Chapitre 1 : L'éveil 1ère partie

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Il existe, certainement, des millions de façons de vivre dans une immense ville, ces grandes villes où personne ne se connait réellement. Les immenses immeubles donnent le vertige, la foule se presse pour vivre sa journée, le bruit est assourdissant et nous empêche d'entendre nos pensées.

 Voilà l'inverse de notre ville : Atlantes. La ville de tous les ennuis mortels et de la monotonie permanente. Tous les matins, j'y croise mon ancien instituteur qui me salue par mon prénom, l'ancienne boulangère qui avance tellement lentement que l'on se demande si elle arrivera à destination avant le soir, le garagiste, le boucher... Je connais tous les gens ici et tous se connaissent. C'est une petite ville proche de l'océan.

Atlantes. La ville d'où part la légende d'Atlantide. C'est pour ça qu'elle s'appelle comme ça, enfin, c'est ce que l'on m'a raconté. Je doute de la véracité de toutes ces histoires car jamais je n'ai vu un seul évènement spectaculaire dans cette vieille ville décrépie, à part le feu d'artifice tiré pour le 14 juillet. Ils y mettent tout le budget de la ville, ça en fait leur fierté mais à côté, rien. Le vide. L'ennui avec des gens ennuyeux, un paysage triste et sans intérêt. La seule chose positive que l'on peut trouver à Atlantes c'est sa proximité avec l'océan. Mais malgré ça, personne ne vient s'installer ici. Personne ne s'intéresse plus à la légende d'Atlantide et cette ville est tellement sinistre que personne ne veut venir y vivre et je les comprends.

Je me suis souvent demandé ce qu'aurait été ma vie ailleurs, ce que sera ma vie lorsque j'aurai mon bac et que je quitterai enfin cet univers pour m'envoler vers les grandes villes universitaires. J'ai tellement hâte de quitter tous ces gens, j'ai tellement envie de voir d'autres visages, d'entendre d'autres sons que celui de l'église, du marché, de mes pas avançant toujours sur le même goudron usé. La liberté de vivre sans être déjà condamnée par ses pairs.

Car je suis une exclue. C'est l'inconvénient d'être depuis toujours dans la même ville, les gens vous connaissent depuis la plus tendre enfance et vous ont jugée depuis longtemps. Malgré ma proximité avec la fille la plus populaire du lycée, je ne suis pas bonne à classer. Les groupes se sont fait parmi les plus rebelles, les plus fashions, les plus drôles et les moins drôles, les intellos, les cancres, les sportifs, les chanteurs, les acteurs, les geeks, les timides, les holdschools...

Mais moi, je ne suis dans aucun des groupes. J'ai été passionnée, pendant des années, par la légende qui a forgées les jeunes années de cette ville, les sirènes. S'ils avaient pu, ils m'auraient certainement inventés un nouveau groupe : les fous à lier ! J'ai tenté de les convaincre que les sirènes d'Atlantide sont venues à Atlantes et ont eu des relations, des amitiés, des amours avec des humains. Avaient-ils besoin de preuve pour y croire ? L'imagination ne pouvait-elle pas leur suffire? 

Je suis devenue invisible pour une bonne partie de mes pairs. Une ombre passe au-dessus de moi, je suis assise par terre dans une partie de la bibliothèque du lycée. Personne ne passe par ici, normalement. Ici, je suis tranquille pour lire. Je suis en pleine découverte de Robin Hobb : « L'assassin royal ». 

- Ah ! Tu es là ! me crie Malika d'une voix criarde qui arrive à passer à travers la musique, très forte, que me diffuse mon casque dans les oreilles.

Je ne prends pas la peine de lever les yeux vers ma meilleure amie. Je sais que c'est elle et qu'elle a fini l'édition du journal du lycée. Celui-ci même qui paraitra, dès le lendemain, sur le site mais également dans la main de certains élèves qui aiment le lire dans la cour en poussant des hurlements bestiaux. Je la sens s'impatienter à mes côtés. Son pied tapote légèrement le sol en signe d'agacement mais je fais comme si je ne l'avais pas vue, ni entendue (ce qui est absolument impossible) et termine ma page. Malika est ma meilleure amie depuis notre enfance. Nos parents sont amis et nous avons grandies ensemble, on se complète assez bien, elle est extravagante et je suis réservée. Elle m'a toujours soutenue, comprise et acceptée comme je suis.

Atlantes *Shalia (nouvelle version)Historias para obsesionarse. Descúbrelo ahora