Le temps est un joueur avide
Il a filé entre mes doigts
Cynique, implacable et rapide
Trop pour moi.
Tes traits se brouillent comme un mirage
Voilà quasiment deux années
Que s'évanouit ton image
À jamais.
Mon cœur, les bêtes l'ont dévoré
Je demeure à présent de glace
Car sous les ponts, l'eau a coulé
La vie passe.
Dans ma tête résonnent tes mensonges
Quand tu me promettais « toujours »
Je ne l'avouerai, mais j'y songe
Tous les jours.
La douceur des premiers serments
Plus envoûtants que la musique
Laisse dans ma bouche un goût de sang
Métallique.
J'ai dû mettre mon deuil sur pause
On me parle trop souvent de toi
Je t'en supplie, dis quelque chose
Écris-moi.
Je tâte pour trouver la blessure
Mais ma chair est pourtant intacte
C'est mon palpitant qui fissure
Et se craque.
Ne crois pas tout ce qu'on t'a dit
Tu ne me reconnais donc pas ?
J'ai certes vieilli, mais je suis
Toujours là.
Aujourd'hui, ton absence me ronge
Baignant mes joues de larmes acides
Et dans la nostalgie me plonge
Je suis vide.
Et parfois, mes regrets sont pires
Quand je repense à toi la nuit
Humant le vin du souvenir
Qui s'enfuit.
Tu cribles de milliers d'aiguilles
Chaque centimètre de mon cœur
Sois sage et tiens-toi plus tranquille,
Ô Douleur.
Je pensais retrouver ma force
Mais la piqûre ne s'est pas tue
Et transperce à nouveau mon torse
Où es-tu ?
Dans la nuit et la solitude
Le drap froid devient un linceul
Dans la rue et la multitude
J'erre toute seule.
Je n'ai plus l'image ni le son
Pour fuir mon âme mélancolique
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Spleen 623
PoetryRésurgences du 13 octobre 2018, après 623 jours passés à tenter d'oublier. « Je suis le spleen et toi l'idéal Tu es la fleur, je suis le Mal. »
