Dans un charmant petit village niché au cœur de la montagne, la brise était douce et tiède, le soleil avait l'air d'être l'invité permanent et le lac en contrebas baignait la vallée d'une atmosphère tranquille.
Le climat semblait en parfait accord avec tous ces éléments et la clémence des dieux permettait aux habitants de se suffire à eux-mêmes, sans intervention extérieure.
Cette bourgade se nommait tout simplement "le-village-sous-la-colline" et tout le monde y vivait en paisible harmonie.
Chaque été y était organisée une fête pour élire la reine de ce village, qui était choisie parmi les jeunes adolescentes le soir de la Saint-Jean. Les enfants en particulier attendaient donc cette soirée avec beaucoup d'impatience et d'excitation.
La particularité de cette élection résidait dans le fait qu'à cette occasion, les trois fées qui veillaient sur ce village descendaient de leur colline toute proche pour apporter leur contribution au choix des villageois. Elles octroyaient trois dons supplémentaires aux qualités innées de la jeune reine, grâce à leurs pouvoirs magiques. Pour ce faire, elles ne se séparaient jamais de leur baguette et on ne les rencontrait qu'ensemble. Elles avaient en effet failli être perdues lors du dernier mauvais sort de la méchante Kalima qui régnait aussi quelque part sur la colline. Mais son repaire n'avait jamais été découvert, où qu'il fût.
Alors, de temps en temps, une tempête ou un violent orage rappelait aux villageois qu'il n'y avait pas que de bons esprits autour d'eux. Mais ces manifestations étant comme toute assez rares, elles n'étaient considérées que comme des contrariétés passagères par les habitants.
Or donc, en ce soir de liesse, tous les enfants étaient rassemblés autour du grand feu de joie traditionnel. tout le monde chantait et dansait en tournant tout à la fois autour du feu et autour des jeunes filles qui formaient un petit cercle à deux pas des flammes. Les garçons ouvraient grand leurs yeux pour s'efforcer de choisir la plus belle de leurs compagnes. Tout cela donnait lieu à des bousculades et des rires dans une ambiance bon enfant.
Soudain, un garçon s'écria :
"Mes amis, il nous faut choisir à présent notre reine, alors ouvrons l'œil et donnons chacun un avis...
Le petit groupe de jeunes filles se resserra, conscientes de cet examen, un peu intimidées mais néanmoins habituées aux commentaires qui n'allaient pas tarder à suivre. Ceux-ci étaient destinés non à choquer ou à vexer, mais juste pour pousser les garçons à faire leur choix en fonction de leurs affinités. Après quoi, un nom se détacherait et remporterait la victoire.
Pour l'heure, personne n'osait rien dire et les garçons, retranchés dans leur timidité d'adolescents, examinaient leurs compagnes de jeux, soudains revêtues d'un intérêt nouveau.
Les chants s'étaient arrêtés et le temps semblait suspendu. La ronde des jeunes hommes se ralentissait au fur et à mesure des choix de chacun, puis elle reprenait, comme une inspiration-expiration, mouvement ample et mesuré.
Soudain, obéissant à un signal muet, la ronde stoppa. Les rires mêmes et les chuchotements se turent, sans qu'aucune parole n'eut été prononcée. L'atmosphère, de paisible et joyeuse, était devenue électrique et pleine d'attente. On n'entendait plus que le crépitement des flammes et l'air s'était chargé d'une odeur piquante de silex qui achevait d'énerver les enfants.
Les filles se regardaient en souriant timidement et les garçons, pour certains du moins, étaient tout aussi timides. Enfin, un garçon un peu plus déluré que les autres se détacha du groupe et prit la parole :
"Qui a fait son choix parmi les filles ?"
Et ce fut le point de départ d'une discussion animée où tous les garçons se mirent à parler en même temps pour faire valoir leur point de vue personnel.
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La colline aux trois fées
AventureComme chaque année, les jeunes du village-sous-la-colline élisent leur reine. En ce soir de la Saint-Jean, c'est Juliane qui est couronnée et qui reçoit en cadeau trois dons délivrés par les fées Amandine, protectrices de cette petite bourgade. La s...
