Encore une petite heure et mon calvaire sera terminé. Je suis éreintée de cette journée, les clients n'ont cessé d'affluer. Je suis employée dans un restaurant et aujourd'hui bizarrement je n'en peux plus. Peut être parce qu'on est vendredi et que je suis enfin en week-end, sûrement. J'ai l'impression que mes jambes vont céder sous mon poids d'un moment à l'autre, de la vraie guimauve. Et puis je ne parle pas de ce sourire de façade que j'ai collé sur le visage. Ce sourire poli que je sors à tous les clients. J'en ai mal aux joues à force de sourire faussement mais je n'ai pas le choix.
-Mademoiselle. M'appelle un client. Je me dirige donc naturellement vers lui en slalomant avec mes collègues. Le pire dans ce job ? Nous sommes sur des patins à roulettes et oui c'est une sorte de restaurant rétro comme dans le temps. Je me place en face de la table puis sors mon calepin ainsi que mon stylo et attends patiemment que mon client se décide mais rien.
-Que désirez-vous ?
-Vous. Encore un client lourd, je ne lève même pas la tête cela doit être encore un des petits vieux pervers qui draguent tour à tour mes collègues et moi. Bien sûr nous ne pouvons rien dire -le client roi.
-On a plus en stock, autre chose ? Dis-je le plus calmement possible. Je lève enfin la tête et miraculeusement ce n'est pas un vieux, c'est un jeune dans mes âges. Il est beau, très beau. Il possède des cheveux bruns qui semblent si soyeux et doux que je n'ai qu'une envie plonger ma main dans ceux-ci. Puis ses yeux chocolats me donne envie de fondre intérieurement. Ils ont la couleur de la mousse au chocolat que ma mère et moi préparions, on remplissait les tasses mais aussi nos vêtements qu'avons nous pu rigoler. Je me ressaisis et le fixe, il me fixe et regarde mon buste. Super encore un qui regarde ma poitrine mais en réalité son regard semble plus haut je baisse la tête et constate qu'il fixe le collier que mon père m'a offert quand j'étais plus petite. Il est en argent avec une pierre rouge sang incrustée dans celui-ci. Je le regarde à nouveau mais d'un coup ses yeux s'écarquillent j'abaisse donc à nouveau mon regard et constate que la pierre émet une puissante lumière, elle scintille de mille feux. Puis une autre lumière rouge attire mon attention, sa main. Sur celle-ci se trouve une bague avec une pierre semblable à la mienne, elle brille également. Cette situation est très bizarre je décide de partir de sa table et demande à une collègue de prendre sa commande. J'ai pendant le reste de mon service évité tout contact avec lui, même passer à ses côtés.
Ma patronne me libère enfin, je salue poliment mes collègues puis pars au vestiaire, une fois mes habits de ville enfilés je prends mon sac et sers convenablement mon manteau autour de ma taille. J'ouvre la porte de service et constate avec émerveillement qu'il neige, normal nous sommes début décembre. Je mets mes mains dans mes poches pour les protéger un minimum du froid qui m'entoure, puis je marche direction mon chez moi. Les rues sont étrangement désertes, le froid, sûrement. Cette solitude me pèse et me donne des sueurs froides. Je panique, pourtant c'est ridicule. Pour ajouter à l'ambiance terrifiante j'entends des pas derrière moi. Automatiquement j'accélère le rythme, la personne derrière moi aussi. La peur s'empare doucement mais sûrement de moi, des tas et des tas de scénarios tous plus morbides les uns que les autres défilent dans ma tête. Une idée me parvient, je me mets à courir le plus rapidement possible puis tourne dans une ruelle abandonnée. Je me cache dans la pénombre, derrière une poubelle. Peu classe mais sur le moment je dois dire que je m'en fous. J'observe comme je peux l'entrée de la ruelle et grâce à la lune qui éclaire un tant soit peu les alentours j'aperçois une silhouette sombre dépasser la ruelle. Je souffle de soulagement, elle ne m'a pas vu enfin il car je suis sûre que c'était un homme sa carrure me l'a prouvé. J'attends encore une dizaine de minutes, dans le froid et tétanisée par la peur qui circule encore dans mes veines. Je me décide à partir me disant intérieurement que je ne vais pas passer ma nuit dehors surtout avec cette température négative. Je me presse donc pour rentrer, regardant toutes les dix secondes si personne ne se tient derrière moi, rien à signaler. Mon corps se détend automatiquement quand je vois la façade de ma maison. Je monte tranquillement le perron et sors péniblement mes clés de ma poche dans l'optique d'ouvrir ma porte. Mais un bruit strident me fais lâcher mes clés je me retourne vivement et découvre que c'est juste un chat qui a fait tomber une poubelle.
-Satané chat ! Dis-je énervée par ce trop pleins d'émotions en cette soirée, je n'ai qu'une envie c'est de rentrer chez moi. Je m'abaisse et me saisis de mes clés mais une main glacée se plaque fermement sur ma bouche me faisant lâcher mes clés pour la deuxième fois de la soirée. Seul le tintement des clés sur le sol vient déranger le silence inquiétant et terrifiant qui m'entoure à cet instant. Une respiration quasiment animale se fait entendre à quelques millimètres de mon oreille, le souffle arrive dans mon cou je frissonne involontairement. J'ai peur du déroulement et surtout de la fin de cette soirée, j'ai justement peur que cela soit ma fin, à moi.
-Ne t'inquiètes pas. C'est loin d'être ta fin, je dirais plutôt que c'est ton commencement. Sa voix grave et roque me donne encore des frissons, je cherche à comprendre le sens de cette phrase mais je n'en ai le temps que je m'évanouis et tombe dans les ténèbres. J'espère juste qu'un jour je pourrais revoir la lumière et que ce n'est pas la dernière fois que je ferme les yeux.
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Je vous reviens avec une histoire de vampire cette fois-ci, je dois dire que j'adore varier les genres. Je suis plutôt heureuse du travail fait sur cette histoire, j'ai essayer de prendre un réel soin pour l'écrire. En espérant que les retours seront au rendez-vous.
Bonne fin de soirée mes petits lecteurs.
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Le sang couleur rubis {Terminé}
VampireUne rencontre fut suffisante pour que mon monde vacille dans les ténèbres et pour que tout semble cesser d'exister. Une nouvelle vie semblait s'ouvrir à moi, étais-je prête ?
