Alya réfléchissait. Elle était préoccupée et la façon qu'elle avait de mordiller pensivement son stylo trahissait son inquiétude. Sa meilleure amie lui cachait quelque chose et la jeune reporter le savait. Ses excuses étaient de plus en plus grotesques et malhabiles et Alya était persuadée qu'elle avait touché juste. Est-ce que c'était à cause d'Adrien ? Non, ça semblait plus grave que ça. C'était quelque chose de plus profond... Mais quoi ?
Elle gribouilla une phrase sur la page de son cahier et essaya de concentrer son attention sur le cours du professeur. Peine perdue. Pensive, son regard dériva vers Marinette qui admirait son voisin blond de devant avec une telle application que cela en paraissait presque inquiétant. L'apprentie journaliste, nota, non sans un certain amusement la lueur brillante dans les yeux de son amie lorsque les magnifiques yeux verts dont elle était amoureuse croisèrent les siens, d'une couleur bleu lagon. Elle rougit, se cacha le visage entre les mains, ouvrit légèrement les doigts, aperçut Adrien qui la regardait, interloqué, rougit de plus belle, et, plus morte que vive, se tassa sur son siège, l'air horrifié. Alya éclata de rire suivit de Nino, qui avait également assisté à la scène, hilare. Non, non elle n'avait pas changé. C'était juste une impression ; un sentiment glaçant, comme une petite voix, qui lui susurrait à l'oreille que Marinette étouffait la vérité, cette vérité, que la jeune fille avait bien l'intention de découvrir.
Plus tard, assise sur un banc, Alya se questionnait. Devait-elle en parler à Nino ? À Adrien ? Mais était-ce bien judicieux ? Est-ce que c'était si grave que ça après tout ? Elle ferma les yeux et soupira. Son amie allait la rendre folle. Elle la connaissait bien, trop bien même pour se laisser berner par Marinette. Peut être que les autres se laissaient avoir, mais pas elle.
Décidée à lui sortir les vers du nez, la reporter-en-chef du Ladyblog, prit son courage à deux mains et se dirigea vers la boulangerie des Dupain-Cheng.
Elle mit sa musique sur écoute et enfonça un écouteur dans son oreille. La mélodie lui faisait du bien et l'aidait à mettre de l'ordre dans ses idées. Elle marchait tout en chantonnant, préparant à l'avance les questions qu'elle allait poser à son amie quand elle aperçut deux formes indistinctes sur un toit. Ladybug et Chat Noir.
Ça doit être compliqué pour eux aussi se dit-elle Ne rien pouvoir dire à leurs proches...
Elle s'arrêta pour les observer. Ils discutaient, tranquillement, sans se soucier de ce qu'il y avait autour d'eux, comme si aucun problème ne venait troubler leur existence. A les voir ainsi, on pouvait presque croire que le Papillon n'avait jamais existé.
J'espère pour eux qu'ils n'ont pas des amis qui leur cachent des choses...
Une fois arrivée devant chez Marinette, elle sonna. Ses parents l'accueillirent chaleureusement et la jeune fille se dirigea vers la chambre de son amie. Mais au moment de toquer à la trappe, Alya se ravisa. Qu'est qu'elle allait trouver dans la chambre ? Elle tendit l'oreille et resta stupéfaite. Elle entendait distinctement deux voix dans la chambre de Marinette, DEUX ! D'un grand coup, elle ouvrit le loquet et poussa le panneau en bois, criant "Marinette" à celle-ci, passablement abasourdie. Manque de chance, la jeune fille était seule, et le téléphone qu'elle tenait dans la main prouvait qu'elle était certainement en train de discuter à distance. Son étonnement laissa la place un sourire sincère et la jeune styliste s'avança vers son amie afin de la serrer dans ses bras. Profitant du fait qu'elle ne la voyait pas, Alya balaya du regard la pièce, espérant trouver un quelconque indice, qui lui permettrait de percer le mystère qui entourait son amie. Ses yeux accrochèrent alors une minuscule boîte, sur le lit, munie d'un coussin, trop petite pour y rentrer du matériel de couture et trop grande pour y accueillir des bijoux.
«Oh c'est quoi ça ?» demanda innocemment la jeune journaliste, tout en se défaisant des bras de Marinette.
La brunette se pétrifia.
«Rien, rien...ce...c'est pour les bijoux que j'ai prévu de fabriquer !»
Alya dut s'empêcher de sourire. Le ton de la voix de son amie laissait entendre que les bijoux n'avaient rien à voir là-dedans et que cela concernait plutôt un autre sujet. Un sujet sensible. Voire secret. Elle était peut être enfin sur une piste.
