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Chapitre 1

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Lundi 7 septembre. Sans doute un des jours les plus redoutés par les étudiants. Il annonce le retour des cours, des profs avec leurs interminables leçons vous plongeant indéniablement dans un état de somnolence que seul ces êtres peuvent vous infliger, mais aussi le retour de cette permanente et atroce obligation d'être "parfait". Nous tenions tous en équilibre sur ce fil fin et frêle étendu au dessus d'un gouffre que certains aimaient appeler l'invisibilité. Nous chancellons au gré des obstacles nous accrochant désespérément à ce statut si cher à nos yeux. Mais une seule seconde d'inattention, un seul pas non maîtrisé, une seule parole émise au mauvais moment  et nous tombions dans cette abysse qui nous faisais lamentablement peur. Et, dans cette course effrénée aux bourses universitaires dans laquelle chaque étudiant se trouvait, votre "classe sociale" était devenue primordiale. En fonction de celle-ci des portes s'ouvraient et d'autres se fermaient.

Faire toujours attention à ce que l'on renvoit aux autres, devoir continuellement garder un masque sur les épaules est usant. C'est pourquoi durant les vacances nous restions pour la plupart emmitouflés dans nos lits devant une bonne série loin des regards appuyés des autres élèves.  Chacun se métamorphose en franchissant le grand portail blanc. Tout le monde est touché par ce besoin constant d'attention et de reconnaissance. Nous croyons passer au-dessus des insultes et des moqueries mais, au fond de nous, nous savons que c'est faux que, encore une fois, ce n'est qu'une image. Mais nous continuons, malgré tout, à jouer ce rôle encore et toujours car il le faut.

*

5h40. Mon réveil sonne. Il est tôt, beaucoup trop tôt. En poussant un grognement, j'ouvre mes yeux encore gonflés et fut éblouie par les rayons du soleil passant au travers de mon store mal fermé. J'enfile rapidement mes chaussons et tente d'éviter les tas de linges amoncelés ici et là. Je traine du pied en descendant les escaliers mais la délicieuse odeur de pancakes envahit mes narines et me fait presser le pas.
Je souris en voyant ma mère s'affairer derrière les fourneaux, elle qui n'a jamais été bonne cuisinière.

- Salut ma puce! Alors prête pour la rentrée ?

- On n'est jamais prêt pour une rentrée...

- Ne t'inquiètes pas tout va bien se passer! Qu'as-tu prévu de mettre aujourd'hui ?

- Sûrement un jean et un pull pourquoi ?

- Je voulais savoir si tu ferais un effort vestimentaire pour la rentrée mais je vois qu'il y a des choses qui ne changent pas!

- Comme tu l'as dit c'est la rentrée pas le bal de promo !
Ma mère désespérée lève les yeux au ciel et soupire. Elle finit par me tendre une assiette de pancakes que j'avale rapidement. Je monte ensuite dans la salle de bains et fait couler l'eau sur mes muscles tendus. Mon esprit divague sous la vapeur chaude qui émane du liquide brûlant et je finis par le perdre dans mes pensées. Ce n'est que lorsque j'entends mon téléphone vibrer que je reviens à la réalité. Je jette un rapide coup d'œil à celui-ci. 6h35. Et merde! Mon bus passe dans 20 minutes et il me reste un paquet de chose à faire ! Je bondis hors de la douche m'habille et me sèche rapidement avant de foncer dans ma chambre. C'est le bordel mais j'arrive à attraper en vitesse mon sac à main, mes chaussures ainsi qu'une brosse à cheveux. 6h43. Le bus ralentit à mon arrêt au moment où je l'atteinds. Je m'assieds près d'une fenêtre et je reprends mon souffle. Je profite des 25 minutes d'attente pour brosser mes cheveux et ré-ordonner ma tenue. Les autres passagers me lancent de temps en temps des regards interrogateurs mais je les ignore et vérifie une nouvelle fois le contenue de mon sac.

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