Sans titre.

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J'aurais voulu écrire un livre. Mais pas de bol, je ne suis pas douée pour ça.

Regarde, deuxième ligne et t'en a déjà marre. Là j'aurais voulu laissé un silence par exemple. Ces silences douloureux. Bingo, je suis une adolescente en crise. Une putain de crise d'ailleurs. Une crise du désespoir. Tu vois, tu seras mon ami. Mon ami un peu froid, aux angles trop droit pour un câlin. Mais mon ami quand même. C'était supposé me soulager d'écrire ... Mais rien ne soulage. J'ai du mal à déglutir, à respirer.

 Quand j'écris ça m'oppresse, mais si je m'arrête je n'aurai jamais rien tenté. Et je serais comme eux, comme vous, comme toi, comme moi. Je lutte. Je suis comme un personnage omniscient dans ma vie. Ne fais pas comme si tu ne savais pas de quoi je parle, tu le sens toi aussi. L'air, l'ère. Tu le sens ce siècle diffamé et bafoué. Perdu dans la limite de l'homme. 

Arrête de mentir putain ! Arrête de jouer les frigidaires ! « Y'a que toi que ça dérange » ... Y'a que moi que ça dérange. Surconnectivité, groupe de 15000 êtres humains, discussions fb de 80 personnes, 800 000 followers, 190 000 likes, 25 stories à la journée... Et pourtant t'es toujours tout seul derrière ton écran hein ? Tu t'ennuie hein ? T'en a rien à foutre au fond hein ? Et pourtant, pourtant tu continue à jouer le jeu. Alors ne fais pas comme si tu ne savais pas de quoi je parle. Ce dont je parle c'est de ta putain de solitude. Ce manque de profondeur dans toutes tes relations. T'as des amis ouais, et tu sais qu'ils seront toujours là, des vrai. Et pourtant... Est-ce qu'ils seront toujours là dans le silence ? Est-ce qu'ils seront toujours là quand tes mots deviendront creux ? Est-ce qu'ils seront toujours là quand t'auras envie de 5 minutes pour réfléchir ?

 Ha non non, pardon excuse-moi. Faut pas penser. Pas réfléchir. Faut dormir. Dormir et se noyer dans la foule pour avoir l'impression de vivre. Je vais être obligée de l'écrire ce bouquin que personne ne lira. Parce que je refuse. Je refuse votre monde d'endormie. Mais regardez vous ! Regardons-nous putain ! On en devient ridicule là. Tu ne fais que te plaindre que les cours c'était chiant, que c'était un truc pour formater les gens, qu'il fallait apprendre par cœur et recracher. Mais regarde ce que tu fais avec la vie. La même chose. 

Tu vis comme on récite un poème dont on ne comprend pas le sens.

 Evidemment qu'on ne comprends pas, évidemment qu'il n'y a pas de réponse. Mais ce n'est pas ça le but. Le but c'est chercher. Et toi tu t'enferme. Tu te vide de tout ressentie... Tu me laisse seule. Seule avec ces mots qui n'ont plus aucun sens. Je fais ce que je peux putain ! Je fais ce que je peux moi aussi avec ma putain d'humanité ! 

Humanité. Humain. Etre Humain. Sentiment humain. Qu'est-ce que c'est ? Je cherche. Je cherche encore. Dans l'autre. Dans l'amitié, dans l'amour, dans ma famille. Je cherche autant que je peux. Et je glisse dans le néant peu à peu. Parce que les gens ne veulent plus réfléchir. Ils ne veulent plus de ce genre de discussions. Ce livre personne ne le lira. Ou si quelqu'un le lis c'est qu'il en sera au même stade que moi... Quel intérêt ? Les gens n'ont plus envie. Demandez nous. Demandez leur. Vous voulez faire un ciné ce soir ? « M'ouaiis... ça dépend , y'a quoi ? J'ai la flemme un peu quand même ». Tu fais quoi ? « Rien » , tu pense à quoi « rien ».

 Pourtant ce livre n'est pas pessimiste. Ce livre, si je l'écris, c'est que j'y crois encore. Je tente une dernière fois de connectée un petit peu les parcelles d'humanités. Pour ceux qui ne sont pas encore totalement des frigidaires. Pour ceux qui rêvent encore. Arrête, ne mens pas, ne triche pas. Toi aussi t'as regardé Scooby-doo en rêvant d'être un de leur bande, toi aussi t'as regardé avatar, code Lyoko, le bus magique, les totally-spies, le seigneur des anneaux, Harry Potter ...Toi aussi t'as rêvé d'aventure et surtout de liens...

 Ou alors je suis la seule ? La seule à vouloir créer ce lien ? A quoi est-ce que tu penses maintenant en lisant ça ? Quel mot ? Moi quand j'écris je pense à ma douleur dans la poitrine. A mi chemin entre la colère, la frustration, l'impuissance et la tristesse. Je me déteste. Je me déteste parce qu'en même temps que j'écris je sèche les cours. Ma mère est désespérée, les gens de ma classe me jugent. Mais personne ne comprend. Ce que je fais là c'est essentiel. Sans ça je ne vis pas putain ! Sans ça tout est creux. 

HumainStories to obsess over. Discover now