Tout le monde a un rêve dans la vie. Que ce soit un rêve d'enfant ou un rêve inaccessible, j'ai appris que l'humain ne peut pas vivre sans rêver. Mon très cher papa me disait souvent que la vie est bien trop courte et que chaque moment que nous passons à nous lamenter, et une perte de temps. Mon père m'a toujours poussé à me surpasser, croyant en moi et en mes rêves, et il me suppliait chaque jour de ne jamais rien abandonner pour ne jamais rien avoir à regretter.
Malheureusement, la vie n'est pas toujours un cadeau. Sans crier gare et sans que personne ne s'y attende, mon père a fermé ses yeux, le matin de ce même jour, un an plus tôt. Sa disparition a anéanti ma mère, qui n'avait alors connu qu'un seul amour dans sa vie. Mon père était son âme sœur, comme elle aimait l'appeler. J'aimerais pouvoir dire que notre vie avait repris son court avec le temps mais malheureusement, les ennuis s'étaient multipliés et maman a fini par devenir la petite fille frêle et fragile que j'étais encore, il n'y a pas très longtemps. Étant la seule personne capable de réagir, j'ai dû apprendre à gérer seule le quotidien, comme l'aurait n'importe quel adulte que je ne me sentais pas encore prête à être. Et puis au lycée il y avait T. Ce T qui peut autant signifier truand, tueur que tortionnaire et j'en passe. Ce T que je maudis sans pour autant avoir envie de le voir disparaître. Ce fameux T qui, depuis deux années a bien changé, mais ce T sauvage que je ne peux tout de même oublier. Si je devais comparer mon histoire à une autre, alors je la qualifierais de banale, mais si quelqu'un devait la juger, je pense qu'il dirait que rien dans mon quotidien n'a de banal. Depuis toujours, les gens jugent amusant de me traumatiser. Petite, c'était parce que mon prénom n'était pas commun, bah oui tiens, quelle fille s'appelle Noah . Pourtant moi, je l'aime bien ce prénom. Il me faisait penser à la fée Noah dans la fée clochette. D'ailleurs, mon père avait fini par m'appeler « ma petite fée » petite à force d'avoir regardé tous les dessins animés. S'il avait été là cette année, peut-être aurions-nous continué cette tradition de se mettre devant les films Disney, un pot de glace ou un saladier empli de pop-corn sur la table. C'est fou quand même à quel point il peut me manquer. Pour revenir à mon sujet initial, j'ai depuis toujours attiré la méchanceté des autres sans pour autant n'avoir jamais rien demandé. En même temps, qui se présenterait avec une pancarte sur le front, avec marqué dessus : "Salut fais-toi plaisir et harcèle-moi " ? Après la primaire viennent les années de collège, et bien entendu avec elle vient l'enfer. Entre les filles, toutes plus cruelles les unes que les autres et les garçons qui manquent follement de maturité, je ne vous explique pas l'épreuve à vivre pour la fille timide et fragile que j'étais. C'est au collège que mon histoire avec T a commencé, enfin Tristan de son vrai prénom, mais je préfère éviter de le nommer ainsi, parce que rien que de prononcer cet horrible assemblement de syllabes me rappelle de mauvais souvenirs. Par avance, je m'excuse pour tous les Tristan innocent de cette planète. Je vous assure, je n'ai rien à vous reprocher, mais je n'y peux rien, je déteste ce prénom et le fautif, c'est-T-lui-même. Je l'ai rencontré lors de mon année de quatrième, alors qu'à cette période, les jeunes filles de treize ans ne rêvent que du prince charmant. J'avais déjà trouvé le mien et pour ainsi dire, j'avais en ma procession le plus convoité de tous. T avait été élu le garçon le plus populaire du bahut alors que moi, j'étais que la petite rousse à la figure emplie de taches de rousseur, qui avait quelques kilos en trop et qui était intello qui plus est. En gros la bonne bobonne que l'on trouve lorsqu'on a des devoirs en retard, ou lorsque l'on veut frimer devant ses amis. T avait fait le premier pas. Nous étions depuis la maternelle dans la même classe et nos parents s'entendaient plutôt bien. Depuis notre enfance, une petite complicité nous habitait, mais lors de notre troisième année de collège, alors que nous dansions au bal de Noël, T m'avait soudainement embrassé. J'avoue que ma réaction ne devait pas être celle dont il s'était attendu à avoir, parce que, plus violemment que je ne le voulais réellement, je l'ai poussé lui qui a fini les fesses aplaties au sol, avant de