute et mon pied glisse quand je veux me retourner pour voir d'où provient cette voix. Mon souffle se coupe et je sers fortement la rambarde. Je parviens rapidement à reprendre mon équilibre sur le bord du pont et lève très lentement la tête. La faible luminosité ne me permet de voir qu'une silhouette, mais il m'est facile de deviner que c'est un homme avec sa carrure et sa voix plutôt rauque. Il se rapproche lentement de moi, me permettant de mieux le voir. Il est brun, assez musclé, porte un simple short noir ainsi qu'un pull gris. Cet inconnu faisait un footing et il a fallut qu'il passe par cette route. Quelle conne je suis de ne pas avoir pensé à cette alternative plus tôt. Il enlève ses écouteurs et les fourre dans une de ses poches en arrivant à mon niveau.

« Tiens-toi à moi, je vais t'aider » dit-il en me tendant sa main droite.

Il à l'air plutôt gêné, ou peut-être inquiet. Je passe une jambe de l'autre côté de la barrière et répète mon action une deuxième fois en faisant bien attention de ne pas glisser du mauvais côté du pont, ne prêtant pas la moindre attention à sa main suspendue dans le vide à côté de moi.

Quand je me retrouve enfin à l'abri de la chute, mes jambes vacillent sans que je n'ai le temps de réagir et je me retrouve à genoux sur le goudron. Mon jean se déchire légèrement et je lâche un gémissement en sentant des graviers s'enfoncer dans mon genoux gauche. Une larme dévale ma joue, puis une autre. Je prends conscience de ce que j'étais sur le point de faire. Ma tête va exploser, j'ai froid, j'ai mal et merde je devais être seule ce soir. Le jeune homme s'accroupit en face de moi et retire son pull en me voyant frissonner, dévoilant le t-shirt qu'il avait en dessous. Je l'enfile machinalement, gardant mes yeux dans le vide. Je l'entends me parler mais je ne l'écoute pas. M'appuyant avec mes mains sur la bitume, je me relève et commence à marcher en prenant le côté du pont qui mène jusqu'à la ville.

« Eh attends ! Tu vas où ? oh ! je te parle » il dit en trottinant jusqu'à moi mais je ne lui prête aucune attention. Il n'aurait jamais du voir ça, et j'ai beaucoup de chance qu'il ne me connaisse pas sinon toute la ville aurait été au courant demain matin. Je continue de marcher pendant une vingtaine de minutes. Il m'a suivi tout le long et à plusieurs fois tenté de me parler, voulant savoir mon prénom et me demandant si j'avais des problèmes. Bien entendu, il n'a eu aucune réponse, je n'ai pas ouvert la bouche une seule fois. J'arrive enfin devant chez moi et m'arrête quelques secondes pour regarder ma maison. Toutes les lumières sont éteintes. Il comprends que c'est ici que j'habite et m'attrape les bras afin de me tourner vers lui en me regardant dans les yeux.

« Pourquoi ? » il me demande bouleversé. Je ne réponds pas, un léger sourire commence à se former au coin de mon visage, juste avant que je le gifle. J'ai à peine le temps de le voir porter sa main à sa joue avant de me retourner et de rapidement rentrer au chaud, barrant la porte derrière moi. Ce connard a tout gâché. 

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Je publierai un chapitre tous les deux jours, les prochains seront beaucoup plus longs. Je vous serais très reconnaissante de liker afin de donner plus de visibilité à mon histoire sur wattpad. Bonne journée à vous et j'espère que ça vous plaira ❤

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⏰ Last updated: May 03, 2019 ⏰

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