Une silhouette s'aventurait dans la lumière de l'après-midi, alors que le soleil entamait sa descente après avoir atteint son zénith. Le ciel était bleu, mais l'air était frais, obligeant quiconque à porter un manteau pour ne pas avoir froid.
Cette silhouette avait obéi à cette règle, et se dirigeait vers sa destination, dont elle avait appris l'adresse un peu plus tôt, quelques mois auparavant. Depuis, elle avait espionné ce domicile, cherchant une faille chez ses habitants et leurs habitudes, et avait fini par elle-même prendre des habitudes parallèles aux leurs.
Si seulement tout le monde obéissait aux règles qui régissait sa société ! La silhouette ne serait pas là, à traquer des hors-la-loi. Mais une règle -voir peut-être plusieurs- avait été transgressée, et il fallait régler le problème. Remettre les choses en ordre.
Enfin, c'était à son tour de faire le travail cette fois-ci, et elle allait s'exécuter. De toute façon, elle n'allait pas désobéir aux ordres. Pas comme sa cible. Une règle d'or dans cette société particulière, et surtout vitale. Tout le monde le savait. Pourtant, certains prenaient le risque de la transgresser.
Depuis combien de temps déjà quelqu'un n'avait pas transgressé une règle ? Bah, c'était souvent le cas à vrai dire, mais souvent c'était seulement des petites infractions. Celle-ci était plus grave, c'est certain. Et la mesure à prendre était certes plus... importante.
La silhouette tournait à gauche et à droite aux croisements dans le petit lotissement de cette banlieue, comme elle en avait l'habitude depuis plusieurs semaines. Les gens qui la croisait devait sans doute penser que c'était un jogger, où quelqu'un se promenant. Mais certaines apparences ne sont pas celles que l'on croit. Elle restait souvent au parc à faire de l'exercice simplement pour mieux surveiller les habitudes de ces cibles et parfois même jusque tard dans la nuit, dans l'ombre d'un arbre.
Oh non, personne ne risquait de la voir, c'est certain. C'était une autre règle d'or vitale bien ancrée dans son crâne. Cette règle, sa cible ne l'avait pas transgressée. Sinon la société l'aurait su.
Elle était arrivée. Devant elle se dressait un petit pavillon, entouré d'un petit jardin et d'une haie pour garder une certaine intimité. Des rosiers encadraient la porte d'entrée, quelques mètres derrière le petit portillon en métal froid.
Plus niais, tu meurs.
La silhouette s'avança, ouvrît le portail qui grinça, et continua jusqu'à la porte. Elle hésita un instant avant d'appuyer sur la poignée elle aussi en métal froid, et entra calmement dans la maison. Alors qu'elle refermait la porte, des pas se faisaient entendre dans une pièce loin de l'entrée exiguë et une femme apparu.
Consternée au départ de cette femme non venue, son visage se crispa de terreur lorsqu'elle reconnue son interlocutrice :
– Toi !
Les deux femmes se ressemblaient énormément, et semblaient être sœurs, avec leurs cheveux blonds et leurs yeux verts. Tandis que celle venant de l'extérieur retirait son bonnet à rayures blanches et noires, l'autre recula doucement telle une bête effrayée. Une voix derrière se fit entendre :
– Qui est-ce chérie ? Tout va bien ?
Alors qu'elle posait son bonnet sur un porte-manteau, les traits de la femme se durcir alors que l'autre s'était retournée vers la voix :
– Tu connais les conséquences de tes actes, ma sœur. Tu connais les règles de notre famille.
Le visage de sa sœur se retourna et ses traits se durcirent à leurs tour, sous un accès de colère :
– Je hais notre famille ! Je te hais ! Je hais père, je hais mère et je hais nos ancêtres ! Ces règles sont complètement stupides, et je mourrai s'il le faut pour te le faire comprendre !
YOU ARE READING
Lost Blood
VampireÀ l'âge de cinq ans, Elizabeth s'est faite abandonnée par ses parents. Elle les attendait, patiemment à l'école, mais ils ne sont jamais venus. La directrice les avait appelés, mais aucun n'avait répondu. La police avait fouillé la maison, le quarti...