m'enfuir en courant. Je crois ne jamais pouvoir oublier, l'expression qu'il avait à ce moment-là. C'était comme un mélange de stupéfaction et d'incompréhension. En prenant un peu de recul, je pense que je pourrais clairement traduire sa pensée aujourd'hui. Après tout, comment une fille comme moi, qui ne vaux rien, pourrait le rejeter, lui, le plus populaire, le plus beau, le plus fabuleux garçon du collège ? J'avoue qu'en ce jour, je regrette ma décision prise ensuite. Pourquoi lui avoir laissé une chance alors qu'au plus profond de moi, je savais pertinemment ce qui allait finir par arriver. Bien sûr comme souvent, les plus populaires ne se mélangent pas aux moins "intéressant", et bien entendu, il est évident qu'une relation entre un populaire et une intello persécutée doit rester secrète. Bah oui, sinon, ce ne serait pas amusant. Tout cela pour dire que notre histoire était digne d'un film pour ados. Pour faire simple, cela faisait un peu près un an que nous sortions ensemble en cachette. Même nos parents n'étaient pas au courant de notre relation. Alors que l'année de troisième venait de commencer, T et moi n'étions pas dans la même classe et c'était bien la première fois. Nous nous donnions alors rendez-vous en fin de journée dans un des escaliers le moins fréquenté de tout le bahut, afin de passer un peu de temps ensemble. Cependant ni lui ni moi ne nous étions attendus à voir surgir Brena, qui avait alors poussé un cri strident en nous surprenant, T et moi nous embrassant. J'avoue avoir pensé à ce moment, que T laisserait de côté sa popularité afin d'avouer à tout le monde que nous sortions ensemble. Je crois que l'expression : " il est beau de rêver" ne pouvait pas être plus juste dans mon cas. Quelle stupéfaction lorsqu'il m'a repoussé fortement contre le mur comme si j'étais la peste incarnée. Je me souviendrais toujours du rire diabolique qu'il a alors eu. Brena, comprenant la plaisanterie, s'était jointe aussitôt à lui et je ne pouvais que rester assise sur une marche d'escalier à attendre qu'ils se calment pour mieux comprendre la situation. Seulement il n'y a pas eu l'explication à laquelle je m'étais préparée, juste quelques phrases suffisantes pour m'anéantir :
- J'ai gagné Brena, un an à tenir bon et me voilà enfin libéré.
-Tu faisais semblant . J'ai eu une de ces peurs ! Quel idiot tu es !
-Bien sûr, je faisais semblant. Qui sortirait avec Noah ? Désolé de te dire ça, mais une fille comme toi aussi peu populaire et sans aucune beauté qui plus est, ne peut pas m'intéresser. Tu n'es pas à ma hauteur.
-Il faudrait qu'elle consulte un chirurgien la pauvre. Un conseil chérie, change de couleur de cheveux parce que franchement, on en a tous marre d'être aveuglé par ton orange. avait ajouté Brena tout sourire avant de s'en aller.
Je n'ai jamais réussi à me remettre de leurs paroles. Bien sûr, je n'étais pas la fille la plus canon qu'il soit et j'avais bien conscience d'être légèrement en surpoids, mais jamais au grand jamais je ne mettais attendu à ce qui allait se passer par la suite. Une rumeur avait alors circulé mentionnant que j'étais une fille facile et avec lequel on pouvait s'amuser. Prenant sur moi et pour ne pas alarmer mes parents, j'ai supporté cette situation durant une moitié d'année, mais comme tout harcelés, j'avais changé et les professeurs finirent par en comprendre la raison. Par la suite, la question ne s'est pas posée, on a déménagé, profitant de la promotion de maman avec l'espoir d'arriver dans un coin un peu plus tranquille afin que je puisse me reconstruire. Nous sommes donc venus nous installer ici à Phoenix, où j'ai tout de suite réussi à m'intégrer. Les gens ont été très accueillants et je me suis directement fait des amis. Il faut dire qu'après la grande dépression qui s'était abattue sur moi, mais dix kilos en trop avaient disparu depuis longtemps emportant cinq kilos de plus justes au cas où. Mes formes amincies, ont sans aucun doute été l'origine de ma rapide intégration. En seulement quelques semaines, j'étais devenue la fille la plus populaire de Phoenix, et ce en dévoilant seulement mes taches de rousseur, mes magnifiques iris verts, mon corps bien sculpté et mon caractère bien fichu.
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J'aimerais t'aimer toujours
RomancePeut-on retomber amoureuse après avoir vécu l'enfer ?
