• CHAPITRE 1 •

21 3 6
                                        

Mais où sont ces putains de Converses ! C'est pas possible ça, je les mets tous les jours et impossible de mettre la main dessus aujourd'hui, comme par hasard.

— Tu saurais pas où elles sont toi Maurice ? Bien-sûr que non. Tu es un putain de poisson.

Je souffle, en regardant Maurice faire des tours dans son petit aquarium.

Pendant que je m'insulte intérieurement de tous les noms et que je cherche où peuvent bien se cacher ces fichues baskets, j'entends une vibration sourde et incessante. Mon téléphone. Je ne mets pas longtemps à mettre la main dessus et décroche rapidement à la vue du correspondant.

— Allô Char, prête à partiiiiiir !?

Giuliana. Ma meilleure amie au rapport. Toujours aussi enthousiaste, je l'aime en grande partie pour ça d'ailleurs.

— Pas tout à fait...

— Comment ça ? Qu'est-ce qu'il se passe ?

— Oh rien de grave, mais impossible de mettre la main sur mes Converses.

— Oh si ça n'est que ça, je peux t'aider ! Regarde sous le canapé. Oui, c'est un ordre.

— J'ai déjà fouillé partout Giu, c'est un signe non ? Encore un été merdique à l'horizon...

— WOW WOW WOW ! Je t'interdis de penser une chose pareille Charlène Gwenaëlle Faure. Tu regardes sous ce canapé et tu fermes ta grande bouche.

J'obéis donc, non sans souffler bruyamment dans les haut-parleurs de mon téléphone. Après quelques secondes de fouilles, je me retrouve bredouille.

— Y'a rien Giu...

— Tu vas quand même pas me faire traverser tout Bordeaux pour te trouver tes satanées pompes !

En me relevant, je sens mes doigts érafler un petit fil, semblable à un lacet.

— ATTENDS.

Je me sers du téléphone en lampe torche et trouve ENFIN mon trésor.

— Comment tu savais ?

— Notre dernière soirée quand on a dormi chez toi, c'est moi qui les aies balancées sous le canap' car elles gênaient le passage.

Merci Giuliana de ta phobie du rangement !

— Bon, t'es ready now ?

— Plus que jamais.

— On se retrouve à l'entrée dans 1h ?

— Dans 1h ? J'y serais !

Je lui réponds en lançant un regard à ma montre, loin d'être persuadée d'y être à temps.

Après avoir raccroché rapidement avec Giuliana, je me dépêche d'enfiler mes Converses, de finir de remplir ma trousse de toilette, de la jeter dans la valise et de tenter difficilement de fermer cette dernière.

Plusieurs tentatives plus tard (incluant potentiellement des positions plutôt honteuses), j'arrive à boucler tout ça. Un dernier tour de l'appart pour vérifier que rien ne manque et je peux décoller.

Catastrophe. Je m'assois sur le lit en essayant de garder mon calme lorsque je me rends compte que mon sweat favori est toujours posé sur la chaise débarras de ma chambre.

Deux choix s'offrent alors à moi. Soit, je me décide à rouvrir cette fichue valise et risque alors de ne plus jamais être capable de la refermer avant l'heure. Soit, j'attrape ce fichu sweat, le noue autour de ma taille malgré les 35° ambiants et souffre en silence de cette horrible chaleur. Car il est hors de question de le laisser ici.

Un été inoubliableDes histoires addictives. Découvrez maintenant