Chapitre 1: Hope

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Je me réveille en sursaut comme tous les matins depuis six mois toujours ce même cauchemar. C'est devenu presque comme une partie de moi. Je jette un coup d'oeil dans ma chambre. Aussi longtemps que je m'en souvienne elle m'a toujours appartenu. Elle a été témoin de mes fous rires, mes chagrins d'amour et encore aujourd'hui plus que jamais de la tristesse de mon âme. Je me lève péniblement de mon lit orné de couverture lybienne, coussins et nounours, cadeaux de mon père ramenés de ses multiples voyages à Ndjamena (capitale du Tchad voisin) et Kousseri ( ville Camerounaise située à 10 km à l'ouest de la capitale Tchadienne). En cette période, il y a une brume sèche qui rend le climat abrupt bref il fait un froid de canard. Je m'habille chaudement pour ne pas attraper un  coup de froid. J'ai la sensation d'être passé sous un train mais il faut bien je sorte de mon confort pour vaquer à mes tâches quotidiennes. Si ça ne dépendait que de moi j'aurais dormi toute la journée mais la tornade qu'est ma mère ne me laissera pas faire.
J'ouvre doucement la porte car je n'aimerais vraiment pas tomber sur ma maman aussitôt le matin. Je suis pas de très bonne humeur donc une altercation de si bonne heure ne serait pas adaptée pour mes nerfs. Je sors aussitôt pour débuter par le balayage de la cour. Dans notre culture une femme est notée sur la propreté de sa cour. Balayer est comme un art chez nous. Les traces de balais doivent suivre une logique, c'est toute une technique. Je balaie comme ma mère me l'a appris il y a plusieurs années déjà tout en mimant un son qui me monte dans la tête.
- Bonjour Hope j'entends
- Bonjour maman, bien dormi j'espère !
- Oui, je vais au marché.
- Bien à tout l'heure !
Il fut un temps où les causeries avec ma mère ne limitaient pas aux simples salutations. Bien que je fus toujours attachée à mon père nous avions une relation mère-fille plus ou moins normale. Elle m'en veut avec raison peut être. Aujourd'hui plus que jamais je comprends sa position d'antan mais elle n'arrive pas à me pardonner ma naïveté. J'ai essayé de toute mes forces de renouer avec elle mais elle est amère. Mon père a décidé lui de son côté de jouer l'ignorant malgré qu'il sait que cette situation me met mal à l'aise.
Je termine le nettoyage de la maison puis passe à la vaisselle. J'ai encore un peu de lessive à faire et j'aurais fini mes corvées. La cuisine je sais ma mère s'en occupera. C'est la plus grande cuisinière que je connaisse. Mon père aime que ce soit son épouse qui cuisine ses plats, surtout qu'il rentre de voyage ce soir. Bien qu'il n'a jamais été contre mon apprentissage il aime ses petits plats. Va savoir pourquoi.  Bien qu'il a connu des hauts et des bas leur mariage est pour moi le parfait exemple. J'ai été élevé par des personnes aimables, loyaux et compréhensifs. Je ne saurais exprimer ma gratitude envers Dieu de m'avoir accordé cette grâce incommensurable.
       Me promener dans la verdure est pour moi un moment de pur bonheur parce que je profite pour me remettre en question et me poser des questions existentielles. Je suis née il y a 25 ans dans un village de l'extrême nord du Cameroun nommé Bini. Fille unique de mes parents, cela m'a permis d'avoir le privilège de faire des études prononcées plus que la plupart des filles de la contrée. Chez nous en pays toupouri à l'époque il était mal vue de faire cela car la rumeur courait que les filles ayant un background étaient autoritaires et insoumises. Mes parents avaient eu des difficultés pendant les premières années de leur mariage a avoir un enfant. Ma mère est tombée enceinte au moment où ils avaient perdu espoir d'où mon prénom et mon Badana qui signifie "Dieu nous a aimé".
       Je tenais entre mes mains un livre "père riche, père pauvre" qui m'a été conseillé dans un groupe de lecture. Après ma balade je m'avance vers ce grand arbre. Être près de cet arbre me rappelle de nombreux beaux souvenirs qui sont aussitôt remplacés par une vision d'horreur. Je me ressaisis rapidement avant de me mettre à déprimer. Je m'asseois sur une pierre au pied du baobab. Le baobab africain (adansonia digitata) est la plus connue des huit espèces de baobabs. Arbre sacré pour plusieurs cultures, c'est également un arbre à palabres qu'il est malvenu ou sacrilège de couper. Il est un arbre typique de l'Afrique tropical et ces fruits sont surnommés "le pain de singe" bien que la plupart l'appelle baobab.
       Je constate avec surprise qu'il est assez tard, sans m'en rendre compte j'ai mis beaucoup plus de temps que d'habitude. J'ai adopté cette routine depuis mon retour au village. Je prends le chemin le plus court afin d'être présente à l'arrivée de papa. Je suis un peu enthousiaste sachant qu'il ne manquera pas de me garder un pagne vue l'approche des fêtes de fin d'année. Je m'imagine bien dans un Super wax dont je choisirai soigneusement le modèle probablement un ensemble jupe pagne fait main afin de rendre jalouses toute celle qui dénigre mes parents pour le fait que je sois encore célibataire à ce jour. À croire que le mariage est une fin en soit. Bien que mon âge avance, j'ai toujours entretenu mon corps avec des huiles essentielles qui me font grand bien. J'ai de belles courbes qui feraient pâlir plusieurs en toute modestie bien évidemment. J'ai hérité cela de ma maman qui a des formes de sirène et mon teint un mélange de mes parents; car mon père est de teint clair dû à sa maman qui a des origines arabes.

Sous le baobabCerita yang bikin terobses. Temukan sekarang