L'Orphelin en armure

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Les tours étaient hautes et transperçaient les nuages, sur ces dernières, quelques gardes scrutaient l'horizon et d'autres somnolaient à l'ombre, assis sur une chaise avec leurs casques tombant sur les yeux. Chaque tour était relié par un mur épais composé d'énormes pierres blanches, et ces grands murs encerclaient la gigantesque Cité de Toulouse.

Dans cette cité serpentaient d'innombrables ruelles, il y en avait de très étroites et de très grandes. Dans les plus petites rues on pouvait trouver des personnes douteuses, voire dangereuses, mais qui pouvaient vous aider à obtenir des objets et des services introuvables ailleurs. Dans les plus grandes on se retrouver rapidement noyé dans la masse, en plein milieu d'un marché ou bien devant une estrade où se trouvait une vente aux enchères. Les quelques espaces dans la foule étaient destinés aux troubadours qui se donnent en spectacle pour gagner quelques pièces de cuivres. Toute cette activité s'animait autour du château, qui lui se trouvait en plein centre de la ville. Le tout se déroulait sous la bienveillance du souverain de la cité, le Roi Richard.


Le Roi était âgé, il avait une courte barbe blanche, quelques rides sur le visage, et son dos lui faisait parfois atrocement mal. Son dos douloureux se justifiait par les centaines de batailles qu'il eut à mener au cours de sa vie, ces mêmes batailles qui aujourd'hui justifient la place qu'il a sur le trône. Depuis de très nombreuses années, il veillait au développement de la cité ainsi qu'à sa protection. Il savait qu'un jour où l'autre il devras passer sa couronne, mais le Roi n'avait aucun enfant. Après plusieurs échecs avec sa compagne et après avoir consulter plusieurs médecins de renom du monde entier, le verdict était sans appel, le Roi Richard ne pouvait enfanter.


John était adossé au mur, l'arcade de son œil droit était ouverte et le sang coulait sur une grande partie de son visage. Il serrait les dents et se retenait de pleurer. L'un des trois voyous qui l'avaient agressés brandis un bâton au-dessus de sa tête, quand il était sur le point de frapper, le coup fut bloqué par une main gantée. A la vue du chevalier les trois voyous prirent la fuite.

Le chevalier s'agenouilla au niveau de John et ausculta sa blessure : « Ils ne t'ont pas raté... » dit le chevalier à John, « J'ai connu pire. », répondit John en gardant le visage fermé et en évitant de croiser le regard de l'homme à l'armure. Le chevalier observa John de la tête aux pieds, il portait un haut déchiré et ensanglanté par le sang qui avait coulé et son pantalon tombait en lambeaux, et ses chaussures, il n'en avait pas. « Où sont tes parents ? » demanda le chevalier, John ne répondit pas. « Tu es seul ? », insista-t-il, John continua de ne pas répondre et ne regardait toujours pas le chevalier dans les yeux. L'homme se redressa alors et observa John quelques secondes, John, lui, décida de partir, mais alors qu'il avait à peine fait un pas, le chevalier l'attrapa et le mis sur son épaule comme un sac à patates. «Lâche- moi ! », cria John en frappant le dos du chevalier. « Pas avant de t'avoir soigné ! », rétorqua le chevalier en laissant derrière lui l'endroit où John s'était fait agresser.

