De nouvelles choses

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Je pousse doucement la porte de mon appartement, et y pose lourdement mon sac avant de m'écrouler sur le canapé. Il n'y a personne à la maison pour le moment, ma tante étant en courses. Je profite de cette solitude pour m'étirer et prendre le temps d'arriver. Je me sers un grand verre de lait et sort une gauffre du placard pour aller m'installer devant la télévision. Non pas qu'il y ai des émissions très culturelle, mais ça me vide le cerveau d'une dure journée. Je reste un moment dans cet état de larve, ou de baleine échoué, avant de me décider à aller chercher mon cahier de dessins dans ma chambre. Je vais bientôt intégrer une école de décoration intérieur, et je ne dessine que des personnages imaginaires au lieu des meubles.. Mais voilà, plus je me dis qu'il faut que je le fasse, moins j'en ai envie. La motivation, cette petite peste, a tendance à me quitter bien trop vite.   

Le crayon en main, mine sorti, rien ne viens. C'est terrible le syndrome de la page blanche. Je pose lassivement mon matériel et me laisse aller au rêve... Le besoin de changer de vie m'empêche toute création. Dans d'autres circonstances, l'enthousiasme m'aurait donner des ailes ; mais entre les recherches d'appartements, le budget et les démarches administratives, je suis complètement bloqué. 

J'entends le cliquetis de la serrure, et prends une inspiration. Je range mes questions de côtés pour éviter d'être désagréable, elle n'aime pas ça, et je n'ai pas le coeur à parlementer en cas de dispute.

<<(y/n) tu es là?

-Oui oui. Ca a été?

-Oui mais j'ai trouver à causer, se plaint elle ; j'ai pas trouvé ce que tu me demandais, tu ira voir par toi même.

-Oui t'inquiètes.>>

Elle s'installe à-côté de moi, et scrute l'écran de télévision,sceptique.

<<C'est bien ce que tu regardes?

-Je sais pas mais ça faisait un fond sonore.

-Ca a été ta journée?

-Bof.. Comme toutes les autres... On se fait quoi ce soir?

-Oh j'en sais rien ; elle marque un temps d'arrêt ; de toute façon tu mange presque rien de ce que je fais. >>

Je me lève et récupère mes affaires pour retourner dans la tanière qu' est ma chambre. Je l'entends au loin souffler que je m'en vais, mais c'est une mauvaise habitude dont je n'arrive pas à me défaire. Je voudrais rester vers elle, mais j'ai pris goût à la solitude de ma chambre. Je peux prendre mon temps pour réfléchir, sans être déconcentré. Je vis beaucoup dans ma tête, alors être interrompue sans arrêt pour entendre les commérages du village, ça m'exaspère. Mais je déplore aussi la situation dont je suis responsable. Si je savais être plus à l'écoute et moins centré sur moi même, je pourrais profiter de sa présence. Mais au bout de 15 ans de vie commune, il arrive un moment où on a plus rien à se dire. 

Je rentre presque religieusement dan ma chambre, comme si je rentrais dans un cocon, et pends garde à ne pas écraser d'objets important. Qui a dit que le sol n'était pas un meuble? Un meuble dangereux, mais un très grand meuble. Je chevauche donc une trousse de toilette abandonnée, un tas de vêtements, des carnet de dessins et grimpe sur mon lit. Posant la tête sur le rebord en bois, je soupire comme à mon habitude. Mon plafond ne me donne guère de réponses, et je fini par opter pour un film. Sur le site de streaming, je descends et descends encore, sans trouver chaussure à mon pieds. L'un je l'ai déjà vu, l'autre ne m'inspire pas et lui sent le navet à pleine narine! Finalement, ça sera l'histoire de jeunes ados avec des enfants sur les bras, que j'ai déjà regardé 2 ou 3 fois. Je fais sans le vouloir, le parallèle avec ma vie. Je ne prend pas beaucoup d'initiative, et le "nouveau" me fait peur. Mais au fond, je ne veux pas admettre que je pourrai m'adapter et apprécier le changement. 


<< (y/n) tu viens manger?

-Oui j'arrive.>>

Ce soir j'ai de la chance, c'est pain perdu. J'adore ce plat de pauvre comme dit ma tante, fait avec du pain rassis, des oeufs et du sucre. J'espère pouvoir m'en faire l'année prochaine, et les réussir aussi bien qu'elle. Cette pensée me plonge dans une soudaine mélancolie. Et si je n'arrivais pas à m'adapter à la solitude? Ma tante ne remarque pas que je ressasse, puisque je ne suis pas plus silencieuse qu'à mon habitude. 

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⏰ Última atualização: Apr 29, 2019 ⏰

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