Au petit matin, on s'est retrouvés, épuisés, à marcher dans les rues. Sans savoir vers où. On a fini chez moi, sans même nous être embrassés. On a mangé des pâtes puis, épuisés, on est allé s'allonger. Et ce moment-là je ne l'oublierai jamais. Il m'a demandé de me déshabiller puis m'a regardée sans broncher des pieds à la tête. Un regard qui aurait dû me terroriser, moi qui suis plutôt pudique et torturée. Mais, au contraire, il me donnait confiance en moi. Il me rendait belle. Personne ne m'a jamais regardée de cette façon... Finalement j'ai passé l'après-midi de ma vie. Jamais je n'avais fait l'amour comme ça. Comme si on était deux pièces de puzzle faites pour s'emboîter... Et on ne s'est plus lâchés.
En un mois, on a tout traversé ensemble, on a même vécu sans eau. On se lavait mutuellement au gant, dans la cuisine, il me lavait les cheveux... Mais jamais nous ne parlions d'avenir. Comme si on savait d'avance que notre histoire n'en avait pas. Comme si naturellement elle devait s'achever, comme elle avait commencé.
Et c'est ce qu'il s'est passé. Il s'est éloigné sur la pointe des pieds. Et m'a envoyé une lettre de rupture sublime : cinq pages, ma plus belle lettre d'amour. Il y parle de moi, de nous, m'explique qu'il a peur d'aimer, qu'il s'en sent incapable. Qu'il ne veut pas qu'entre nous ça s'effrite. En gros, 'je t'aime donc je te quitte'. Ça m'a tuée mais j'ai accepté. Ça faisait partie du personnage, torturé, sauvage, insaisissable. J'ai depuis rencontré un homme accessible, 'un mec de couple' avec qui la vie est douce. Et l'amour possible, sur la durée. Mais lui restera ma plus belle histoire d'amour."... :C