Le chevalier ramena John à la caserne, il l'assis sur une chaise bien trop grande pour lui à tel point que ses pieds ne touchèrent même pas le sol. John garda un visage des plus fermés. Le chevalier fouilla dans quelques étagères et pris le nécessaire pour désinfecter la blessure de John. " Ça risque de piquer un peu. ", prévenu le chevalier. Au toucher du produit John se retenu de montrer sa douleur. " T'as l'air d'être un dur à cuire toi. ", dit le chevalier à John en nettoyant le sang séché. John ne répondit pas et continuait de détourner le regard. Jusqu'à ce que son regard se pose sur l'épée que le chevalier avait à sa ceinture. Le chevalier remarqua que les yeux de John s'était posés sur la garde de son épée. Il la dégaina et la tendit en la tenant par la lame à John. Il empoigna le manche et quand le chevalier lâcha la lame, John n'eut pas la force de la tenir et la lame frappa le sol dans un bruit assourdissant de métal. Le chevalier éclata de rire, " Alors mon petit ! Montre moi ta force ! ". John usa de toute ses forces et releva l'arme à la verticale, un sourire étonné apparut sur son visage. " Bien... C'est un bon début... ", dit le chevalier en laissant un léger sourire se dessiner sur son visage. John regarda le chevalier dans les yeux d'un joyeux étonnement, le chevalier était heureux d'enfin croiser le regard de l'enfant.

L'attention du chevalier fut attiré par les bruits de pas d'autres chevaliers qui arrivait vers eux. " Chevalier Cardak ! D'où sort ce gosse ? ", dit l'un des deux autres chevaliers, " T'as encore découvert que tu étais papa Cardak ? Faut vraiment que t'arrête d'aller trainer dans les bas quartiers ! ", ajouta le deuxième chevalier. Le chevalier Cardak repris l'épée des mains de John et la rangea dans son fourreau, " Messieurs, j'ai des choses à faire. ", il attrapa John par le bras et parti à l'extérieur. " Ramène ce gosse à sa mère Cardak, on a pas besoin de lui ici. ", rétorqua un des chevaliers à Cardak qui partait.

John et le Chevalier Cardak était dans la cour de la caserne. Le chevalier Cardak regarda John de la tête aux pieds. John, lui, regardait enfin le chevalier dans les yeux. " Tu a un endroit où aller petit ? ", demanda le chevalier. John détourna le regard et fixa le sol quelques secondes, puis il releva la tête, les yeux remplies de larmes. Le chevalier compris rapidement que John survivait dans les rues depuis un moment, en voyant ces pieds meurtries et ces mains crasseuses. " Et merde... On va encore me prendre pour un fou... Aller viens ! ", il souleva John et le posa sur ses épaules. Et ils partirent tout les deux de la caserne.

Depuis quelques jours Cardak et John étaient dans la petite cahute miteuse de Cardak. Il falait savoir que Cardak etait un chevalier qui a connu la gloire il y a longtemps. Aujourd'hui ce n'est plus qu'un homme qui passe inaperçu en ville et à qui la barbe commencait à devenir grise. John, lui, suivait Cardak, s'était devenu son repère, lui, qui n'avait jamais eu de modèles en a trouvé un. Pas forcèment le meilleur modèle mais au moins c'était un homme qui ne voulait pas de mal à John.

Trés souvent, le soir, Cardak partait boire à la taverne, certainement pour oublier qu'il est un chevalier raté, John l'attendait toujours à la sortie de la taverne pour l'aider à regagner la cahute. Vu leur taille, Cardak se servait de John comme d'une canne en s'appuyant sur sa tête sans même s'en rendre compte. Cardak finissait souvent ivre mort le soir. Ca ne plaisait pas à John...

Des années passèrent...

Le soleil se lève une nouvelle fois sur la Cité de Toulouse. John se réveille. Il sort de sa cabane situé dans les bas quartiers, elle est faite de bois mort et sec, de morceaux de tissus déchirés mais c'est du luxe par rapport à sa vieille cahute. Il partit à la recherche de Cardak. Il était sans doute dans un fossé en train de vomir tout ce qu'il avait bu la veille. John était fatigué de le voir comme ça, il avait pris l'habitude de prendre soin de lui. Comme Cardak avait pris soin de John des années auparavant.

Il trouva Cardak assis par terre, adossé au mur de la taverne, il avait du vomi séché sur son haut et ronflait comme un ours qui rugit. John l'attrapa sous l'épaule et commença à le ramenait à leur cabane.

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⏰ Last updated: Feb 08, 2019 ⏰

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