Les évènements décris ci-dessous sont l'entière et exacte vérité. Ils se passent le vendredi 25 mai 2018.
Le réveil sonna et Télémaque se redressa si brusquement qu'il en eut brièvement le tournis. Il tâtonna de sa main vers le sol et arrêta la sonnerie. Il respira un grand coup, comme il en a l'habitude, puis se dégagea péniblement de sa couverture. Il balança ses jambes par terre et se frotta les yeux. Ceci étant fait, il se baissa pour ramasser sur le sol sa montre et son bracelet, qu'il mit. Tout à fait réveillé, il se mit debout promptement. La sortie scolaire si attendue était enfin aujourd'hui ! Enfin !
Il se dirigea vers la porte de sa chambre, en ramassant son sac à dos au passage et en mettant son Cowon® dans la petite poche puis descendit en rez-de-chaussée. Il alla dans la cuisine puis remplit son sac du pique-nique : sandwich thon-crudité-oeufs, part de flan industrielle, chips Bio, briquette de jus de pomme Bio. Il ferma son sac puis partit vers la salle de bain s'habiller. Il sortit quelques minutes plus tard, croisant sa sœur Lucrèce qui venait de se réveiller et allait aux toilettes.
Il retourna à la cuisine et avala rapidement un bol de thé et un morceau de cake.
Après avoir attendu sa sœur un temps qui dépassait le raisonnable, ils se préparèrent à aller chez leur voisine Agathe Andrée, dont la mère devait les accompagner à l'arrêt de bus.
Ils partirent donc à pieds, et, peu de temps après, arrivèrent au croisement à une vingtaine de mètres de cette chère voisine. Au moment où ils tournèrent, ils aperçurent sortant de chez Agathe, elle-même accompagnée de sa sœur, qui devait venir avec nous.
Commença alors l'Épopée.
- Oh bah non ! dit Lucrèce. Qu'est-ce que vous faites là ?
- Et vous, répliqua Agathe.
- C'est vous qui deviez nous accompagner !
- Mais non c'est vous !
La panique apparu dans le cœur de chacun, sauf dans celui de Télémaque, qui était d'un naturel calme.
- Beh comment on fait ?
- Quelles cruches nous sommes ! (petit ajout personnel)
- Bon ! Raisonnons calmement ! Aucun parents ne peut nous amener à l'école. Le bus vient de passer. Nous n'avons qu'à nous tourner vers les voisins !
- La voisine d'en face ? proposa Agathe.
Elle n'était pas chez elle.
- La vieille au bout de la rue ?
La vieille s'appelait Guilaine et elle habitait à 500 mètre de là. Nous sprintâmes jusqu'à elle. Télémaque était en tête mais stoppa à 40 mètres de la maison. Une idée lui était venue.
Le nouveau policier municipal de la commune, Alain, accompagnait chaque jour son fils Paul au même arrêt de bus que le leur. Il accepterait sûrement de les amener eux aussi à l'abribus.
Les filles le rejoignirent et il exposa son idée. Agathe avait elle aussi une idée.
- Nous n'avons qu'à aller chez Gaïa, son père travaille chez lui, il pourra nous amener.
- Non, déplora Jade, je ne suis pas en très bon termes avec cette pute ! (petit changement personnel)
- On s'en fout ! L'enjeu est beaucoup trop grand !
Ils allèrent donc chez cette Gaïa, qui était dans l'école primaire de Chouzé, et par conséquent, la même que tout ce petit groupe piégé par une mauvaise compréhension de leur part. Télémaque, le plus amusant de tous, et surtout le plus pressé par sa sortie scolaire à Tours, dit, prenant un ton avec lequel on ne peut rien refuser... enfin presque :
- On coupe à travers champs ! Par là !
- Non, je n'ai pas les chaussures adaptées, elles vont se salir ! protesta Agathe, la plus superficielle.
- T'es sérieuse ?
Télémaque ne reçut aucune réponse, car elle avait déjà commencé à courir.
Arrivés devant la maison de Gaïa, dont on ne voyait qu'un portail blanc, ils se reposèrent quelque peu. Avant même d'avoir put réfléchir à ce qu'ils allaient faire, Télémaque vit avec consternation Agathe pousser le portail.
- Eh ! C'est une violation de propriété civile ! Si la mère de Gaïa portait plainte, tu pourrais recevoir un avertissement ! De plus, il y a un cloche pour sonner !
- C'est bon, on les connaît.
- Pas moi !
Elle continua comme si ils ne risquaient rien.
Lucrèce s'avança vers la porte d'entrée et ouvrit.
- Génial ! Double violation de propriété civile !
Elle referma la porte.
- C'est ouvert. Ça veut dire qu'il y a quelqu'un.
Ils frappèrent deux fois de suite à la porte et attendirent. Ils recommencèrent et Télémaque dit :
- Jade, tu peux sonner avec la cloche ?
Elle le fit pendant plusieurs secondes, jusqu'à ce qu'une femme vienne ouvrir.
- À c'est toi, Agathe. Bonjour, un instant, j'ai cru qu'il y avait des intrus, vu de la fenêtre.
- Bonjour. Alors en fait, nous n'avons pas de parents pour nous amener au collège, parce qu'on s'est mal débrouiller. On est un peu dans l'urgence, là, et on se demandait si tu pouvais nous amener au collège.
- Euh, oui, bien, sûr. J'enfile un pantalon et j'arrive.
Ah oui, petite précision : elle s'est présentée à eux avec un t-shirt et une serviette autour de la taille.
4 minutes plus tard, elle revint en sandales, pantalon blanc et son t-shirt de tout à l'heure.
Autre difficulté, sa voiture avait quatre places, pour nous cinq. Jade, avec sa petite taille, alla sur les genoux de sa sœur. Lucrèce alla à la place du mort et Télémaque sur le siège arrière restant.
Ils purent enfin aller au collège. Seul évènement notable : lorsqu'ils croisèrent une patrouilles de police, Jade s'est couché sur Agathe.
Un réscapé de l'épopée,
26 mai 2018.
