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Point de vue de Leila

Ça fait des heures que j'attends. Il est où, bordel ?! Le tic-tac de l'horloge était devenu insupportable.

Chaque seconde qui passait semblait résonner dans toute la pièce, comme si elle prenait un malin plaisir à me rappeler que je patientais depuis des heures.

Encore.

Je jetai un regard vers l'écran de mon téléphone posé sur la table basse. Aucun nouveau message, aucun appel manqué.

Rien.

Je me laissai tomber contre le dossier du fauteuil en cuir, croisant les bras contre ma poitrine. Cela faisait des heures que j'étais assise ici, à attendre Santiago Balccini, et il n'était toujours pas là.

— Sérieusement...

Le soupir qui quitta mes lèvres trahissait mon agacement.

Il le faisait exprès. J'en étais persuadée.

Santiago savait parfaitement que je détestais attendre, que je n'étais pas le genre de femme à rester gentiment assise pendant que quelqu'un décidait quand il avait du temps à m'accorder. Mais avec lui, j'avais toujours cette impression étrange de perdre mes moyens. Malgré toute la colère que je ressentais, malgré mon envie de lui faire payer son retard... je voulais juste le voir, qu'il soit là.

La chambre était immense, trop immense parfois. Les murs aux tons chaleureux, les meubles élégants importés d'Italie, les immenses fenêtres donnant sur la propriété. Tout respirait le luxe.

La chambre d'une femme qui n'avait manqué de rien. Une femme qui avait grandi dans un monde où l'argent, le pouvoir et le respect étaient des choses naturelles. Mais ces derniers temps, cette pièce ressemblait moins à un refuge qu'à une prison.

Respire Leila, respire.

Je fermai les yeux quelques secondes. M'énerver ne le ferait pas apparaître devant moi. Même si une partie de moi rêvait déjà de lui faire une scène lorsqu'il franchirait enfin cette porte.

Je me redressai légèrement en entendant des pas dans le couloir.

Enfin.

Mon regard se posa immédiatement sur la poignée, mais la porte ne s'ouvrit pas sur la personne que j'attendais. Quelqu'un entra sans frapper.

María.

Son visage changea aussitôt lorsqu'elle croisa mon regard, comme si elle comprenait déjà son erreur. Elle resta un instant sur le seuil, hésitante, une main encore posée sur la poignée.

— Madame, nous...

Elle n'eut pas le temps de finir sa phrase.

— Qui t'a donné l'autorisation de rentrer sans frapper ?

María baissa les yeux.

— Je suis désolée, madame... c'est juste que...

Je me levai lentement du fauteuil.

— Dehors.

Elle releva les yeux, surprise.

— Madame ?

— Tu sors. Tu frappes. Et quand je t'autoriserai à entrer, tu pourras parler.

Le silence tomba dans la pièce. Je vis l'hésitation traverser son visage une seconde, avant qu'elle ne s'exécute. La porte se referma doucement, et quelques instants plus tard, trois coups résonnèrent.

Je laissai volontairement passer plusieurs secondes avant de répondre.

— Entre.

María entra à nouveau, plus prudente cette fois.

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