Chapitre 1

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17:58

  Je sais. J'ai souvent provoqué la surprise de mes interlocuteurs. Ton père était mon professeur. Il m'avait répondu timidement par un hochement de tête avant de me précéder dans le petit escalier de sa salle de cours. Le bâtiment était excentré du reste de l'établissement. On y trouvait les salles de chimie au rez-de-chaussée, la salle d'art au premier et le CDI au dernier étage. Je suis restée silencieuse durant la montée, mais j'observais. J'avais remarqué sont petit cul bien rebondi et j'en ai immédiatement fait part à Laure-Hélène.Nous avons pris place dans la salle de cours, moi au premier rang, les yeux grands ouverts. Et les élèves sont arrivés à tours de rôle. 

Contrairement à ma première impression, aucune timidité ne transparaissait dans son comportement. Il était à l'aise face à la classe. C'était son terrain de jeux. Il s'avéra éloquent et dégageant un véritable charisme. 

 - Bon les jeunes, je sais que vous ne voulez pas être là, mais nous avons une épreuve de bac à réussir. Temps qu'à être ici, autant en profiter pour faire quelque chose d'intéressant.

 Les bases étaient données. Pendant son petit discours, je profitais pour le regarder plus en détails. J'estimais son âge aux alentours de 25, voire 27 ans. Mais un détail me chiffonnait. Les jeunes profs n'avaient pas autant d'assurance. Ça aurait dû me mettre la puce à l'oreille.
Dans son discours de présentation, il ne me lança pas un seul regard. Rien. J'étais totalement invisible. Cela me permettait de le dévisager en toute discrétion. C'est quand même gênant de se faire surprendre entrain de dévisager un mec. Tu ne crois pas ? Le souvenir de cette séance reste très flou. Aujourd'hui je ne garde que la sensation de mon corps ce jour là. Seule l'impression de faire face à un homme de caractère se dégage de ces deux heures de cours.

 Après être sorti de ce premier cours, j'étais donc dubitative. Je ressentais une sincère attraction pour ce Monsieur Marquina, mais je n'avais aucune attente envers lui. Il ne représentait qu'un nouveau fantasme dans ma petite existence bien rangée. Il était mon rendez-vous du mercredi, celui qui permettait à ma libido de ne pas s'éteindre complètement et qui m'offrait une raison de me faire belle le matin.Pourtant, je n'ai pas réussis longtemps à me contenter du fantasme. Tu sais, quand ton esprit te dicte l'inverse de ce que ta raison préconise.
Chaque séance, je tentais une nouvelle approché. Parfois je me montrais chaleureuse, d'autre fois plus froide. Je tentais de trouver le juste milieu qui le rendrais sensible à ma personne. Chaque semaine, je choisissais soigneusement la même table que lui pour réaliser mes travaux. Malgré une gêne palpable entre nous, je tentais à chaque fois de lancer la conversation, mais malgré mes effort, c'étais toujours en vain. 

 Je me souviens tout particulièrement d'un épisode où ton père avait donné un projet à la classe. Nous devions reproduire, avec un dégradé de gris, des objets comme une pomme ou un verre éclairés par une lampe. Jouer avec les ombres était une excellente idée. Le genre d'œuvre que j'ai toujours adorée faire par moi-même. Je m'étais assise à côté de lui comme à mon habitude. Je sentais les poils de mes bras s'hérisser. Il était si proche de moi. Je pouvais presque sentir sont parfum. Lui, avait une fois de plus changé de table, comme s'il voulait m'éviter. Il justifiait ça avec le fait "que c'étais une manière de voir tout les élèves". Il réalisait également les même projets que nous autre, mais avec talent et rapidité bien entendu. 

 - C'est sublime ce que vous faite Monsieur. Je suis super jalouse. Je prends deux fois plus de temps pour un résultat tellement moins cool.
- Ça vient avec l'expérience, mais ton travail est déjà très bien. Tu as tout ton temps pour t'améliorer. Et puis tout le monde ne peut pas être touché par la grâce divine. 

 Comme à son habitude il m'avait répondu en riant, mais sans jamais lever les yeux sur moi. Je décidais donc de lui répondre de manière faussement boudeuse : 

 - Oui mais ce n'est pas juste. Vous aussi vous allez vous améliorer. Ce sera quoi quand vous serez vieux ? Ça deviendra imbattable.
-Dans ma famille, on meurt jeune. 

J'étais resté sans voix. Sa révélation m'avait glacé le sang.Aucune touche d'humour cette fois. Le ton étais froid et fermé. J'en ai conclus que la conversation était belle et bien terminée  

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⏰ Terakhir diperbarui: Apr 12, 2018 ⏰

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