Chapitre 1

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Tout a commencé un samedi matin. Je me promenais le long des quais avec mon meilleur ami. Il s'appelle Isaac. On s'est rencontré en maternelle et nous ne nous sommes jamais quittés depuis. Isaac est le genre de garçon qui ne voit que le bon côté des gens ainsi que le coté positif des choses. Ça m'a toujours impressionné car contrairement à lui, j'ai cette fâcheuse tendance à voir tout en noir ou à voir le verre à moitié vide plutôt que de le voir à moitié plein. Je me souviens l'an passé lorsque j'avais perdu mon stylo porte bonheur... C'est lui qui m'avait fait comprendre que ça n'était que psychologique et que je pouvais réussir même sans ce fameux stylo si je m'en donnais les moyens. Ou quand Marisa avait rompu avec moi et que je me laissais aller comme si c'était la fin du monde. Encore une fois, c'est lui qui m'a ouvert les yeux en me faisant réaliser que c'était ce qu'il y avait de mieux. Mais c'est toujours plus facile de donner des conseils que de les suivre.

Donc Isaac et moi nous promenions et il me parlait de sa passion pour Shakespeare. Depuis qu'il avait commencé à étudier la littérature anglaise au lycée, il s'était prit de passion pour les pièces de Shakespeare.

« Tu ne trouves pas ça fascinant ?

Pardon, quoi ? La façon dont la Terre tourne autour du soleil.. Tu n'as strictement rien écouté de ce que je t'ai dit, pas vrai ?Pas vraiment. Dit moi tout. Rien. »

Isaac est la personne qui me connait le mieux. Même ma propre mère ne se rend pas compte lorsque quelque chose ne va pas. Avez-vous quelqu'un dans votre vie qui en un regard sait si vous allez bien ou pas ? Isaac est ce quelqu'un pour moi. Je ne pouvais lui mentir, il savait déjà tout.

« Ne me dit pas que tu es encore énervée à cause de cette fille ? Celle qui t'a bousculée tout à l'heure?

C'est pas drôle. Je ne comprends juste pas pourquoi tu t'obstines à penser à ça, ça fait deux heures, passe à autre chose. Pense au fait que tu dois m'avoir un rendez-vous avec Sim par exemple. Je sais, tu me le répètes tellement de fois que je ne pourrais jamais l'oublier mais ce n'est pas le bon moment.

Sim est le diminutif de Simone. Il est amoureux d'elle depuis l'école primaire mais il n'a jamais osé essayer quoi que ce soit avec elle. Simone, c'est ma soeur ainée. C'est pour ça qu'il s'est mit dans la tête que je lui arrangerais un rendez-vous avec elle mais je ne l'ai jamais fait. Tout simplement parce que je connais ma soeur. Elle ne se soucie que d'elle même et je ne me le pardonnerais jamais si elle venait à faire du mal à Isaac. Elle n'a jamais eu de relation sérieuse, elle ne fait que flirter avec tous les hommes de Manhattan. Dès qu'on se croise, elle m'en présente un nouveau. Je ne la juge pas, après tout elle fait ce qu'elle veut de sa vie mais elle et Isaac sont trop différents. En plus, elle a déménagé.

Elle a toujours rêvé de partir habiter à Paris. C'est son plus grand rêve depuis qu'elle est enfant. Maintenant que c'est fait, la maison semble vide. Du moins quand j'y suis. En tant qu'étudiante, je passe la plupart de mon temps dans ma chambre sur le campus de l'université. C'est une chambre très simple et toute petite. Un lit, une table de chevet, une armoire, une petite salle de bain et une fenêtre qui donne sur le grand parc du campus.

...

Ça faisait une semaine que les cours avaient commencés et comme tous les matins depuis le début, j'étais en retard et j'arrivais encore une fois essoufflée et dégoulinante de sueur dans l'amphi plein a craqué. Tous les regards se tournèrent vers moi. Je me dirigeai donc en vitesse vers la seule place disponible au tout premier rang et sortis mes affaires quand une voix m'interrompit.

« Bonjour monsieur... ?

Un simple bonjour suffira. Un peu d'amabilités ne serait pas de trop, surtout quand avec trois quarts d'heure de retard. Un peu de bon sens ne serait pas de trop non plus. »

Je sentais une centaines d'yeux rivés sur moi mais je n'en avait rien à faire. C'est vrai après tout, pourquoi un simple bonjour ne serait-il pas suffisant ? Et ce n'est pas parce que c'était mon professeur que j'allais me taire. Je n'ai jamais eu la langue dans ma poche. C'est peut-être mon plus grand défaut.

J'avais entendu parler de cette prof. Madame Ginger, professeur de littérature française. Elle était connue pour l'extrême sévérité de ses notes.

J'ai commencé à étudier le français au lycée et j'avais de très bonnes notes alors j'ai voulu continué. Mais à la fin de se cours je me suis demandé ce qui m'était passé par la tête lorsque j'avais dû faire des choix d'orientation pour l'université. Il valait mieux pour moi que je sois bien attentive aux prochains cours, déjà que notre première rencontre s'était mal passée.

Le cours ayant prit fin, elle se dirigea vers moi alors que j'étais toujours assise. Des mèches de cheveux ondulées tombaient et cachaient son visage, elle passa alors une mains dans ses cheveux me laissant découvrir ses yeux verts. Elle se pencha et posa brutalement ses mains sur ma table.

« Votre prénom ?

Cléo German.Et bien Cléo German, arrivez en retard une fois de plus et vous n'aurez plus accès à mon cours. »

On pouvait difficilement faire mieux comme première semaine à l'université. 

Double JeuWhere stories live. Discover now