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13 octobre 2018

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Le temps est un joueur avide

Il a filé entre mes doigts

Cynique, implacable et rapide

Trop pour moi.


Tes traits se brouillent comme un mirage

Voilà quasiment deux années

Que s'évanouit ton image

À jamais.


Mon cœur, les bêtes l'ont dévoré

Je demeure à présent de glace

Car sous les ponts, l'eau a coulé

La vie passe.


Dans ma tête résonnent tes mensonges

Quand tu me promettais « toujours »

Je ne l'avouerai, mais j'y songe

Tous les jours.


La douceur des premiers serments

Plus envoûtants que la musique

Laisse dans ma bouche un goût de sang

Métallique.


J'ai dû mettre mon deuil sur pause

On me parle trop souvent de toi

Je t'en supplie, dis quelque chose

Écris-moi.


Je tâte pour trouver la blessure

Mais ma chair est pourtant intacte

C'est mon palpitant qui fissure

Et se craque.


Ne crois pas tout ce qu'on t'a dit

Tu ne me reconnais donc pas ?

J'ai certes vieilli, mais je suis

Toujours là.


Aujourd'hui, ton absence me ronge

Baignant mes joues de larmes acides

Et dans la nostalgie me plonge

Je suis vide.


Et parfois, mes regrets sont pires

Quand je repense à toi la nuit

Humant le vin du souvenir

Qui s'enfuit.


Tu cribles de milliers d'aiguilles

Chaque centimètre de mon cœur

Sois sage et tiens-toi plus tranquille,

Ô Douleur.


Je pensais retrouver ma force

Mais la piqûre ne s'est pas tue

Et transperce à nouveau mon torse

Où es-tu ?


Dans la nuit et la solitude

Le drap froid devient un linceul

Dans la rue et la multitude

J'erre toute seule.


Je n'ai plus l'image ni le son

Pour fuir mon âme mélancolique

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