Le coucher du soleil annonça la séparation des deux amies, qui, trop occupées à discuter, à rire et se prendre en photo, n'avaient pas vu le temps passer. Alya n'avait pas eu le courage de lui poser ses questions, par peur d'altérer la si bonne humeur de Marinette et, sa seule recherche se résumait à quelques questions subtiles, posées au hasard, entre deux conversations. Rien de concluant. Et pas de nouvelles non plus du côté de la boîte au coussin. Soupirant de déception, la jeune fille du se rendre à l'évidence. Son histoire ne tenait pas debout.
Le moral à plat, perdant de sa joie de vivre habituelle, Alya rentra chez elle après avoir salué sa meilleure amie. Elle traversait les rues en traînant des pieds, ignorant les messages de Nino, qui lui proposait un cinéma le samedi d'après. Même les couleurs chatoyantes du soleil de juin ne suffisaient pas à la persuader que tout allait bien.
Quelques jours avaient passé, et aucun problème n'était venu dérangé la paisible existence des habitants de Paris. Paisible...enfin presque. Alya tentait toujours de découvrir ce que lui cachait Marinette, certaine de pouvoir l'aider à porter ce secret. Le problème, c'est que plus son amie s'entêtait à ne rien lui dévoiler, plus elle se sentait blessée. Ses découvertes ne l'avaient mené à rien et les quelques allusions à "l'importance de parler à son entourage lorsqu'on va mal" qu'elle avait donné ne lui furent d'aucun recours. La seule chose qui l'avait maintenue dans la certitude de devoir savoir la vérité au plus vite était les mensonges de Marinette. Elle n'en finissait plus de lui donner des excuses plus dérangeantes les unes que les autres et Alya se sentait à bouts de nerfs. Que faire pour arrêter tout ça ? Abandonner et se dire que ce n'était qu'une impression ? Impossible. Cette froide sensation qu'elle ressentait toujours ne la quittait pas et s'accentuait au fur et à mesure que son enquête s'enlisait. Persévérer ? Mais est-ce que cela vaut au moins la peine de se torturer l'esprit pour ça ? Ses réflexions ne la menant nulle part, il fallait absolument qu'elle pense à autre chose.
Elle tourna la tête et ouvrit la bouche pour remplir ses poumons d'air frais. Assise sur son balcon, elle avait un paysage incroyable sur la capitale et la hauteur de celui-ci lui conférait un point de vue parfait pour observer les passants qui longeaient la route. Décidée à prendre une photo, elle sortit son téléphone qui explosait de notifications de son blog, qu'elle avait délaissé pour le "mystère Marinette". Le cliché pris, Alya l'observa, amusée de voir les têtes figées des passants dessus. Mais son amusement fut de courte durée. Elle avait aperçut un détail qui lui procurait un sentiment glaçant de peur et d'adrénaline. Une personne se trouvait sur la photo et elle avait une tête à ne pas vouloir être suivie.
Marinette.
Ni une ni deux, la jeune fille se précipita vers la porte et sortit de son immeuble en courant. Une fois dehors, elle se dirigea vers la rue qu'avait emprunté son amie tout en la cherchant du regard.
Retournant son téléphone dans tous les sens, se demandant où Marinette avait pu bien aller, Alya arriva devant une ruelle. Elle contempla l'image et la compara à l'endroit où elle était. C'était le même ! Son coeur battant frénétiquement dans sa cage thoracique, la jeune reporter s'avança. Au bout de l'impasse, elle distingua Marinette. Et elle eut soudainement l'impression que son coeur avait arrêté de battre.
C'était des habits normaux et maintenant une combinaison rouge à pois noirs.
C'était un sac en bandoulière et maintenant un yo-yo au fil infini.
C'était Marinette et maintenant Ladybug.
Après tant de jours, elle savait maintenant.
Un immense soulagement la submergea et la jeune fille expira longuement, se rendant compte qu'elle avait retenu son souffle pendant tout ce temps.
Sortant de sa cachette en courant, elle suivit les pas de son héroïne préférée, et l'aperçut avec son partenaire, sous le soleil couchant, assise sur les toits, occupée à être simplement heureuse.
Et le visage d'Alya s'éclaira d'un grand sourire.
Voilà la fiction est finie j'espère qu'elle vous a plu !
Bye !😘
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Amitié soudée [ONE-SHOT]
FanfictionAlya réfléchissait. Marinette lui cachait quelque chose c'était certain. Encore plus fatiguée, encore plus en retard... Un problème ? Non, elle ne voyait pas vraiment lequel son amie pourrait avoir. Un secret ? Possible... Mais entre meilleures amie...
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