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J'étais dans un café quand quelqu'un est venu se joindre ma table. Ce quelqu'un était une femme, jeune et belle. Je ne peux vous donner les détails de son apparence car aussi belle que ma mémoire me la décrit, il me présente une image floue de son visage. Mais je sais, au fond de moi et je peux mettre ma main au feu, sa beauté était des plus rares mais ne subsiste plus. Son regard vide me fixait criant intérieurement au secours. Alors en gentleman j'ai voulu lui demander si elle allait bien mais elle a été plus rapide et a pris la parole.
- Expliquez moi donc mes tourments s'il vous plaît car j'aimerais m'en sortir mais chaque fois que je fais un pas de plus, peu importe la direction prise, je fais mal et je m'enfonce. Plus les jours avancent, plus mon état s'empire.
Un jour, je rentrais à pied chez moi quand j'ai mis mes écouteurs pour savourer les symphonies de Hans Zimmer.
Incroyable, sa musique était tout simplement incroyable. Chaque accord et combinaison d'accord traduisaient avec grâce des vers, des rimes, des poèmes, que l'on ne comprenait qu'avec un état d'esprit.
Alors que je me laissais bercer par l'harmonie des violons et que je marchais, mon esprit s'est détaché. Observant mon corps... s'éloigner, d'un pas machinal et sans expression, l'autre partie de moi, immatérielle, a pris la direction opposée puis, il a fermé les yeux, se laissant guider par la tristesse et la folie.
La musique était pour moi, une sorte de clé pour déjouer l'espace-temps. Avec elle, je partais du nord au sud dans le monde, d'un endroit à l'autre en une paire de secondes. Même si au fond, je savais très bien que ce n'était qu'une illusion car il n'y avait que mon esprit qui se mouvait et plus incroyable, c'est que même ces mouvements, j'en étais spectatrice. Une illusion des plus agréables. Une illusion semblable à un miroir qui me montrait ma nature, ma vraie nature qui n'est que perversité. Une illusion qui n'était que le reflet d'une face cachée.
Mon esprit s'est retrouvé où il allait le temps d'un clignement d'œil. Assis sur une chaise, au milieu d'une brume, il a levé la tête lentement et avec effroi pour voir ce qu'il s'attendait à voir. Le K.O. La couleur rouge dominante sur l'image d'une mer ensanglantée sous la brume dans laquelle gisaient de nombreux corps sans vie.
Il s'est levé et a marché au milieu de ces cadavres. Ces gens, je les avais connus. Je connaissais leur vie et le regard de désespoir que mon esprit leur portait était dû au fait qu'ils avaient fini ainsi par ma faute.
Arrivé au sommet d'une montagne où la brume n'arrivait pas, il a aperçu une petite fille assise et s'est joint à elle. Dans un silence il a observé et détaillé la spécificité de son apparence. Elle portait une salopette bleue et sur sa tête, un chapeau étrange qui recouvrait la totalité de ses cheveux et une partie de son visage. Ses yeux dépourvus d'iris, se perdaient dans le vide et laissaient déborder quelques larmes bleues. Sans avoir détourné du regard, elle savait que mon esprit était là, près d'elle. Sa bouche s'est étirée en un sourire.
- C'est donc ça notre fin, à nous deux, a-t-elle soufflé. Peu importe notre choix, que nous décidons de continuer ou de rester sur place, nous sommes déjà damnés.
- Oui, lui a-t-il répondu d'un ton larmoyant, et si j'avais su, pour t'éviter cela, je ne t'aurais pas créée ZOD.
Alors mon esprit s'est jeté dans le vide mettant ainsi fin à cette illusion pour retrouver mon corps qui se trouvait déjà à la porte de chez moi.
Depuis l'enfance il m'avait toujours été facile de sortir d'un cauchemar, il m'avais toujours suffit de réaliser que rien n'était réel. Maintenant, ils me surprenaient dans la rue et me dévoraient en plein jour et la seule réalité qui me servait de refuge n'était plus qu'un endroit où mon corps se pavanait en camouflant ce qui m'arrivait.
J'ai séché mes larmes et remis mon masque de bonheur avant de pousser la porte d'entrée chez moi.
Que pouvez vous me dire? Est-ce que vous pouvez me consoler? Avez-vous un conseil à me donner, une astuce, pour sortir de ce cercle? Non évidemment. Vous ne comprenez certainement pas, c'était le but de toute façon.
Perdu dans la confusion et l'incompréhension, je me contentais de la fixer. Si j'avais su qu'elle projetais sa fin... Aujourd'hui je ne peux que regretter de n'avoir rien pu faire pour elle.
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Insomniaque
HorrorCet oeuvre n'est qu'une suite de texte. J'essaie au mieux que je peux, de vous montrer le cercle vicieux de la dépression par différentes scènes.
