Il se réveilla, choyé par une merveilleuse sensation de bien-être, caressé par l'éclat et la douce chaleur du soleil printanier. Printanier ? Non, trop blême et dépouillé. Du moins, je m'en souvenais. Il était heureux, il le semblait. Il avait fait un rêve. Moi aussi, j'avais fait un rêve. On fait toujours un rêve, qu'on s'en souvienne ou pas. Je ne m'en souviens pas.
Cela faisait longtemps que je n'avais pas pleuré.
Après avoir mangé, il partit de chez lui. C'est ici que nous nous retrouvâmes, lui, moi et les autres, comme à notre habitude. Nous étions heureux. Du moins, moi, je l'étais.
Il faisait doux. Il le faut bien avec l'orage qui succéda.
Une fois arrivé, il s'assit. Je m'assis et les autres aussi. Le cours commença comme lundi, mardi, et caetera. Je l'oubliais, ainsi qu'il m'oublia.
Maintenant que j'y pense, c'était l'hiver, janvier.
Tout continua. À cet âge, on est heureux. Il le faut bien, sinon quand l'être, à part trop tard ? À vrai dire, je ne me posais pas toutes ces questions, il ne me les avait pas encore imposées.
L'hiver, tout se détruit. Émeraudes, les pans de sa robe fauchent âmes et esprits. Moi, j'aime bien parce qu'il fait bon. Mais lui était venu au printemps, boiteux et joyeux.
À midi, nous mangeâmes, finalement c'est la seule chose qu'il n'a pas changée.
En réalité, je préfère l'automne, c'est mon anniversaire. Ça n'a pas d'importance, la naissance, on ne la choisit pas. Pourtant je ne me rappelle pas qu'il voulût tout contrôler. Peu importe, ça ne s'arrête pas à ça.
Nous jouions, à 13 ans ça se fait encore. Nous étions heureux. Du moins, il le feignait.
Le soir on rentra, avec les autres, comme toujours. Et ça devait continuer. Je ne sais pas la suite, il ne m'en a pas parlé. Nous sommes allés dormir, chacun à sa façon. La veille du printemps, tout est annihilé. La dame en vert s'en va, chargée plus que prévu.
