La légende de Céleste

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La légende de Céleste


Oui, en vérité, le jour où je l'ai rencontrée restera sûrement gravé dans ma mémoire jusqu'à ma mort.


Nous étions fin Septembre, dans la seconde plus grande ville d'Etygna, Andupal.

Comme chacun le sait, les élèves de l'académie d'Andupal doivent rendre chaque mois une de leurs histoires à leurs professeurs, laquelle est ensuite notée, puis les meilleures histoires de chaque classe sont publiées dans le recueil officiel de l'académie. Celui-ci permettant de financer l'académie ET de faire connaître de jeune sauteurs en herbe.

Comme tout étudiant en manque d'inspiration, la peur me gagnait petit à petit, et comme tout homme, quand la peur me dévorait les entrailles, je sombrais dans l'un des plus vieux vices de l'humanité,l'alcool.
Durant plusieurs jours je me rendis à la taverne du coin: « L'étudiant endormi ». Au début, je m'installais au comptoir plume à la main,j'écrivais quelque ligne par-ci par-là sans oublier évidemment de prendre une gorgée de bière, au début avec parcimonie, mais rapidement, il s'avéra que l'agitation propre à chaque taverne et la boisson ne faisait pas bon ménage, surtout quand l'inspiration venait à manquer. Au final, je passais de plus en plus de temps à boire. Un peu plus chaque jour.

Durant une journée où le ciel était noir, depuis lequel tombaient des cordes, je rejoignis ce comptoir que je connaissais déjà bien —comme toujours, je m'installais, plume à la main et tentais de réfléchir —, ce jour-là cependant, la taverne était plus bruyante que d'habitude, en effet, des brigands de bas étages perturbaient la bonne humeur générale, menaçaient les clients,harcelaient les serveuses, et insultaient copieusement le tavernier.
Malgré la tension, les musiciens — des professionnels sans aucun doutes —continuaient de jouer leur musique joyeuse sans sourciller.

Un des clients finit cependant par s'attirer la foudre des bandits, sans sommations, les brigands bondirent sur lui, dagues à la main,s'approchèrent du pauvre homme en braillant des inepties incompréhensible dues à l'alcool. Tout le monde — excepté les musiciens — retenait son souffle, tout indiquait que sur le sol de la taverne allait bientôt se répandre du sang.

Soudain,la porte de l'établissement vint taper si fort sur le mur que des trophées de chasse tombèrent, tout le monde, sans exception, se tourna vers la porte, et aperçurent cette femme au visage impassible avec son épais manteau noir et ses cheveux cendrés.

Durant un instant les nuages se dégagèrent et le soleil brilla derrière elle, la faisant presque passer pour une envoyée des dieux.



Après cette entrée théâtrale, la femme jaugea les bandits du regard,pendant une demie-seconde, avant d'avancer d'un pas assuré vers le tavernier. Personne ne comprit vraiment pourquoi, — peut-être était-ce l'alcool, l'entrée théâtrale, ou bien même les deux—, mais à son approche, les bandits s'écartèrent en s'excusant,jetèrent maladroitement une petite bourse à l'aubergiste, et quittèrent la taverne en titubant. Un client referma la porte restée ouverte jusque-là et soudainement l'établissement reprit vie. Les musiciens recommencèrent à jouer, les clients à boire et à rire.

La femme commanda simplement à manger au tavernier, puis elle posa ses grands yeux bleus azurs sur mon cahier et mon crayon, en haussant légèrement les sourcils. Elle me demanda comment je pouvais espérer arriver à me concentrer, pire encore, écrire quelque chose qui tienne la route dans une taverne aussi bruyante.

C'est ainsi que je l'ai rencontrée, et que ma vie à changer du tout au tout.
À l'heure où j'écris ces lignes, la plupart d'entre vous connaissent certainement cette femme et son histoire, cependant, pour les possibles ignorants, les personnes trop jeunes, ou encore pour la postérité, je vais vous conter — et ce, dans son intégralité—l'histoire, que dis-je, la légende de Céleste.

La légende de CélesteMga kuwentong kahuhumalingan mo. Tumuklas ngayon