« Dépêche-toi, on va être en retard ! Je ne voudrais pas faire mauvaise impression !
-Oui j'arrive, deux minutes ! »
Ce soir-là, mon patron nous avait invitées Elsa et moi, ainsi que tout le reste de la société à dîner dans un grand restaurant gastronomique. Après avoir fait des pieds et des mains pour qu'Elsa - mon insupportable colocataire, étudiante en droit à qui j'attribue le titre de « meilleure amie »-, puisse nous accompagner, je me verrais très mal arriver avec dix minutes de retard.
« Allez !
-Oui, c'est bon je suis là ! Go on va être en retard ! »
Alors là je rêve ! Elle mériterait que je parte sans elle et que je la laisse passer la soirée seule avec Toby ! Toby c'est le mec qui l'a larguée la semaine dernière, juste après Thomas... Non pas que ma meilleure amie soit une fille facile mais on va plutôt dire qu'elle aime bien la présence masculine. Elle enchaîne les conquêtes et moi j'enchaîne les longs discours sur ma théorie des hommes et le sexe en passant de longues minutes à insulter vigoureusement chaque homme qui passe dans sa vie semaine après semaine... Un vrai travail à temps plein. En même temps il faut dire que j'ai le temps, quand je ne suis pas au travail je n'ai rien d'autre à faire. Aucune passion, je n'aime pas lire et la télé me donne la migraine. En plus de cela je déteste le shopping, les magasins sont toujours noirs de monde, impossible de circuler c'est une grosse perte de temps ! Je préfère largement m'installer derrière mon PC et faire les boutiques en ligne, une vraie parisienne moderne quoi ! Sauf qu'Elsa a explosé mon PC contre le mur prise de colère lors de sa dernière rupture qui remonte à deux jours – quand je vous dis qu'elle est insupportable ! – et j'attends encore qu'elle l'amène faire réparer. Tout cela pour en revenir au fait que j'ai énormément de temps libre – comparé aux personnes de mon âge – à gaspiller dans les histoires de cœur de ma meilleure amie. D'ailleurs, je parie tout ce que vous voulez que ce soir elle ne repartira pas sans le numéro d'au moins un de mes collègues.
« Bonsoir »
Nous avions rendez-vous pour vingt heures tapantes et il est très exactement vingt heure quatre. Merci beaucoup Elsa ! Nous prenons place rapidement autour de la table quand monsieur Danois, soit mon patron nous lance ;
« Eh bien ce n'est pas trop tôt ! »
Je lui lance un regard noir et baisse la tête. Je déteste quand il prend son air supérieur juste parce que son titre de « patron » lui en donne le droit et le devoir.
« On s'apprêtait à commander l'apéritif, vous voulez boire quelque chose ?
-Euh... Je prendrais bien un verre d'eau s'il vous plaît.
-Très bien et vous mademoiselle ?
-Pour moi ce sera un bon verre de vin s'il vous plaît.
-Très bon choix ! »
Elle a une facilité à parler aux gens qui m'a toujours impressionné.
L'apéritif se déroule à merveille. Nous avons parlé de la société, des points fort qu'il faut continuer à développer ainsi que des points négatifs. Après avoir longtemps étudié la mode, j'ai passé des concours et je travaille maintenant dans une grande agence parisienne. Elsa elle, n'a pas pu s'empêcher de parler d'elle et de ses études pour épater la tablée. Évidemment, la belle blonde n'a pas échappée au regard coquin de certains hommes célibataires. Nous nous apprêtions à commander le plat.
Soudain, des coups de feu ont retentis. Les gens qui étaient conscients de ce qu'il était en train de se produire se sont mis à crier et à courir dans tous les sens. Dans la panique autour de moi j'ai mis du temps avant de réellement comprendre. Je me suis finalement précipité sous une table feignant la mort. Je m'étais toujours promis que je resterais calme dans ce genre de situation. Mais face à la mort on ne prévoit pas comment on agit, on perd le contrôle de soi.
Autour c'était le chaos. Je cherchais Elsa des yeux. Elle était juste en face de moi sous une table. Les tirs fusaient, les hommes cagoulés aussi. J'avais de plus en plus de mal à respirer dans cette peur collective. Partout autour de moi des hommes et des femmes mouraient... Près d'une autre table j'aperçus une mère qui tentait de protéger son bébé. Le nourrisson ne devait pas avoir plus de six mois. Malgré son jeune âge, la balle a traversé le corps de sa mère atteignant son petit cœur qui ne battait que depuis quelques mois... A ce moment-là, je sentis mon cœur se déchirer. J'eus envie de me lever et de hurler mais je n'en ai pas eu le temps... Une balle venait d'atteindre mes côtes coupant ma respiration instantanément. Une seconde balle atterrit dans ma hanche. La douleur était insupportable. Je finis par me laisser tomber et, dans un dernier soupir j'ai fermé les yeux.
Je me sentais partir, c'était à peine si je pouvais encore sentir mon corps et la vive douleur qu'il contenait. J'entendis enfin le bruit des sirènes. Les coups de feu avaient cessé.
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Bleu turquoise
RomanceAlexandre, médecin à Paris tombe sous le charme de la belle Mélinda. Mais comment ne pas être jugé lorsque l'on tombe amoureux de sa patiente ? Entre les problème de la vie et cet amour impossible Alexandre saura-t-il faire les bons choix pour mener...
