Harry Potter, jeune garçon de 19 ans, vainqueur de Tom Jedusor alias Voldemort, aussi surnommé le Lord Noir, n’aspirait qu’à une seule chose en rentrant de son école d’Auror en cette soirée du 24 décembre : être tranquille devant un bon repas et devant un bon feu de cheminée avec l’homme qu’il aime.
Son couple avait fait jaser comme pas possible, mais avec une persuasion sans égale, il avait montré aux journalistes et autres mauvaises langues que leurs avis le laissaient de glace. On lui avait assez dit ce qu’il fallait qu’il fasse pendant son adolescence, maintenant il faisait ce qu’il voulait de sa vie. La menace fut totalement comprise et acceptée au vu de la puissance magique cumulé du couple.
Quand il rentra au 12 Square Grimmaud, une bonne odeur de cuisine et une douce chaleur l’accueilli. A la fin de la guerre, il avait viré l’Ordre du Phénix sans sommation et avait entrepris de tout refaire. Il avait changé en premier lieu les protections liées à la maison pour mettre ses propres protections complétées par celles de son amant. On ne rentrait plus dans cette maison comme dans un moulin. Les connaissances en magie noire de son amant couplées à sa propre magie avaient fait des merveilles pour détruire le portrait de Mme Black qui trônait dans l’escalier.
Il posa ses affaires d’école dans le placard de l’entrée puis il se dirigea vers la chambre pour prendre une bonne douche. Les cours avaient été plus pratiques que théoriques aujourd’hui, ce qu’il adorait, et il avait l’impression qu’une couche de crasse lui barbouillait le visage et le corps. Son amant savait très bien qu’il était rentré. Etant quelque peu maniaque, il n’aimait pas trop quand Harry venait se coller à lui et l’embrasser en sentant la sueur et la crasse. S’il était d’humeur joueuse, il attendrait un peu avant d’aller le rejoindre sous la douche. Mais ce soir, Harry avait un doute car les bonnes odeurs qui s’échappaient de la cuisine lui indiquaient que son amant serait très attentif à ses préparations.
Il entra dans leur chambre, se dirigea dans la salle de bain, se déshabilla, mit ses affaires sales dans le bac prévu à cet effet et entra dans la douche après l’avoir mise à bonne température.
Après s’être décrassé, il savourait sa douche quand une paire de bras s’enroula autour de sa taille. Il ne l’avait pas entendu venir, son amant étant la discrétion incarnée. Il posa sa tête dans le creux du cou de son homme. Il avait eu une poussée de croissance peu de temps avant la fin de la guerre et était dorénavant quasiment aussi grand que son aimé.
Son amant commença à lui embrasser le front, puis le retourna pour l’embrasser avec passion.
- Humm ! gémit Harry.
Il s’écarta un peu.
- Je pensais que tu ne viendrais pas, au vu des bonnes odeurs dans la cuisine.
- Tu oublies encore trop souvent que nous sommes des sorciers. Dois-je te rappeler qu’il existe des sorts pour garder à température. Suis-je bête, tu n’as jamais été doué en potions, donc tu ne dois pas te souvenir de ça ! railla son amant, un sourire aux lèvres.
- Tu n’es pas très sympa avec moi, Sev. Mais tu n’as pas tort pour les potions, je ne serais jamais doué. Peut-être que mon professeur ne savait pas m’enseigner les choses correctement aussi, en profita Harry, tout en lui tirant la langue.
- Sale gamin, riposta Severus.
Il embrassa à nouveau Harry pour l’empêcher de dire de nouvelles bêtises, du moins c’est ce qu’il faisait croire. Il aimait cette tête de mule qui l’avait sauvé de la mort.
On peut aisément comprendre pourquoi leur couple avait pu déchaîner les passions. Comment Harry Potter, sauveur du monde sorcier, pouvait-il s’être amouraché du tyrannique professeur de potions Severus Snape, ancien mangemort reconverti en espion pour l’Ordre ? Leur mise en couple ne concernant qu’eux, Harry avait bien fait comprendre aux « bien-pensants » qu’ils pouvaient aller voir chez les Moldus s’ils y étaient, tout en déployant un peu de sa puissance magique, histoire de montrer qu’il ne rigolait pas avec ses menaces. Ce jour-là, Severus avait réussi à garder son flegme légendaire mais ces yeux riaient pour lui. Seul Harry l’avait remarqué.
