Un.

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17 décembre 2009

Jalil a sonné à l'interphone de mon immeuble une énième fois pour me dire de me dépêcher :

-C'est bon putain j'arrive ! Arrêtez de casser les couilles !

Je me suis dépêché de prendre mon téléphone et de mettre ma doudoune pour descendre. Le mois de décembre était glacial et les nuits gelées. Quand je suis arrivé en bas il y avait tous mes meilleurs potes : Samy, Jalil, Moussa et Fares.

-3 piges pour mettre un joggo frère !

-C'est bon ta gueule Moussa.

Ils m'ont traité parce que je les avais fait attendre juste 10 min. Ils avaient qu'à me prévenir avant, toujours indécis ceux là aussi.

-Fallait m'envoyer un message avant wesh !

-C'est ta mère qui paye le crédit bouffon ?

-S'cuse j'oublie souvent t'es pauvre Samy.

-Sale batard !

On s'est battu pour rire et on a pris deux voitures pour aller manger au kebab du coin. Fares, Samy et moi dans une, Moussa et Jalil dans l'autre. Sur la route c'était du grand n'importe quoi, Jalil et Fares faisaient la course en maniant le volant comme des pilotes. Moi je priais pour pas mourir mais j'étais éclaté de rire. Il était vers 23h, la route était déserte donc ça allait, il y avait peu de risque de faire un accident.

Une fois arrivé, on a mangé vite fait en regardant le match de basket diffusé sur la télé du kebab. Moustapha, le gérant, nous a plusieurs fois demandé de la boucler parce qu'il fermait et qu'il arrivait pas à compter ses recettes mais on en avait strictement rien à foutre. De toute façon il a fini par abandonner pour venir taper dans nos frites :

-Wesh on paye et tu t'incrustes Mouss ?

-Et alors ? Tu payes une fois sur deux !

On a rigolé parce que Samy était un vrai radin et qu'il en profitait souvent vu qu'il connaissait les gens du quartier et des alentours.

-Ahhh tonton Mouss m'affiche pas comme ça, je t'aime moi !

-C'est manger gratos que t'aime ! T'as de la chance que je connaisse ton père !

Ils se sont chamaillés encore un bon moment et nous on a profité du spectacle. C'étaient mes soirées préférées, celles où j'étais avec eux, celles où je riais à m'en faire mal au ventre, celles où je pouvais être moi, Brahim.

Pourtant ce soir là y'avait quelque chose d'étrange. Un mauvais pressentiment. Comme si il allait se passer un truc. J'ai pas calculé et j'ai continué ma petite soirée tranquillement. Après être sorti du kebab, on a tenté de trouver une fête à laquelle s'incruster mais apparement Lille était vide. En même temps avec ce froid, l'idée de sortir en avait rebuté plus d'un. On est rentré à la tess déçus et on s'est posés sur les marches d'escaliers d'un bâtiment.

-C'est mooort ici ! Ils sont tous partis ou quoi ?

Moussa avait pas tort y'avait presque personne dans la cité. J'ai répondu à sa question :

-Ouais ils ont tous bougé pendant les deux semaines de vacs là. Ma famille est parti en Algérie.

-Pourquoi t'y as pas été ?

-C'est toi qui va bosser ?

Il a rigolé et a tiré une latte sur sa cigarette. On a parlé quelques temps pendant que Moussa et Jalil finissaient leur clopes. Ensuite ils sont rentrés chez eux. Il restait plus que Samy, Fares et moi.
La soirée s'est prolongée en discussion, fausse bagarre et rigolade avant que Samy rentre aussi chez lui vers 1h du matin. Fares et moi habitions dans le même bâtiment, celui où on était tous posés d'ailleurs. Il y avait une tension étrange mais c'était surtout à cause du fait que Fares avait agi bizarrement toute la soirée. Il avait l'air ailleurs, je me demandais ce qu'il avait, d'habitude il souriait tout le temps.

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⏰ Last updated: Apr 06, 2025 ⏰

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