Elle se faufile entre les piétons, se fraye un chemin sur ce trottoir trop étroit, tout en murmurant de brèves excuses aux gens qu'elle bouscule dans la foulée. Une brise froide vient gifler sa nuque. C'est le début de l'hiver, quand le froid vient progressivement marquer son territoire, mais que les empruntes de l'été ne sont pas totalement effacées. Des nuages assombrissent le ciel qui a perdu un peu de sa clarté et de ses rayons lumineux. Elle accélère le pas. Elle se perd dans un labyrinthe de gens, de paroles, de bruits, d'images. Elle se noie dans un océan d'émotions qui la submergent, portée par le flot de cette masse d'individus qui semble fondre sur son corps frêle. Dans cet univers trop dépourvu de sens et de logique, elle n'a jamais su trouver le bon chemin, la voie qui la mènerait vers la sortie. Le monde tourne autour d'elle à une vitesse vertigineuse, tandis qu'elle reste statique. Peut-être qu'au fond, elle s'est toujours sentie un peu à part, écartée de cette bulle en mouvement constant, tout en restant enfermée à l'intérieur. Les nuages paraissent s'épaissir au-dessus de sa tête. Il fait plus sombre, pense-t-elle en s'efforçant de garder une respiration calme et régulière. Une vibration. Une sonnerie de téléphone. Oui ? Dépêche-toi, le retard te guette. Courir, toujours courir, parce qu'il n'y a rien d'autre qui compte, parce que le temps est précieux, qu'il ne faut pas gâcher une seconde, rien qu'une seconde. Le grondement des moteurs, le cri des klaxons, le brouhaha alertant. Elle se précipite, et, désormais, les battements de son cœur se bousculent à la minute et le rythme de sa respiration n'a plus d'importance. Un passant la percute. Faîtes attention mademoiselle, vous pourriez vous blesser. Qui s'en soucie ? L'arrivée, il n'y a que ça qui compte, de toutes manières. Le vent glacial balaye ses cheveux, elle n'y voit plus grand-chose, même si elle tente, en vain, de les dégager de son visage frigorifié. Et puis, il y a cette boule qui s'est formé au creux de sa gorge à cause de l'empressement, de l'oppressement. Mais ses yeux sont trop refroidis pour la laisser pleurer. Une autre vibration. Un nouveau message. Vite. Un pas de plus. Un cou de klaxon qui se distingue des autres. Celui-ci a l'air beaucoup plus proche. Le rugissement d'un moteur qui se rapproche. Mademoiselle ! Elle lève la tête. Des phares aveuglants. Ils foncent droit sur elle.
Un souffle.
Une larme.
Une seconde.
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Pluie battante, Cœurs battants
PoésieDans nos esprits, c'est la tempête. Les lettres se meuvent avec l'agilité de l'eau et la vitesse du courant. Elles emportent avec elles un tourbillon d'images indiscernables, de sons inaudibles, de paroles imprononçables. Elles se réunissent et, à l...
