Mercredi 20 septembre 2017
Bonjour, appelez-moi Leera,
la personne que j'admire le plus dans ma famille, c'est mon arrière grand-mère qui s'appelle Jacqueline.
C'est une femme de 90 ans, mais ce qui est le plus remarquable chez elle, c'est que, même À cet âge, elle est encore en pleine forme, hormis deux ou trois petits problèmes de santé. Pourtant, elle n'a pas arrêté : elle a eu six enfants, un mari qu'elle n'aimait pas mais qu'elle avait appris à apprécier avec le temps, presque à admirer.
D'ailleurs, ma bisaïeule me parlait souvent de lui, me disait qu'il avait été soldat, qu'il avait fait la seconde guerre mondiale, me racontait ses premiers jours sur le champ de bataille, qu'il lui avait racontés dans ses lettres et à son retour: il devait avancer dans la boue avec tout son barda, qui pesait des tonnes et la peur de crever.
Avec ses compagnons , il devait survivre dans les tranchés, les obus pleuvaient autour de lui, démembrants un ou deux hommes au passage, les fusils et les mitrailleuses leur trouaient la peau, les soldats tombaient, touchés par des balles.
Elle me disait aussi qu'il faisait ça par devoir, par obligation et non par plaisir.
Il perdit beaucoup de camarades au combat, et fut blessé plusieurs fois, mais survécu malgré tout.
Pendant les cinq ans de la guerre, il dû supporter les sifflements, les explosions des bombes, la vision de ses camarades se faisant démembrer, déchiqueter par les obus, et les craintes de finir comme eux, puis fait prisonnier, puis libéré, pour finalement mourir juste quelques années après avoir échappé à cette tuerie, le temps de faire ses enfants... Au moins, il est mort entouré de ceux qui l'aimait.
Bref, mon arrière grand-mère s'est retrouvée seule avec ses enfants, mais malgré ça, elle a tenu bon, elle les a élevés jusqu'à ce qu'ils soient adultes et quittent la maison.
Ensuite elle a dû s'occuper de ma mère et de son frère.
Puis, je suis arrivée. On me raconte souvent que dès que je suis née, c'est la première personne qui m'a prise dans ses bras ( hormis ma mère et mon père ). C'était au "camping des Roquilles": Ce camping, c'est comme une tradition, une obligation, presque une malédiction: il n'y a pas une seule année où je n'y sois pas allée, comme ma mère, comme le père de ma mère... je n'y couperai donc jamais...!
En tout cas, tout se passait bien pour moi... Jusqu'au moment où... elle est née: cette horrible petite chose, toute fripée, qui partage les mêmes parents que moi, MA SOEUR!!!
Alors, pour faire passer le fait que cette chose avait gâché ma vie et m'avait volé mes parents, ma mère et mon père ont profité de mon innocence et m'ont fait croire, à la maternité, qu'elle m'avait offert un cadeau, une maison de poupée, et bien sûr j'y ai cru.
Finalement, plus pour la maison qu'autre chose, j'allais la voir assez souvent à la clinique. Et là, le pire est arrivé: elle a fini par sortir de la maternité: ma vie déjà gâchée s'est carrément réduite en bouillie.
Je l'entendais chialer tout le temps, matin, midi, soir, même la nuit...!
Je la voyais dans son berceau et tout ce que je voyais était une chose toute grosse, toute rouge, toute fripée, alors que tout le monde la trouvait mignonne.
Avec les années, je m'y suis faite, mais ça avait toujours du mal à passer, surtout en grandissant, mais au moins elle n'était pas restée aussi laide que quand elle est née !
Ensuite, il y a eu le moment où j'ai commencé l'école, je détestais ça. En plus elle était pourrie.
Mais à ce moment-là ça commençait à être un peu compliqué. On a acheté un terrain dans un village qui s'appelait st Bauzille de Putois, à côté de Ganges.
Comme le terrain était vierge et qu'il n'y avait pas de maison, il fallait la construire, du coup, un week-end sur deux on était à l'appartement en plein milieu de Montpellier et l'autre, on passait nos journées dans cette maison à moitié construite... le reste de la semaine on le passait dans un chalet, au milieu de la forêt, de notre forêt, que mon père avait construit peu de temps avant notre naissance. Je me rappelle qu'il n'y avait pas d'électricité et pas d'eau courante, alors on utilisait des batteries externes pour l'électricité, une grande parabole pour la télé et un arrosoir relié à une bonbonne d'eau pour la douche: c'était pas très confortable mais marrant.
Le matin, pour aller à l'école, il fallait faire du tout terrain en 4x4 pendant longtemps pour rejoindre la route, on voyait plein d'animaux, des fois mon père nous prenait sur ses genoux et nous laissait conduire en tout terrain, c'était vraiment génial. On tirait à l'arc, on apprenait plein de choses sur la nature, nos copines étaient des araignées, il fallait fabriquer des pièges à pluie pour avoir de l'eau.
Nous avons grandi avec nos chiens, qui nous tenaient compagnie et nous surveillaient, nous défendaient si les sangliers venaient trop près.
C'était agréable de vivre cette période où on avait plein de jeux dehors et où on se prélassait au soleil quand il n'y avait pas école...
On se faisait des cabanes où on voulait !
Quand venait l'hiver, le chemin en 4x4 avec la nuit et des fois la neige se transformait en train fantôme, souvent il fallait descendre de la voiture pour enlever des grosses pierres qui avaient roulées dans le chemin, des fois même, elles étaient si grosses que mon père était obligé de les casser avec une énorme masse.
Quand on arrivait au chalet, la chaleur d'un bon poêle nous attendait. C'était quand même bien la vie de « trappeur ».
La suite n'est ni originale ni vraiment marrante, j'ai continué d'alterner l'école primaire et le camping, jusqu'à ce que je rentre au collège.
Trois ans se sont passés à ce même rythme, et maintenant, je suis en troisième: quand je pense à tout ça, je regrette un peu cette période, mais maintenant je vis aussi des très bons moments, surtout que je me suis fait quelques amis au collège, avec qui je m'entends très très bien, et que je vois même pendant les grandes vacances pour partager des bons moments. De toute façon, on ne se quitte plus vraiment, grâce aux « réseaux sociaux »....
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Autobiographique
RandomSi vous voulez pas la lire on s'en fou, elle est chiante, c'est ma vie 😂. Non sérieux c'est juste pour les formes 😝.
