Nous étions allongés depuis une bonne heure sur l'herbe fraîche verdoyante du parc de la ville. Nos yeux ne quittèrent pas ce ciel plus d'une seconde, comme envoûtés, mais en paix. Le silence était présent même si, derrière, les douces et légères brises de vents venaient et repartaient de temps à autre nous caressaient le visage en nous rappelant tout de même, que la réalité nous attend. Mais nos yeux restèrent accrochés, enchaînés, par ce doux ciel bleu, accompagné de ses fidèles compagnons les nuages et le soleil. Nos respirations étaient lentes. Je fus surprise d'entrelacer mes doigts aux siennes, mais je le fus encore plus quand il les prirent et les serrèrent du mieux qu'il pouvait. Était-ce un adieu ? Une rupture ? Je n'en sais rien. Mais ce geste réussi à me faire arracher un frisson qui fit battre mon cœur un peu plus rapidement. Beaucoup plus rapidement. Ne voulant pas m'arrêter à ce toucher aussi doux que brûlant, je pris mon courage à deux mains et j'ai tourné la tête aussi lentement que je pouvais le faire et prise d'un élan d'adrénaline, je me suis mise à le regarder. Je n'oublierais jamais ce regard. Son regard était presque vide. Non, il l'était. Ses yeux noisettes se perdirent entre deux nuages quelques secondes puis reprirent leur vivacité quand il détourna sa tête en ma direction. Ses lèvres commencèrent à trembler, ce n'était pas le temps me suis dis-je puisqu'il ne fait pas froid. Quelque chose clochait. Il resta là à me fixer, serrant de plus en plus fort ma main aux doigt rongés par le stress de la vie quotidienne et m'adressa un regard personnel. Un regard qui pénètre votre âme. Un regard à vous arracher le cœur et à le réduire en miettes. Un regard à vous briser intérieurement, un regard fait pour tourmenter vos nuits. Et c'est la que j'ai su. Mais avant que je puisse le consoler, lui dire que je serais toujours là pour lui, qu'il ne devait pas se cacher ainsi et ruiner sa jeunesse, il me chuchota de sa triste et faible voix cassé, ces phrases qui me firent douter de l'acte qu'il allait commettre.
- Ne m'oublie pas Lana, parce que je ne t'oublierais jamais. On se retrouvera, je te le promet.
Puis il se leva et partit, ne m'adressant pas un seul regard. Si seulement j'avais su.
